<?xml version="1.0" encoding="UTF-8" ?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">
<title type="html">Moite, moite, moite.</title>
<subtitle type="html">Le cheveu comme support à la capillarité du songe.</subtitle>
<link href="https://annebsollis.com/moite/feed.php?atom" rel="self" type="application/atom+xml"/>
<link href="https://annebsollis.com/moite/" rel="alternate" type="text/html"/>
<updated>2015-10-25T08:55:00+00:00</updated>
<id>urn:md5:396cb6db009bd7f47fd853c32a67d47e</id>
<generator uri="http://pluxml.org/">PluXml 5.0.2</generator>
<entry>
	<title>Rêve de retard d&#039;accrochage.</title> 
	<link href="https://annebsollis.com/moite/index.php?article55/reve-de-retard-d-accrochage"/>
	<id>urn:md5:1b4513ff6227620a8bea401b3d7defad</id>
	<updated>2015-10-25T08:55:00+00:00</updated>
	<author><name>admin</name></author>
	<dc:subject>Rêve</dc:subject>
	<content type="html">Ixelles, appartement.
Veille des visites par l&#039;agent immobilier d&#039;0 c&#039;est beau!&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/chapo/ocbeau-chapo-blog.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;Dans mon rêve je suis en retard pour un accrochage de mes dessins, alors que des gens sont censés venir à une fête dans le lieu où j&#039;expose.
Ces personnes ne me connaissent pas, elles sont potentiellement influentes dans la société ( cinéma ,attachées de presses, journalistes...) . Elles viennent invitées par d&#039;autres, mais ne savent pas ce qu&#039;elles vont découvrir. Je suis en retard pour l&#039;accrochage, Kieran est sorti boire des coups, je n&#039;arrive pas à assembler une image entière. J&#039;attends que Kieran arrive. Je me sens impuissante. Ce qui est accroché au mur ne me représente pas , c&#039;est commun, personne ne s&#039;y intéresse .Les gens commencent à arriver, j&#039;accroche, je n&#039;y arrive pas. Les gens sont là, plus nombreux que je ne l&#039;escomptais , je n&#039;arrive toujours pas , une tête de cheval blanc ( séduction ?) me manque. Je n&#039;y arrive pas . Les gens repartent, je ne leur ai pas parlé . Le jour se lève. Cela a duré toute la nuit, je me dis que c&#039;est trop long, Je suis en colère.</content>
</entry>
<entry>
	<title>En vertu du sens et des sens</title> 
	<link href="https://annebsollis.com/moite/index.php?article54/en-vertu-du-sens-et-des-sens"/>
	<id>urn:md5:ab45008f60b373c2d16bb45be92658ee</id>
	<updated>2014-06-28T16:55:00+00:00</updated>
	<author><name>admin</name></author>
	<dc:subject>Intuition</dc:subject>
	<content type="html">&lt;em&gt;Schaerbeek, après midi.Pause Déménagement, texte de Shushu sur le dernier accrochage d&#039;Anne.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/chapo/en-vertu-des-sens-et-des-sens-chapo-blog.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;Une image vaut mille mots, à l&#039;écoute de ses tableaux le temps est illusion la matière est brute, l&#039;assemblage n&#039;est pas une somme, à chaque pièce sa ^présence, l&#039;inertie est symbole ultime du mouvement.
Ce que je me dit en tant qu&#039;acteur, le sol est si loin et telle une plume qui plane je suis près de savoir où je vais me poser. En attendant, tout se passe à l&#039;intèrieur, je flotte car l&#039;espace le fait aussi, avez vous le remède de cette question? Est-ce un e métaphore pour me dire : que le présent est pensée et qu&#039;au fond le rest n&#039;existe pas? Je suis sur le globe, le tableau m&#039;amène vers une autre sphère. Pour répondre, peut-être l&#039;imagination prendra le relais de la mémoire, en vertu du sens et des sens.
The Shawl</content>
</entry>
<entry>
	<title>Offre d&#039;emploi proposée par Alexandre Dang</title> 
	<link href="https://annebsollis.com/moite/index.php?article53/offre-d-emploi-proposee-par-alexandre-dang"/>
	<id>urn:md5:c556303c2a4da53a22b3ac1ced3d1d09</id>
	<updated>2014-03-22T19:24:00+00:00</updated>
	<author><name>admin</name></author>
	<dc:subject>Non class&amp;eacute;</dc:subject>
	<content type="html">Trouvé sur le site de Culture.be, avec le soutien de la Fédération Wallonie Bruxelles.
&lt;a href=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/annonces/annoncedong.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/annonces/annoncedong.jpg.tb&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Atelier Alexandre Dang / Solar Solidarity International (AISBL)
Secteur(s) d&#039;activité(s)
arts plastiques
Description
Alexandre Dang est un artiste engagé qui travaille sur les thèmes du développement durable, des énergies renouvelables, tout particulièrement de l’énergie solaire. Ses œuvres cinétiques solaires ont fait le tour du monde (France, Espagne, Italie, Pologne, Maroc, Liban, USA, Chine…) et ont été présentées dans des sites de premier plan : Musée des Beaux-Arts de Singapour, Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, Serres Royales de Bruxelles, Palais Royal de Bruxelles, Commission européenne, Parlement européen, Conseil de l’Union européenne, Exposition Universelle de Shanghai sur le Pavillon Belge et Européen (2010), Exposition Internationale de Yeosu (Corée du Sud) sur le Pavillon Belge (2012)... Voici le site internet de la Fondation Solar Solidarity qu&#039;il a fondée : www.solarsolidarity.org Voici le site internet des amis de l’artiste : www.alexandredang.com
Coordonnées
siège social : Rue de la Chasse Royale 7 - 1160 AUDERGHEM
lieu effectif des prestations : idem 
site web : http://www.alexandredang.com
Fonction
Intitulé du poste
Assistant d&#039;artiste / Coopération Internationale / Art Solaire (h/f)
Description
Les missions du stage consistent à assister l’artiste, c&#039;est-à-dire :
* rechercher des possibilités de coopérations avec des partenaires internationaux (Japon, Russie, Brésil, Chine, Turquie....), en particulier rechercher des possibilités d&#039;expositions (contacter des personnes, monter les dossiers, faire le suivi...)
* organiser les expositions (contribuer à la réalisation des œuvres, organiser les aspects logistiques, transport, montage, démontage...)
* communiquer (auprès de la presse : faire des communiqués de presse, contacter la presse, faire un suivi des publications). Voir quelques exemples de publication dans la rubrique &quot;presse&quot; du site www.alexandredang.com

Remarque : Il s&#039;agit d&#039;un stage très complet qui offre une expérience professionnelle particulièrement instructive. 

Durée et période du stage : 
La durée du stage est idéalement d&#039;environ 4 à 5 mois. Le début est à discuter et pourrait être fixé idéalement vers fin septembre ou début octobre 2014. Le stage pourrait aussi commencer immédiatement.

Lieu du stage :
Atelier de l’artiste à Bruxelles (Dans le quartier de la « Chasse Royale » à 100 mètres du métro « Hankar »)
Profil
Qualifications requises
Nous recherchons quelqu’un de REMARQUABLEMENT BIEN ORGANISE. 

Il est essentiel d&#039;avoir envie de s&#039;engager avec un enthousiasme franc dans la réalisation des missions décrites ci-dessus.
 
Goût pour l&#039;art contemporain
Langue : FR - EN

Le contenu du stage est adaptable en fonction du profil du candidat. 
Voici quelques compétences qui sont 
un plus :
* maîtrise d&#039;une langue telle que : Néerlandais, Allemand, Japonais, Chinois, Russe, Turc, Portugais, Coréen...
* Des compétences en photographie et / ou en vidéo sont un plus.
* Des compétences en graphisme sont un plus notamment l&#039;utilisation d&#039;Illustrator, photoshop, Indesign ou la réalisation de représentations 3D.
Diplômes
N/A
Expériences
N/A
Conditions
Régime
autre - Temps plein ou temps partiel adaptable en fonction des études en parallèle
Début de stage
01-10-2014
Fin de stage
01-04-2015
Stage rémunéré
Non
Modalité(s)
Merci d&#039;envoyer un CV et une lettre de motivation à info@dang.be
Commentaires
La durée du stage est idéalement d&#039;environ 4 à 5 mois. Le début est à discuter et pourrait être fixé idéalement vers fin septembre ou début octobre 2014. Le stage pourrait aussi commencer immédiatement.
Modalités de recrutement
Documents requis
Merci d&#039;envoyer un CV et une lettre de motivation à 
info@dang.be
Candidature
Date limite de rentrée des candidatures : 21-04-2014
Envoyer votre candidature à :
Alexandre Dang
Rue de la Chasse Royale 7 - 1160 AUDERGHEM

ou par courriel: info@dang.be

Plus d&#039;infos
Contactez :
Alexandre Dang
Adresse : idem que le siège social 
Courriel : info@dang.be</content>
</entry>
<entry>
	<title>Projet Saint-Merri</title> 
	<link href="https://annebsollis.com/moite/index.php?article52/projet-saint-merri"/>
	<id>urn:md5:05e8925266ac32f64087729eb8812d6f</id>
	<updated>2014-03-12T15:13:00+00:00</updated>
	<author><name>admin</name></author>
	<dc:subject>Non class&amp;eacute;</dc:subject>
	<content type="html">Proposition d&#039;installation dans l&#039;Eglise Saint-Merri.&lt;h2&gt;Note d&#039;intention&lt;/h2&gt;</content>
</entry>
<entry>
	<title>La porte dans le mur</title> 
	<link href="https://annebsollis.com/moite/index.php?article51/la-porte-dans-le-mur"/>
	<id>urn:md5:c33a250a4467328b9dca39657ff11c26</id>
	<updated>2013-10-17T19:14:00+00:00</updated>
	<author><name>admin</name></author>
	<dc:subject>Révélation</dc:subject>
	<content type="html">Schaerbeek, au téléphone avec Mami.Ma Mami a dit que mes grands formats, donnait l&#039;impréssion de pénétrer dans le mur.</content>
</entry>
<entry>
	<title>Dans ma tête</title> 
	<link href="https://annebsollis.com/moite/index.php?article50/dans-ma-tete"/>
	<id>urn:md5:f910851745f7730da8bb57e860189483</id>
	<updated>2013-08-06T02:20:00+00:00</updated>
	<author><name>admin</name></author>
	<dc:subject>Révélation</dc:subject>
	<content type="html">Schaerbeek, soirDorian dit en voyant l&#039;oeil.
Ca me donne l&#039;impression d&#039;être dans ma tête.
J&#039;aurais pu le faire.</content>
</entry>
<entry>
	<title>Galerie dessin</title> 
	<link href="https://annebsollis.com/moite/index.php?article49/galerie-dessin"/>
	<id>urn:md5:effdc1e9f82d8e217ba9d0afa9edbedd</id>
	<updated>2011-11-02T21:40:00+00:00</updated>
	<author><name>admin</name></author>
	<dc:subject>Rubrique 1</dc:subject>
	<content type="html">Liste des dessins au bic &quot;Moite&quot;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_03.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_01.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_01.jpg.tb&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_02.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_02.jpg.tb&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_03.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_03.jpg.tb&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_04.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_04.jpg.tb&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_05.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_05.jpg.tb&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_06.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_06.jpg.tb&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_07.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_07.jpg.tb&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_08.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_08.jpg.tb&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_09.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_09.jpg.tb&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_10.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_10.jpg.tb&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_11.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_11.jpg.tb&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_12.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_12.jpg.tb&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_13.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_13.jpg.tb&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_14.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_14.jpg.tb&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_15.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_15.jpg.tb&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_16.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_16.jpg.tb&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_17.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_17.jpg.tb&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_18.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/galerie/moite_18.jpg.tb&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</content>
</entry>
<entry>
	<title>corps comme un vêtement</title> 
	<link href="https://annebsollis.com/moite/index.php?article43/corps-comme-un-vetement"/>
	<id>urn:md5:0693dcf12c2f4f13f19104f035164286</id>
	<updated>2011-02-17T12:01:00+00:00</updated>
	<author><name>admin</name></author>
	<dc:subject>Cours</dc:subject>
	<content type="html">Incarnation-déincarnation
intimité exposée</content>
</entry>
<entry>
	<title>L&#039;artiste émancipé par le bic et l&#039;image.</title> 
	<link href="https://annebsollis.com/moite/index.php?article42/l-auteur-emancipe"/>
	<id>urn:md5:5ec421e9179eaafc1169a4db4599e843</id>
	<updated>2011-02-13T10:53:00+00:00</updated>
	<author><name>admin</name></author>
	<dc:subject>Cours</dc:subject>
	<content type="html">Pensivité de l&#039;image. Croire notre oeil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;





&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

Nous ne choisirons pas des photos ou des modèles pour ce qu&#039;ils représentent mais bien pour leurs formes, leur composition, le stimuli qu&#039;elles procurent. Pas de narration, juste des impressions indéterminées.&lt;br /&gt; Une fois la photo ou le modèle choisi, le reproduire au bic 4 couleurs. Puis un autre, et encore un autre jusqu&#039;au moment ou l&#039;on arrête de produire, pour regarder ce qui est produit, et savoir si on va l&#039;exposer et si oui, comment.
Les avantages de la contrainte du bic 4 couleurs : pas de palettes, pas de choix, je vois, je dessine, pas le temps de penser.C&#039;est le le flottement entre le sujet , l&#039;indétermination du trait dans sa relation à l&#039;image photographique qui rendra le travail intéressant, parce qu&#039;inattendu, voire improbable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&gt;Ce titre fait référence au livre de Jaques Rancière  &quot;le spectateur émancipé&quot; et en particulier au chapitre &quot;l&#039;image pensive&quot;. &lt;br /&gt;
 En voici un extrait, il y souligne  une tentation de maitrise ou de synthèse fréquente dans la relation à l&#039;image qui , dans le cadre de la création, peut scléroser et la main et l&#039;œil. :&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&lt;blockquote&gt;Cette indétermination remet en cause l&#039;écart que j&#039;ai essayé de marquer ailleurs entre deux idées de l&#039;image : 
la notion commune de l&#039;image comme double d&#039;une chose et l&#039;image conçue comme opération d&#039;un art.
&lt;/blockquote&gt;

&lt;blockquote&gt;
 Parler d&#039;image pensive, c&#039;est marquer à l&#039;inverse, l&#039;existence d&#039;une zone d&#039;indétermination entre pensée et non pensée, entre activité et passivité, mais aussi entre art et non-art.&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;Paraphrasant des propos du livre de Barthes, &quot;La chambre claire&quot;, Rancière dit :
...ramener le dispositif technique à un processus chimique et identifier le rapport optique à un rapport tactile...répudier tout savoir, toute référence à ce qui dans l&#039;image est l&#039;objet d&#039;une connaissance pour laisser se produire l&#039;affect du transport.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Au moyen du bic nous partirons du fond, la  matière montera progressivement, c&#039;est un principe de révélation. Notre travail, pourrait être comparé à celui d&#039;un laborantin, c&#039;est de l&#039;ordre de l&#039;expérience chimique à ce détail près : nous serons distraits, nous ne regarderons pas chaque détail, nous attendrons une matière.&lt;br /&gt;
 Ici, dessiner sans penser à ce que l&#039;on fait, permettra de construire du sens à posteriori.&lt;br /&gt;
 Pour cela il faudra accepter les allers - retours entre état conscient et inconscient .&lt;br /&gt;

 Ne rien figer, ne pas tout mettre dans un dessin, en faisant plusieurs dessins nous nous  libèrerons de notre censure. Le multiple opposé à l&#039;unique  permettra de créer en faisant confiance au temps : si tout n&#039;est pas dans ce dessin,nous en ferons un autre en complément.
La confiance dans le temps donnera accès à la prolifération, à l&#039;ensemble de fragments, il n&#039;y aura pas d&#039;Oeuvres, mais bien un ensemble de dessins modulables.
&lt;br /&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;

Le processus est premier dans ce travail, puis viendra l&#039;articulation d&#039;une pensée .&lt;br /&gt;
Voici une dernière citation, du deuxième chapitre de &quot;L&#039;interprétation des rêves.&quot; de Freud.&lt;br /&gt;
 Ces quelques mots peuvent être utilisés comme un fétiche qui permettrait de se persuader que l&#039;on doit trouver la force de s&#039;abandonner au moment de créer.&lt;br /&gt;

  Schiller évoque dans une lettre à son ami Körner: &lt;br /&gt;


&lt;em&gt;&lt;blockquote&gt;&quot; Il me semble que la racine du mal est dans la contrainte que ton intelligence impose à ton imagination. Je ne puis exprimer ma pensée que par une métaphore. C&#039;est un état peu favorable pour l&#039;activité créatrice de l&#039;âme que celui où l&#039;intelligence soumet à un examen sévère, dès qu&#039;elle les aperçoit, les idées qui se pressent en foule. Une idée peut paraître, considérée isolément, sans importance et en l&#039;air, mais elle prendra parfois du poids grâce à celle qui la suit; liée à d&#039;autres, qui ont pu paraître comme elles décolorées, elle formera un ensemble intéressant. L&#039;intelligence ne peut en juger si elle ne les a pas maintenues assez longtemps pour que la liaison apparaisse nettement. Dans un cerveau créateur tout se passe comme si l&#039;intelligence avait retiré la garde qui veille aux portes : les idées se précipitent pèle- mêle et elle ne les passe en revue que quand elles sont une masse compacte. Vous autres critiques, ou quel que soit le nom qu&#039;on vous donne, vous avez honte ou peur des moments de vertige que connaissent tous les vrais créateurs et dont la durée, plus ou moins longue, seule distingue l&#039;artiste du rêveur.&quot;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
------------------------------------------------
A l’attention de Dominique Berthommé

Proposition de Stage (ler jet)

Corps, inconscient, fragments, fils, pinces et bic 4 couleurs.

Les thèmes :

TITRE : Moite, moite, moite.

SUJET : Le cheveu comme support à la capillarité du songe.

THÈMES:

* La part émergente de l&#039;inconscient au moment de la prise de conscience.

* La part visible de l&#039;inconscient au moment de la prise de conscience.

* La part visible du songe au réveil(Moite, moite, moite).

* Incarnation - désincarnation.

* L&#039;intimité vue par les autres.

* L&#039;intimité exposée.

* Perméabilité du réel aux songes.

Pourquoi le bic 4 couleurs, l&#039;inconscient et le corps dans le cadre d&#039;un stage?

Parce que a priori tout le monde en a et passe son temps à les oublier.

Le processus est premier dans ce travail, puis vient l&#039;articulation d&#039;une pensée , l&#039; accrochage, le temps, travailler le fragment, l&#039;idée du corps comme un vêtement, le rêve, l&#039;image photographique, l&#039;image mouvante....

En partant de photos de parties de son propre corps prises au téléphone portable, ne pas choisir des photos pour ce qu&#039;elles représentent mais pour leurs formes, leur composition, le stimulus qu&#039;elles procurent, aucune narration, juste des impressions indéterminées. Une fois la photo choisie, la reproduire au bic 4 couleurs.

Les avantages de la contrainte du bic 4 couleurs : pas de palettes, pas de choix,

je vois, je dessine, pas le temps de penser.

Ici, dessiner sans penser à ce que l&#039;on fait, permet de construire du sens à posteriori.

Pour cela il faut accepter les allers - retours entre état conscient et inconscient .

Référence au procédé photographique : apparition/disparition/révélation

Lien entre l&#039;inconscient, le fil, le téléphone portable, le bic, le gribouilli : « Doodle-Body ».

Accrochage et articulation de la pensée :

Ces fragments peuvent être additionnés, montés sans ordre strict, suspendus à des fils.

Cela permet de faire glisser les dessins les uns par rapport aux autres, de créer des espaces,

de jouer avec eux.

Les fils deviennent une partition et chacune des images peut être prolongée d&#039;un blanc ou liée à une autre.

Chaque déplacement enclenche une autre histoire, ce sont des blocs qui se croisent, se juxtaposent, les idées qui émergent alors viennent des accidents que l&#039;on provoque en les regardant.

Les fils et les pinces rendent cette pensée flexible.

Arrachement à soi-même (c’est bien cet arrachement au narcissisme qui est essentiel) :

Accepter le fragment comme la construction d&#039; un tout et l’implication du corps, rapport physique/charnel entre se laisser aller, se rendre disponible pour donner à voir.

Enlevant l&#039;identité je me dépossède de l&#039;idée d&#039;un corps unique. Et me dépossédant de cette idée de corps unique, le-les corps deviennent une matière à modeler, le corps-vêtement suspendu à un fil , un accessoire.

Le multiple dés-angoisse. Je ne pose pas l&#039;absolu dans la chose mais dans l&#039;unité de ces choses créées par la multiplicité. En pensant cette disjonction je crée l&#039;unité. Une vision opposée à la représentation.

Je retiens cette vision : si on prend le corps comme un vêtement, on peut en changer. Cette idée seule justifie l&#039;envie de multiplicité des visions d&#039;un seul corps.

Le Blog : une réflexion sur une création.

Dialogue entre soi et soi.

Partant de mots, c’est, en quelque sorte, comme si une nouvelle création, un nouveau jeu, disons un jeu textuel, accompagnait la création première.

Créer et retenir, grâce aux temps de présentation qui ponctueraient le stage, les étapes de cette création.

Analyse et descriptif du procédé créatif ou processus de création.

Aller - retour constant entre l&#039; analyse et le descriptif à la manière des allers - retours qui constituent le processus de création.

Accepter le choix d&#039; une forme fragmentaire et fragmentée qui s&#039; inscrit dans un temps réel celui du journal intime, du blog.

Parler à la première personne, mais toujours s’adresser à l’autre: Moi-Te , Moi-Te, Moi-Te

soit on considère (à l’américaine) que la constitution d’un “moi” fort est la solution à tous les problèmes, soit on considère à la française (voir Maurice Blanchot par exemple) que l’art est un processus de “DESUBJECTIVATION” (sujet étant ici pris au sens philosophique classique).

Travailler sur le nouage des trois registres : IMAGINAIRE, SYMBOLIQUE, REEL est pour lui (et pour moi) essentiel.

Il s’agit d’un exercice comme un espace-temps-pris, comme si avant il n’y avait pas eu de création jusque-là et après… on ne sait pas.

&quot;L&#039; art est un jeu d&#039; enfant&quot; Marx Ernst .

Référence aux surréalisme (Man Ray)

Support théorique : Rancière, Barthes, Freud, Jung, Lacan, Blanchot. et plus…

Ces thèmes peuvent se concrétiser en dessin et accrochage de textes, en installations envahissantes ou discrètes, il s&#039;adresse à un public averti (il est nécessaire que les élèves maîtrisent suffisamment le dessin pour que ce ne soit pas un frein à la production).&lt;br /&gt;
-------------------------------------------------&lt;br /&gt;Les thèmes :

TITRE : Moite, moite, moite.

SUJET : Le cheveu comme support à la capillarité du songe.

THÈMES:

* La part émergente de l&#039;inconscient au moment de la prise de conscience.

* La part visible de l&#039;inconscient au moment de la prise de conscience.

* La part visible du songe au réveil(Moite, moite, moite).

* Incarnation - désincarnation.

* L&#039;intimité vue par les autres.

* L&#039;intimité exposée.

* Perméabilité du réel aux songes.&lt;br /&gt;
 

 

Les avantages de la contrainte du bic 4 couleurs : pas de palettes, pas de choix, 

je vois, je dessine, pas le temps de penser. 

Ici, dessiner sans penser à ce que l&#039;on fait, permet de construire du sens à posteriori. 

Pour cela il faut  accepter les allers - retours entre état conscient et inconscient .

soit on considère (à l’américaine) que la constitution d’un “moi” fort est la solution à tous les problèmes, soit on considère à la française (voir Maurice Blanchot par exemple) que l’art est un processus de “DESUBJECTIVATION” (sujet étant ici pris au sens philosophique classique).

Travailler sur le nouage des trois registres : IMAGINAIRE, SYMBOLIQUE, REEL est pour lui (et pour moi) essentiel.

Il s’agit d’un exercice comme un espace-temps-pris, comme si avant il n’y avait pas eu de création jusque-là et après… on ne sait pas.</content>
</entry>
<entry>
	<title>Echo</title> 
	<link href="https://annebsollis.com/moite/index.php?article41/echo"/>
	<id>urn:md5:2f8173f40def7207cf10a1fed56c0049</id>
	<updated>2010-11-13T19:23:00+00:00</updated>
	<author><name>admin</name></author>
	<dc:subject>Pensée</dc:subject>
	<content type="html">&lt;em&gt;Schaerbeek, appartement. J-2 avant remise du mémoire.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/chapo/echo_keeva_chapo.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/poussin-bfddf.jpg&quot; alt=&quot;Écho et Narcisse, Nicolas Poussin, v. 1629-1630, musée du Louvre&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Elle fut élevée par les &lt;a href=&quot;https://annebsollis.com/wiki/Nymphe&quot; title=&quot;Nymphe&quot;&gt;nymphes&lt;/a&gt;. Elle était très prolixe et inventait de nombreuses histoires&amp;nbsp;: c&#039;est ainsi qu&#039;elle distrayait &lt;a href=&quot;https://annebsollis.com/wiki/H%C3%A9ra&quot; title=&quot;Héra&quot;&gt;Héra&lt;/a&gt; pour favoriser les amours de &lt;a href=&quot;https://annebsollis.com/wiki/Zeus&quot; title=&quot;Zeus&quot;&gt;Zeus&lt;/a&gt;. Mais la déesse finit par s&#039;apercevoir de ce manège et pour punir Écho, elle lui ôta la parole, l&#039;obligeant à répéter ce que disait son interlocuteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle donna son nom au phénomène de l&#039;&lt;a href=&quot;https://annebsollis.com/wiki/%C3%89cho_%28acoustique%29&quot; title=&quot;Écho (acoustique)&quot;&gt;écho&lt;/a&gt;, deux légendes l&#039;expliquent&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Elle tomba amoureuse de &lt;a href=&quot;https://annebsollis.com/wiki/Narcisse_%28mythologie%29&quot; title=&quot;Narcisse (mythologie)&quot;&gt;Narcisse&lt;/a&gt;, mais fut méprisée par celui-ci. Le cœur brisé, elle s&#039;enfuit dans une grotte solitaire et se laissa dépérir. La légende dit qu&#039;elle s&#039;est tellement amaigrie qu&#039;elle a totalement disparu et que seule sa voix lui reste. Ainsi est né le phénomène de l&#039;écho.&lt;/li&gt; 

&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;https://annebsollis.com/wiki/Pan_%28mythologie%29&quot; title=&quot;Pan (mythologie)&quot;&gt;Pan&lt;/a&gt; en tomba amoureux, la rattrapa et l&#039;éparpilla sur toute la &lt;a href=&quot;https://annebsollis.com/wiki/Terre&quot; title=&quot;Terre&quot;&gt;Terre&lt;/a&gt;.Il n&#039;en reste que l&#039;&lt;i&gt;écho&lt;/i&gt;, pâle imitation et une fille, &lt;a href=&quot;https://annebsollis.com/wiki/Lynx_%28mythologie%29&quot; title=&quot;Lynx (mythologie)&quot;&gt;Lynx&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Moite,oite,ite:&lt;br /&gt;
 Si je m&#039;identifie à Echo c&#039;est que je tombe amoureuse de Narcisse. Narcisse le mur,le miroire,la surface impénétrable de l&#039;Art. &quot;Méprisée&quot;,muette,cryptique ,condamnée à n&#039;être que la répétition des mots des autres.  &quot;De quel silence suis-je donc l&#039;écho?&quot;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Celui dont vous ne saurez rien si ce n&#039;est peut-être en REVE.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;


&quot;Qui suis-je?&lt;br /&gt;
D&#039;où je viens?&lt;br /&gt;
Je suis Antonin Artaud&lt;br /&gt;
et que je le dise comme je sais le dire&lt;br /&gt;
immédiatement&lt;br /&gt;
vous verrez mon corps actuel&lt;br /&gt;
voler en éclats&lt;br /&gt;
et se ramasser&lt;br /&gt;
sous dix mille aspects&lt;br /&gt;
notoires&lt;br /&gt;
un corps neuf&lt;br /&gt;
où vous ne pourrez plus jamais&lt;br /&gt;
 m&#039;oublier.&quot;&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Kieran es-tu mon Pan? 

&lt;br /&gt;
Allez, laissez moi travailler maintenant.</content>
</entry>
<entry>
	<title>ME-WI</title> 
	<link href="https://annebsollis.com/moite/index.php?article40/etat-de-l-art"/>
	<id>urn:md5:ecea68b3b6c559d9850bc726513b0b1d</id>
	<updated>2010-11-03T10:48:00+00:00</updated>
	<author><name>admin</name></author>
	<dc:subject>Les autres</dc:subject>
	<content type="html">&lt;em&gt;&lt;/em&gt;Schaerbeeek,appartement,5 jours avant transmission du Mémoire à Mr M2&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;-----------------------------------------------------------------&lt;br /&gt;ME-WI&lt;br /&gt;

Que dois-je dessiner, comment dois-je dessiner ? Le &quot;quoi &quot; est le plus délicat car c’est l’essentiel. Comparativement, le&quot;comment&quot; est plus facile. Commencer par le &quot;comment&quot; est naïf mais légitime. Appliquer ce &quot;comment&quot; , donc la technique, utiliser les conditions données par le matériau ainsi que les possibilités physiques - les exploiter en tenant compte du dessein.  Le dessein : ne rien inventer, aucune idée, aucune composition, aucun objet, aucune forme - et tout obtenir : la composition, 1’objet, la
forme, l’idée, l’image. Des le début, je n’ai pas tardé a ressentir que c’était un problème de ne pas avoir de thème. Bien sur, je prenais des motifs au hasard et les représentais, mais le plus souvent avec le sentiment que ceux-ci n’étaient pas véridiques, mais contraints, rebattus et artificiels. Les interrogations sur ce que je devais dessiner, m’ont montré mon impuissance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;j’ai trouvé une première issue : en reproduisant des photos, je me dispensais d’avoir à choisir un sujet,de construire. Assurément, il me fallait les sélectionner, mais je pouvais le faire tout en évitant de me reconnaitre du sujet, donc en prenant des motifs sans connotation, atemporels. En recourant aux photos, en les reproduisant sans modification, je me soustrayais déjà au sujet. &lt;br /&gt;

Quand on trace des contours en s’aidant d’un projecteur, on évite le processus complexe de la connaissance. On cesse d’identifier, on voit, on fait(informellement) ce que l’on n’a pas identifié. Et comme on ne sait pas ce qu’on fait, on ignore ce qu’il faudrait modifier ou déformer. Le fait de reconnaitre qu’un bras a telle ou telle longueur, qu’il est large ou lourd est non
seulement sans importance, mais devient une supercherie parce qu’on croit
avoir identifié le bras.
Effacement du sujet : la peinture qui sert de modèle me représente, dans ce dessin parce que tracé au vidéo projecteur, et qu&#039;aucun trait n&#039;est appuyé, le corps disparaît, de plus il est divisé en trois parties, il perd son entité et son identité. Effacement de l&#039;auteur : les lignes qui créent le corps dans la peinture n&#039;existent plus, seuls des petits serpentins amenés par le travail au vidéo projecteur remplissent les surfaces, effacement total de ma main, pas de volonté propre, la seule partie coloriée est faite par quelqu&#039;un d&#039;autre que moi, Keeva-Grace.
Ce triptyque est la dernière œuvre de l&#039;année, de la série.
Dans l&#039;année je suis passée de dessins de photos réalistes à des fragments de corps de plus en plus suggestifs (le corps y devient abstrait), pour terminer par ce dessin dont je me suis effacée le plus possible.
Le rendu est naïf, vierge, comme une origine, sauf que c&#039;est le dernier.
Ce dessin est arrivé après la grossesse et après la période d&#039;allaitement. C&#039;est un moment où un vide se fait, après avoir laissé la place à l&#039;autre un renouveau démarre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /
 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Ne pas Croire-ne pas vouloir-ne pas penser.
Mon travail semble être régis par un &quot;principe&quot; de croyance(propre à l&#039;enfance) et questionne la place qu&#039;occupe la volonté dans l&#039;acte de création.

Je place le rien  en première place dans mon processus car
l&#039;idée ne vient qu&#039;après,grâce à l&#039;intervention des autres.

Anne B.Sollis est une artiste qui prétend ne pas savoir ce qu&#039;elle fait.
Ce qui est surprenant dans le cadre d&#039;un Mémoire c&#039;est qu&#039;elle  n&#039;évoque quasiment pas d&#039;autres artistes qu&#039;elle-même.
Et voilà qu&#039;elle mêle des écrits de Gerhard Richter aux siens.
Trente ans d&#039;écrits.
Elle a changé des mots comme dessin au lieu de peinture et se les aient approprié.
 

&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

 je n&#039;arrive toujours pas à définir ce que je fais.
&quot;Si rien avait une forme,ce serait cela.&quot;
Découvrant cette phrase par laquelle Victor Hugo rapporte ce que lui révélait le télescope d&#039;Arago,un soir de l&#039;été 1834 j&#039;y reconnus tout de suite l&#039;objet de mes préoccupations.
Confusion dans le détail,diffusion dans l&#039;ensemble;C&#039;était toute la quantité de contour et de relief qui peut s&#039;ébaucher dans la nuit.
L&#039;effet de profondeur et de perte du réel était terrible.Et cependant le réel était là.&quot; &lt;br /&gt;Je 
 J&#039;ai cherché cette année à établir un dialogue qui aurait du sens pour chacun,  pas un dialogue uniquement tourné vers moi-même .
 Mon histoire personnelle n&#039;intéresse personne.L&#039;intimité exposée ici n&#039;est pas celle que vous croyez voir.Il y a peut-être quelqu&#039;un en ce moment même qui fait exactement la même chose que moi,et pourtant je ne parle que de moi.&lt;br /&gt;
Mais il s&#039;agit d&#039;un moi dissocié de moi.MOI-TE, MOI-TE,MOI-TE&lt;brJe vous parle d&#039;un /MOI-TE,MOI-TE,MOI-TE &lt;br /&gt;
ME-YOU,ME-YOU,ME-YOU 

&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;br /&gt;
Ce qui me fascine est l&#039;illogique, l’irréel, l’atemporel, le déroulement aberrant d’un événement logique,
réel, humain, inscrit dans le temps et qui vous bouleverse. Je désire le représenter de telle manière qu’il conserve son immédiateté. C’est la raison pour laquelle, je renonce a toute intervention, toute modification de ma part et
préfère la simplicité et la sobriété qui sont plus universelles, plus complètes,qui ont plus de pérennité et impliquent davantage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

G.C.:12 10 86. Que dois-je peindre, comment dois-je peindre ? Le &quot;quoi &quot; est le plus délicat car c’est l’essentiel. Comparativement, le&quot;comment&quot; est plus facile. Commencer par le &quot;comment&quot; est naïf mais légitime. Appliquer ce &quot;comment&quot; , donc la technique, utiliser les conditions données par le matériau ainsi que les possibilités physiques - les exploiter en tenant compte du dessein. Le dessein : ne rien inventer, aucune idée, aucune composition, aucun objet, aucune forme - et tout obtenir : la composition, 1’objet, la
forme, l’idée, l’image. Des ma jeunesse, bien qu’assez naïf pour avoir des &quot;sujets&quot; favoris (paysages, auto-portraits), je n’ai pas tardé a ressentir que c’était un problème de ne pas avoir de thème. Bien sur, je prenais des motifs au hasard et les représentais, mais le plus souvent avec le sentiment que ceux-ci n’étaient pas véridiques, mais contraints, rebattus et artificiels. Les interrogations sur ce que je devais peindre, m’ont montré mon impuissance,et souvent, j ’enviais (et envie encore) les peintres moyens pour leurs &lt;&lt; préoccupations », pour leur constance in les représenter médiocrement (au fond,
c’est pour cette raison que je les méprise). En 1962, j’ai trouvé une première issue : en reproduisant des photos, je me dispensais d’avoir à choisir un sujet,de construire. Assurément, il me fallait les sélectionner, mais je pouvais le faire tout en évitant de me reconnaitre du sujet, donc en prenant des motifs sans connotation, atemporels. En recourant aux photos, en les reproduisant sans modification, sans les traduire sous une forme moderne (comme Warhol
etc.), je me soustrayais déjà au sujet. Hormis quelques portes,fenêtres,ombres que je n’aime guère, je suis resté fidèle a ce principe jusqu’à présent :les Graue Bilder les Farbtafeln, les Vermalungen, les petits formats abstraits(produits d’un arbitraire calculé et n’exprimant rien), les Weische Abstrakte Bilder qui reprenaient le non-sujet des petites abstractions et qui, par l’effet de flou et d’agrandissement, étaient une variante du non-montrer. Ces caractéristiques valent également pour les grandes abstractions ou, de surcroit, il y a contradiction avec 1’intention, l’espoir qu’un sujet soit quasiment offert
sans que je 1’ai inventé, qui soit plus universel, meilleur,inépuisable et d’une plus grande validité.
Evidemment, ceci ne correspond pas a la réalité, puisque je n’arrête pas de composer et surtout effacer, donc évite et me cantonne A un répertoire très restreint. Au fond, j ’ai un comportement intentionnel.&lt;br /&gt;
 Et puis il y a le rapport avec la musique, ces tentatives renouvelées pour créer une structure musicalement conçue avec une orchestration subtile. Après tous ces échecs, je m’étonne que, de temps en temps, mes tableaux aient l’air de quelque chose,
car, au fond, ils sont tous la preuve pitoyable de l’incapacité et de l’insuccès(de la tentative de surmonter cette incapacité). Dire que je suis incapable de précision est également faux. Prenons les paysages : je vois d’innombrables paysages, en photographie à peine un sur 100 000, et ne peins peut-être qu’une photo sur 100. Donc, je cherche une chose bien précise ; j’en déduis par conséquent que je sais ce que je veux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

j&#039;essaye de comprendre comment je suis arrivée à l&#039;idée de &quot;suaire inversé&quot; que ce soit en production ou pour le spectateur: J&#039;ai pour modèle des photos, je les traite en cherchant à ne pas les interpréter, je reproduis même la marge blanche des photos, mon objet ressemble beaucoup à une photo mais c&#039;est un dessin. Et le simple fait que le spectateur voit que c&#039;est un dessin, lui suffit pour décrocher complétement du référent. Et imaginer ce qu&#039;il veut à partir de cette image.En production, le &quot;suaire inversé&quot; n&#039;est qu&#039;une idée, une intuition de quelque chose dont on veut s&#039;approcher et des moyens que nous allons mettre à la disposition de son existence. En exposition le suaire inversé n&#039;est plus une idée, c&#039;est un fait remarquable:
le public ne reçoit pas le sujet et voit quelque chose qui n&#039;existe pas à l&#039;image.</content>
</entry>
<entry>
	<title>Le corps comme un vêtement, devoir.</title> 
	<link href="https://annebsollis.com/moite/index.php?article39/le-corps-comme-un-vetement-devoir"/>
	<id>urn:md5:24a0851102f97e50e1a58c4c55444053</id>
	<updated>2010-10-30T15:12:00+00:00</updated>
	<author><name>admin</name></author>
	<dc:subject>Confusion</dc:subject>
	<content type="html">Dans cet épisode, Anne B. Sollis cite la phrase de Monsieur M1:
Tiens, je n&#039;avais jamais vu le corps comme un vêtement.
Elle dit en retenir une vision, une idée:
Le corps est un vêtement (exactement l&#039;inverse de ce que vient de dire Monsieur M1, il dit n&#039;avoir jamais vu le corps comme un vêtement).&lt;br /&gt;

Exercice: Aidez Anne B. Sollis à nous transmettre cette idée. 

&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;En quoi cet épisode rentre dans la colonne jeu?&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Relevez avec elle les contradictions lisibles dans cet épisode&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;et justifiez grâce à l&#039;expérience et au regard d&#039;Anne B. Sollis, ce qui justifie pour elle l&#039;envie de multiplicité des visions d&#039;un seul corps.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt; 
Vous avez 4 heures.Lapin</content>
</entry>
<entry>
	<title>Enfant divin</title> 
	<link href="https://annebsollis.com/moite/index.php?article38/enfant-divin"/>
	<id>urn:md5:22ec2c33ef774a8610c097c3accc7b58</id>
	<updated>2010-10-28T13:18:00+00:00</updated>
	<author><name>admin</name></author>
	<dc:subject>Les autres</dc:subject>
	<content type="html">&lt;h3&gt;Le problème du PUER AETERNUS 1ière conférence&lt;/h3&gt;
            &lt;h4&gt;par Von Franz Marie-Louise&lt;/h4&gt;&lt;div class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.cgjung.net/mlvf/index.htm&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;MARIE LOUISE VON FRANZ&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;«&amp;nbsp;LE PROBLEME DU PUER AETERNUS&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Traduction de la 3ème édition&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;The Problem of the Puer Aeternus&amp;nbsp;» (2000 ).  Inner City Books.  Toronto (1ère édition&amp;nbsp;: 1970).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;(Traduction par C Poelmans)&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1ère Conférence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Puer Aeternus est le nom d’un dieu de l’Antiquité.  Ces mots eux-mêmes sont cités par Ovide dans les Métamorphoses et s’appliquent dans ce cas au dieu-enfant des mystères d’Eleusis.  Ovide parle du dieu-enfant Iacchus, comme d’un puer aeternus  et fait l’éloge de son rôle dans ces mystères.  Plus tard, le dieu-enfant fut identifié à Dionysos ainsi qu’à Éros.  Il représente la jeunesse divine née dans la nuit dans le mystère d’Eleusis, mystère typique du culte de la mère dans lequel il est une sorte de rédempteur.  Il est un dieu de la végétation et de la résurrection, le dieu de la jeunesse divine, correspondant chez les dieux des traditions orientales à Tammuz, Attis et Adonis.  L’expression puer aeternus signifie donc jeunesse éternelle, mais nous l’utilisons aussi parfois pour nommer un certain type de jeune homme qui a un extraordinaire complexe maternel et qui par conséquent se comporte de manière très typée et que j’aimerais décrire  comme suit.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En général, l’homme identifié à cet archétype du puer aeternus reste trop longtemps dans la psychologie de l’adolescence&amp;nbsp;;  c’est-à-dire que toutes les caractéristiques qui sont normales chez un jeune de 17 ou 18 ans restent présentes plus tard dans la vie, associées dans la plupart des cas à une trop grande dépendance à la mère.  Les deux troubles typiques d’un homme qui a un complexe maternel exacerbé sont, comme Jung le fait remarquer, l’homosexualité et le Don Juanisme.  Dans le premier cas, la libido hétérosexuelle reste attachée à la mère, qui reste réellement le seul objet aimé, ceci ayant comme conséquence que la sexualité ne peut être vécue avec une autre femme.  Cela ferait de celle-ci une rivale de la mère. En conséquence les besoins sexuels ne sont satisfaits qu’avec une personne du même sexe.  Généralement ces hommes manquent de masculinité et la recherchent chez leur partenaire.&lt;/p&gt;

&lt;dl class=&quot;spip_document_76 spip_documents spip_documents_center&quot;&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/poussin-bfddf.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class=&quot;spip_doc_titre&quot; style=&quot;width: 350px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Poussin Nicolas &lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class=&quot;spip_doc_descriptif&quot; style=&quot;width: 350px;&quot;&gt;Écho et Narcisse XVII siècle
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Dans le Don Juanisme on trouve une autre forme typique de ce même trouble du complexe maternel.  Dans ce cas-ci, l’image de la mère - l’image de la mère parfaite, sans failles, prête à tout donner à un homme - est recherchée auprès de chaque femme. Le puer aeternus est à la recherche d’une déesse mère, de telle sorte qu’à chaque fois qu’il est fasciné par une femme il en vient, plus tard, à découvrir qu’elle est un être humain ordinaire.  Une fois établie une relation intime avec elle, la fascination s’évanouit.  L’homme s’éloigne, déçu, et la projection de cette image idéalisée se renouvellera de femme en femme.  Il attend éternellement l’arrivée de la femme maternante qui l’enveloppera de ses bras et satisfera chacun de ses besoins.  Ceci s’accompagne souvent de l’attitude romantique de l’adolescent.  Il existe généralement une grande difficulté à s’adapter aux situations sociales et, dans certains cas, une sorte de faux individualisme, à savoir  le sentiment d’être quelque chose de spécial, de ne pas avoir à s’adapter car, quand on possède un tel génie caché, on ne doit pas y être contraint, etc...  Il s’y ajoute une attitude arrogante envers les  autres, due à un complexe d’infériorité autant qu’à un faux sentiment de supériorité.  De tels êtres ont le plus souvent beaucoup de difficultés à trouver le type de travail qui leur convienne, car, quoi qu’ils fassent, ce n’est jamais assez bon ou tout à fait conforme à ce qu’ils voulaient.  Il y a toujours «&amp;nbsp;un cheveu dans la soupe&amp;nbsp;».  La femme n’est jamais tout à fait la bonne&amp;nbsp;; elle est agréable comme copine mais -.  Il y a toujours un «&amp;nbsp;mais...&amp;nbsp;» qui empêche le mariage ou quelque engagement ferme que ce soit.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Tout cela conduit à une forme de névrose que H.G. Baynes a décrite comme «&amp;nbsp;vie provisoire&amp;nbsp;», c’est-à-dire cette attitude et ce sentiment étrange que l’on ne serait pas encore dans la vraie vie.  Pour l’instant, on fait ceci ou cela, mais qu’il soit question d’une femme ou d’un travail, ce n’est pas encore ce que l’on veut vraiment, le fantasme demeure toujours qu’à un moment, dans le futur, le «&amp;nbsp;vrai truc&amp;nbsp;» («&amp;nbsp;The real thing&amp;nbsp;») se présentera.  Si cette attitude se prolonge, cela signifie un refus intérieur constant de s’engager dans le présent.  Souvent, dans ce contexte, on retrouve de façon plus ou moins marquée, un complexe du sauveur, ou un complexe du Messie, accompagné de la pensée secrète qu’un jour on sera à même de sauver le monde&amp;nbsp;:  qu’on trouvera le fin mot en philosophie , en religion,  en politique, en art ou dans quelqu’autre matière que ce soit.  Parfois, cela peut aller jusqu’à une mégalomanie pathologique typique.  D’autres fois, on peut en retrouver des traces mineures dans l’idée que «&amp;nbsp;son  heure n’est pas encore arrivée&amp;nbsp;».La crainte permanente de ce genre d’hommes est de se sentir lié à quoi que ce soit.  Il y a une peur terrible d’être «&amp;nbsp;épinglé&amp;nbsp;»( ndt&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;pinned down&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: épinglé comme un papillon), d’entrer complètement dans le temps et l’espace, et de devenir l’être humain singulier que l’on est.  La peur d’être pris dans une situation de laquelle il serait impossible de s’échapper à nouveau est toujours présente.  De telles situations sont pour eux l’enfer.  En même temps, ils sont pris dans une fascination hautement symbolique pour les sports dangereux - particulièrement les sport aériens et l’alpinisme - comme s’ils voulaient aller le plus haut possible.  Le symbolisme est de fuir la réalité, la terre, la vie ordinaire.  Si ce genre de complexe est très prononcé, de tels hommes meurent jeunes dans des accidents d’avion ou d’alpinisme.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ils détestent généralement les sports qui requièrent de la patience et un long entraînement, car le puer aeternus, dans le sens négatif du terme, est habituellement impatient de nature, de telle sorte que ces sports ne l’attirent pas.  Je connais un jeune homme, l’exemple classique du puer aeternus, qui faisait énormément d’alpinisme mais détestait tant porter un sac à dos qu’il préférait s’entraîner à dormir dans la pluie ou la neige et se couvrir d’un vêtement de pluie de soie.  A l’aide d’une respiration de Yoga, il arrivait à dormir à l’extérieur.  Il s’était entraîné aussi à se débrouiller pratiquement sans nourriture, simplement pour n’avoir à porter aucun poids.  Il erra pendant des années à travers toutes les montagnes d’Europe et des autres continents, dormant sous les arbres ou dans la neige.  Il vécut, d’une certaine manière, une existence héroïque, uniquement afin de ne pas être obligé à aller dans une cabane ou à porter un sac à dos.  On pourrait dire que ce comportement avait une dimension symbolique car ce genre de jeune homme, dans la réalité, ne veut se charger d’aucun poids.  Ce qu’il refuse absolument c’est toute prise de responsabilité quelle qu’elle soit, ou d’avoir à porter le poids d’une situation.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En général, la qualité positive de tels jeunes c’est qu’ils présentent une certaine forme de spiritualité qui leur vient de leur relative proximité avec l’inconscient.  Nombre d’entre eux ont le charme de la jeunesse et les qualités pétillantes du champagne.  Les pueri aeterni sont des personnes avec qui il est généralement très agréable de parler.  Ils ont d’habitude des sujets fort intéressants à aborder et ont un effet stimulant sur leur entourage.  Ils n’aiment pas les situations conventionnelles&amp;nbsp;:  ils posent des questions profondes et vont droit à la vérité.  Habituellement, ils sont à la recherche d’une religion pure, une quête typique des jeunes gens à la fin de leur adolescence.  Généralement, le charme de la jeunesse du puer aeternus se prolonge à travers les étapes plus tardives de la vie.  Mais il y a un autre type de puer qui ne présente pas le charme de la jeunesse éternelle, et duquel l’archétype de la jeunesse divine ne rayonne pas.  Celui-ci vit au contraire dans un brouillard paresseux permanent, ce qui est aussi typique des traits de l’adolescent&amp;nbsp;: le jeune encombré de longues jambes, endormi, indiscipliné, son esprit vagabondant au hasard, sur la tête duquel on a parfois envie de verser un seau d’eau froide.  Ce brouillard paresseux n’est qu’une façade car si vous pouvez pénétrer derrière cet aspect superficiel, vous découvrirez une riche vie fantasmatique.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ceci était un court résumé des traits principaux de certains jeunes hommes pris dans le complexe maternel et en cela identifiés à l’archétype du puer.  J’ai surtout donné une image négative de ces personnes parce que c’est ce à quoi elles ressemblent en apparence, mais, comme vous allez le voir, nous n’avons pas expliqué ce qui se passe vraiment.  La question qui oriente ma conférence est de comprendre pourquoi le problème de ce type - du jeune homme attaché à sa mère - est devenu si répandu à notre époque.  Comme vous le savez, l’homosexualité - je ne pense pas que le Don Juanisme soit si répandu - est de plus en plus courante&amp;nbsp;:  même les adolescents sont impliqués.  Il me semble que le problème du puer aeternus devient de plus en plus actuel.  Sans doute les mères ont-elles toujours cherché à garder leurs fils dans le nid, et certains fils ont-ils toujours eu des difficultés à se libérer préférant continuer à jouir des plaisirs du nid.  Mais on ne voit pas vraiment pourquoi ce problème, en soi assez commun, deviendrait maintenant le problème de notre temps.  Je pense que c’est la question essentielle que nous devons nous poser car elle touche à un niveau plus large et plus profond alors que le reste va plus ou moins de soi.  Un homme qui a un complexe maternel devra toujours se battre contre ses tendances à devenir un puer aeternus.  On pourrait se demander quelle serait la solution.  Si un homme présente un complexe maternel, c’est quelque chose qui s’impose à lui sans qu’il l’ait voulu.  Mais en supposant qu’il fasse un jour cette découverte, que peut-il y faire&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans «&amp;nbsp;Métamorphoses de l’âme et ses symboles&amp;nbsp;» Jung parla d’un traitement - le travail - et après avoir dit cela, hésita un moment pensant&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;est-ce vraiment aussi simple que cela&amp;nbsp;? Serait-ce cela le seul traitement&amp;nbsp;? Puis-je le présenter de cette manière-là&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»  Mais le mot «&amp;nbsp;travail&amp;nbsp;» est le seul mot désagréable qu’aucun puer aeternus n’aime entendre, et Jung en vint à la conclusion qu’il s’agissait bien de la bonne réponse.  Ma propre expérience m’a permis de constater que si un homme s’extrait de ce type de névrose de la jeunesse, c’est bien par le travail.  Il peut y avoir cependant une mauvaise compréhension de cette association car le puer aeternus est capable de travailler, comme le peuvent les primitifs ou les gens qui présentent un complexe du moi affaibli, lorsqu’ils sont fascinés ou dans un état de grand enthousiasme.  Alors il peut travailler 24 heures d’affilée ou parfois plus, jusqu’à l’épuisement.  Mais ce qu’il ne peut pas faire, c’est aller travailler par une morne journée pluvieuse, quand le travail est ennuyeux et que l’on doit se faire violence pour y aller&amp;nbsp;;  c’est la seule chose que le puer aeternus ne peut généralement pas gérer et qu’il cherchera à éviter en trouvant mille excuses.  Et l’analyse d’un puer aeternus en arrive toujours tôt ou tard à ce problème, et c’est seulement quand le moi s’est suffisamment renforcé que le problème peut être vaincu et qu’il y a une possibilité de se fixer au travail.  Naturellement, bien que l’on connaisse le but, chaque cas est différent.  Personnellement, je n’ai jamais vraiment trouvé très thérapeutique de prêcher aux gens qu’ils devraient travailler, car ils vont simplement se fâcher et partir.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans mon expérience jusqu’à présent,  j’ai pu constater que l’inconscient essaye habituellement de produire un compromis, à savoir qu’il indique le domaine dans lequel on trouverait un certain enthousiasme et où l’énergie psychique s’écoulerait naturellement, car c’est  bien sûr plus facile de se forcer à travailler dans la direction choisie par l’instinct.  Ce n’est pas vraiment aussi difficile que de travailler tout à fait à contre-courant de votre propre flux énergétique.  Ainsi, il est préférable d’attendre un peu afin de localiser le flux naturel d’énergie et d’intérêts et  de tenter d’inviter l’homme à travailler dans ce domaine.  Mais dans n’importe quel travail il vient toujours un moment où l’on doit affronter la routine.  Tout travail, même créatif, contient une certaine quantité de routine ennuyeuse, et c’est là où on voit le puer aeternus s’enfuir et arriver à la conclusion à nouveau que «&amp;nbsp;ce n’est pas ça&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»  Dans de tels moments, s’il est soutenu par l’inconscient, on voit alors apparaître généralement des rêves qui mettent en scène une situation où il faut dépasser un obstacle et si celui-ci est dépassé alors la bataille est gagnée.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;De manière à pénétrer plus profondément à l’arrière-plan du problème, je voudrais d’abord interpréter Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry car il éclaire magistralement la situation.  Cet homme comme vous le savez mourut pendant la dernière guerre dans un accident d’avion.  Il présente tous les traits typiques du puer aeternus. Cependant, ceci ne diminue en rien ses qualités de grand écrivain et poète.  Sa vie est difficile à retracer, ce qui en soi est déjà typique, car quand vous essayez de suivre l’histoire d’un puer aeternus vous pouvez seulement récolter quelques faits ici et là car, comme vous pouvez déjà vous en rendre compte, le puer aeternus ne touche jamais vraiment la terre.  Il ne s’engage jamais tout à fait dans aucune situation banale mais plane au-dessus de la terre , se posant de ci de là, de telle sorte que l’on doit suivre ses traces là où il y en a.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.saint-exupery.org/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Saint-Exupéry&lt;/a&gt; est issu d’une vieille famille aristocratique française et  a grandi dans une belle maison de campagne avec son atmosphère traditionnelle.  Il choisit de devenir aviateur professionnel et travailla pendant un certain temps comme pilote pour la Compagnie Aéropostale, qui assurait un service entre l’Europe et l’Amérique du Sud. Vers 1929, il vola sur la ligne Toulouse-Dakar-Buenos Aires, et collabora à l’établissement de nouvelles lignes en Amérique du Sud.  Plus tard, il fut pendant longtemps responsable d’un aérodrome complètement isolé dans le désert Nord Africain - Cap Julie.  Sa principale fonction là-bas était de sauver d’une mort certaine les pilotes qui s’écrasaient dans le désert ou de leur éviter d’être capturés par les tribus rebelles Arabes.  C’était le genre de vie qu’un tel type d’homme apprécierait, et Saint-Exupéry préféra ce poste isolé dans le désert à toute autre fonction.  En 1939, au début de la guerre, il combattit pour la France comme capitaine de la Force aérienne.  Après l’effondrement de la France, il avait eu l’intention de fuir en Egypte, mais, il dut abandonner ce projet pour des raisons techniques.  Il fut donc démobilisé et partit à New York où il termina son livre «&amp;nbsp;Vol à Arras&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Quand, plus tard, les Alliés reprirent pied en Afrique il voulut rejoindre la Force aérienne et , bien qu’il fut refusé à cause de son âge, il usa de toutes les ruses et combines imaginables pour pouvoir voler à nouveau.  En juillet 1944, après avoir quitté Alger pour un vol de reconnaissance au-dessus de la France, il disparut sans laisser de traces ni de son avion ni de lui-même.  Plus tard - peu de temps après la fin de la guerre - un jeune allemand rapporta qu’il avait probablement été abattu au-dessus de la mer par un Fokker-Wolff allemand.  Un homme dit qu’un avion français parmi un groupe de sept, avait été abattu au-dessus de la Méditerranée, et de par les indications données il se serait agi de l’avion de Saint-Exupéry.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le mariage de Saint-Exupéry ne fut pas heureux.  Sa femme semble avoir été une personne difficile et capricieuse, et il ne restait habituellement pas avec elle plus d’une semaine ou deux.  Quand il n’était pas autorisé à voler, il déprimait et devenait irritable faisant les cent pas dans son appartement du matin au soir, désespéré et irrité.  Mais dès qu’il pouvait voler il redevenait à nouveau lui-même et se sentait bien.  Quand il devait rester au sol et auprès de sa femme, ou bien se tenir à toute autre situation, il retombait dans ces mauvaises humeurs, de telle sorte qu’il essayait toujours de voler.  Ses autres livres montrent combien il était préoccupé par les problèmes contemporains et par une weltanschauung de notre époque.  Ceux d’entre vous qui les ont lus auront remarqué que, comme beaucoup de Français, et spécialement ceux de la noblesse française, il avait un peu de cette psychologie Nazie.  Les Français sont des Francs, c’est quelque chose que l’on oublie facilement du fait qu’ils détestent tant les Allemands, mais les couches supérieures de la société française sont souvent d’origine allemande, des Allemands immigrés en France il n’y a pas si longtemps.  D’un point de vue historique et donc plus particulièrement dans les cercles militaires ainsi que parmi la noblesse, ils ont une certaine affinité avec la mentalité prussienne.
On retrouve indéniablement cela dans les personnages des romans de Saint Exupéry&amp;nbsp;: par exemple, chez Rivière, où il essaye de décrire le personnage du Führer,  un homme froid qui envoie ses jeunes pilotes à la mort au nom d’une cause supérieure.  Ceci dépeint juste une partie du décor local de son milieu et ce n’est pas très pertinent pour son problème plus profond, qui est une recherche de -&amp;nbsp;? Mais que recherche-t-il&amp;nbsp;?  C’est une question à laquelle je ne répondrai pas maintenant, mais nous essayerons d’y trouver une réponse ensemble.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Un de ses travaux les plus connus c’est, comme vous le savez, Le Petit Prince qui eut un succès phénoménal et que beaucoup de gens adorent et considèrent comme leur Bible.  Mais lorsque l’on parle avec eux de ce livre, ils adoptent une attitude légèrement provocante, insistant sur le fait qu’ils pensent que c’est un livre merveilleux.  J’ai beaucoup réfléchi à cette attitude provocante et je pense que la seule explication à cela serait que même ceux qui l’aiment tant ne peuvent  éviter de se questionner sur un point.  Il y a en effet une question que je pense que l’on est en droit de se poser - même ses admirateurs.  Elle concerne ce style légèrement sentimental, cette touche de sensiblerie qui , bien qu’elle produise un certain malaise, n’en altère pas moins la valeur de l’œuvre.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;i&gt;Question&amp;nbsp;: Comment expliquez-vous cette touche sentimentale&amp;nbsp;?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En général quand il y a sensiblerie, on trouve aussi une certaine quantité de brutalité.  Goering, ce gros vieil homme, en était un excellent exemple.  Il pouvait en effet sans scrupule envoyer trois cent personnes à la mort, et par ailleurs se mettre à pleurer si un de ses oiseaux mourait.  Il était un exemple classique&amp;nbsp;! Une froide brutalité se cache très souvent derrière la sensiblerie.  Si vous pensez aux personnages de Rivière et du Sheikh dans les livres de Saint-Exupéry, vous voyez cette brutalité glacée typiquement masculine à l’œuvre.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Quand nous aurons interprété Le petit Prince, nous exposerons des cas cliniques où ce problème de l’Ombre du puer aeternus apparaîtra clairement.  En effet, on trouve habituellement quelque part à l’arrière-plan un homme très froid et brutal, qui compense l’attitude trop irréaliste du conscient et que le puer aeternus ne peut assimiler, ou alors seulement involontairement.  Par exemple, dans le type Don Juan, cette froide brutalité apparaît chaque fois qu’il quitte une femme conquise.  Une fois que ses sentiments l’ont quitté, apparaît alors une brutalité glaciale dont les émotions humaines semblent absentes, et tout l’enthousiasme sentimental est reporté sur une autre femme.  De même, cette brutalité, ou cette attitude froidement réaliste, apparaît souvent aussi dans les questions d’argent.  Comme il ne veut pas s’adapter socialement, ou s’engager dans un travail régulier, mais doit obtenir de l’argent d’une manière ou d’une autre,  le puer aeternus atteint généralement son objectif derrière son propre dos, avec sa main gauche pour ainsi dire.  Il obtient de l’argent Dieu sait où, et de manière plutôt mesquine.  Si vous touchez à ce problème de l’Ombre inconsciente, vous vous heurtez à un complexe - à une réaction émotionnelle.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;i&gt;Remarque&amp;nbsp;:  Nombre des aspects que vous attribuez au puer aeternus pourraient être aussi attribués au psychopathe.  Quelle distinction faites-vous entre les deux&amp;nbsp;?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il y a une nette différence&amp;nbsp;!  Mais je ne dirais pas que la description faite plus haut est typique du psychopathe.  Par exemple, un cas dont je parlerai plus tard, un borderline schizoïde, est une autre variété.  De par mon expérience, j’associe au problème du puer aeternus, une attitude  par ailleurs psychopathe, schizoïde, hystérique ou légèrement névrosée, cela dépend du cas et de la forme additionnelle que prend le problème.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Imaginons que quelqu’un ait un problème religieux.  Il s’agit d’un problème en soi, mais, en plus la personne peut y réagir soit de manière psychopathique, ou schizoïde ou hystérique.  Le même phénomène s’applique au problème de l’homosexualité, qui peut se combiner ou non avec d’autres traits névrotiques, et qui peut être plus ou moins fortement lié au problème du temps.  Il me semble que c’est un problème qui prend de plus en plus d’ampleur.  Jung avait une idée très intéressante à ce sujet.  Il disait qu’il s’agissait peut-être là d’une compensation inconsciente à la surpopulation, à savoir que la Nature mettait en avant cette tendance de manière à compenser la surpopulation - de telle sorte qu’un certain nombre de personnes s’abstiennent de produire des enfants.  Il se pourrait éventuellement que la nature utilise une telle ruse car  la surpopulation est actuellement notre plus grand problème.  A des époques plus reculées, il n’y avait pas de statistiques, il est donc difficile de prouver quoi que ce soit avec des statistiques ici.  Nous savons seulement que l’homosexualité est terriblement répandue.  Mon père qui était officier dans l’armée régulière autrichienne et qui parlait ouvertement de ces choses-là, disait qu’à son époque ce n’était pas un problème dans l’armée et qu’il y avait très peu de cas, alors que maintenant, comme vous le savez, particulièrement chez les pilotes d’avion, c’est un vrai problème , très généralisé.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;i&gt;Remarque&amp;nbsp;: Aux Etats-Unis nous constatons qu’environ deux tiers de tous les jeunes patients sont homosexuels, en ce qui concerne mon expérience en tout cas.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les statistiques elles-mêmes sont très difficiles à utiliser.  Par exemple, les freudiens voient de l’homosexualité latente partout et incluraient parmi les homosexuels latents ou semi-homosexuels beaucoup de cas que je n’inclurais pas dans cette catégorie.  Aussi, dans mon expérience, une large proportion de ce qui semble être de l’homosexualité chez les femmes est plutôt une histoire mère-fille.  De telles femmes personnifient le mythe de Kore la déesse-mère, le mythe Demeter-Perséphone, et si vous les suivez dans leurs fantasmes vous découvrez habituellement que l’une d’elle cherche la renaissance à travers l’autre.  Ce n’est pas tant une histoire de lesbiennes à proprement parler, car si vous demandez à une femme qui fait un transfert sur une autre femme de donner libre cours à sa fantaisie sur ce qu’elle voudrait qu’il arrive, il apparaît le plus souvent un étrange fantasme de renaissance, une renaissance à travers l’autre femme, à cause d’un extrême infantilisme.  Par exemple dans le cas cité par Marguerite Sechehaye dans son livre la réalisation symbolique ( «&amp;nbsp;symbolic realization&amp;nbsp;») que certains d’entre vous ont peut-être lu, la patiente, Renée, présente un terrible attachement à l’analyste Sechehaye, et le transfert prend une forme qu’un freudien qualifierait de lesbienne.  Mais si vous y regardez de plus près, il s’agit d’une relation mère-fille, d’une histoire de renaissance.  Les statistiques ne donnent donc pas une image très fiable car celle-ci dépend de la manière dont celui qui les réalise classifie les données et s’il intègre comme homosexuel tel ou tel cas.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En général, nous pourrions simplement dire que l’homosexualité et le problème du puer aeternus sont de plus en plus fréquents et qu’à mon avis cela a à voir avec certains problèmes religieux de notre époque.  Je ne veux pas anticiper ici mais je préférerais prendre le matériel d’un cas typique et découvrir quel est le fond du problème.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;i&gt;Remarque&amp;nbsp;:  Cela semble être le même concept que rencontra Strakker à la suite de la deuxième guerre mondiale, en ce qui concerne l’armée américaine, où le complexe maternel résultait dans une inaptitude à fonctionner de manière appropriée pendant le service militaire.  Des centaines de milliers de jeunes hommes durent être réformés car ils ne pouvaient pas s’adapter aux exigences.  Ils étaient tous des «&amp;nbsp;fils à Maman&amp;nbsp;».&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Oui, on a officiellement demandé à l’Institut Jung, si nous pouvions envoyer quelqu’un pour faire quelque chose à propos du fait que la plupart des pilotes d’avion ne veulent plus voler une fois qu’ils ont atteint l’âge de trente ans.  C’est un problème important, car cela prend un temps considérable pour former un très bon pilote.  On pourrait dire que c’est juste au moment où ils ont atteint la trentaine, qu’ils sont devenus  vraiment bons et expérimentés qu’alors survient généralement une crise.  Ils manifestent soudain des peurs névrotiques, ou encore ne veulent plus continuer à voler et souhaitent abandonner.  Et s’ils sont forcés de continuer, ils s’écrasent, en conséquence de leurs résistances.  Le problème a atteint de telles proportions qu’ils ont même pensé demander l’assistance de psychologues et souhaité savoir si nous pouvions faire quelque chose à ce sujet&amp;nbsp;!  Les Suisses ont le même problème.  Swissair  ne peut obtenir suffisamment de pilotes et ils emploient actuellement plus d’étrangers que de suisses,  non qu’il n’y ait pas suffisamment de candidats - il y en a en fait beaucoup - mais que les tests très stricts démontrent que quarante à cinquante pour cent des jeunes gens qui veulent devenir pilotes ont des personnalités névrosées associées à un complexe-maternel qu’il serait dangereux d’employer.  Etant donné qu’ils envisagent de voler à cause de leur condition névrotique, ils ne seraient pas fiables ou alors ils arrêteraient de voler assez rapidement.  Par conséquent les Suisses font des évaluations approfondies et refusent de tels candidats, mais ils n’ont dès lors pas suffisamment de pilotes.  S’ils engageaient ces hommes, ils auraient le même problème que les Américains, c’est-à-dire que ces pilotes travailleraient jusque trente ans puis partiraient, juste au moment où tout l’argent et le temps investi dans leur formation aura été dépensé.  C’est donc un vrai problème de notre temps, qui aboutit directement à des questions très pratiques.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je connais quelqu’un qui fait passer les tests aux pilotes suisses, et nous avons convenu qu’il essayerait de faire un test d’association de mots qui intégrerait le matériel du puer aeternus afin de découvrir comment la réaction complexuelle s’y manifeste, mais malheureusement cela ne s’est pas encore fait. Je serai peut-être en mesure de vous en parler dans quelques années.  Peut-être aborderons-nous le problème des pilotes de cette manière-là, bien qu’il me semble que le tableau soit assez clair, à savoir que le complexe maternel amène ces hommes à choisir un travail symbolique - ils veulent rester dans les airs et ne pas toucher le sol.  C’est cette impulsion symbolique qui fait apparaître toutes ces difficultés.  En fait les Américains devraient se réjouir que leurs pilotes souhaitent arrêter de voler à trente ans.  Cela montre qu’à cet âge beaucoup de ces hommes se retirent de l’attitude puer aeternus&amp;nbsp;;  bien que ce soit mauvais pour l’armée, c’est par ailleurs bon signe.  Je n’accepterais jamais le travail qui consisterait à tenter de persuader ces hommes de continuer à voler, parce que leur refus de voler pourrait être un symptôme de bonne santé.  Si quelqu’un pouvait me donner des informations vraiment utiles sur ce point, j’aimerais savoir ce que les Russes font à ce sujet, comment ça se passe chez eux. Je n’en ai aucune idée.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;i&gt;Remarque&amp;nbsp;: Les astronautes que nous entraînons aux Etats-Unis ont tous près de quarante ans, mais les astronautes que les Russes forment sont au moins cinq et probablement dix ans plus jeunes, je suppose  qu’ils doivent commencer leur entraînement plus tôt et de manière plus intensive que nous, de la même manière qu’ils font la plupart des choses plus intensément.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Oui.  Je ne sais pas en général comment cela se passe dans leur pays. Ce serait intéressant de savoir.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;On m’a demandé de dire un mot sur le problème du puer aeternus dans l’animus de la femme.&lt;/p&gt;

&lt;dl class=&quot;spip_document_77 spip_documents spip_documents_center&quot;&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/boticelli_sandro-8c7cc.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class=&quot;spip_doc_titre&quot; style=&quot;width: 350px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Boticelli Sandro&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class=&quot;spip_doc_descriptif&quot; style=&quot;width: 350px;&quot;&gt;Naissance de Vénus
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt; Je ne dispose d’aucun matériel là-dessus si ce n’est quelques rêves isolés&amp;nbsp;;  je n’ai pas de matériel structuré.  J’avais pensé que ce serait quelque chose dont nous pourrions parler un jour, mais la question est de savoir si vous voulez que nous en parlions maintenant ou si bien nous approfondissons d’abord la psychologie masculine.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;C’est juste une question de savoir si c’est maintenant ou plus tard.  [ On vote en faveur de la poursuite du problème masculin d’abord].  Je dois dire que je pense que nous en retirerons plus si nous approfondissons notre sujet actuel, et l’autre problème n’en deviendra alors que plus convaincant quand nous l’aborderons.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je peux dire en quelques mots que, dans sa structure fondamentale, le problème n’est pas différent.  Il s’agit du même problème mais à un niveau plus profond.  On pourrait dire que chez une femme l’animus anticipe toujours ce qu’elle doit faire plus tard dans la réalité.  Ainsi si vous trouvez ce problème du puer aeternus qui doit descendre sur terre, c’est ce que la pensée de la femme doit faire plus tard&amp;nbsp;:  il existe seulement un léger décalage.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le problème du puer aeternus est   naturellement toujours lié au problème de la créativité, lequel est central dans la psychologie de la femme.  Si elle a un animus du type puer aeternus, elle a généralement un problème avec sa créativité, et le traitement pour les femmes est malheureusement exactement le même que pour les hommes&amp;nbsp;: c’est aussi le travail.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quand vous dites cela incluez-vous aussi le fait d’avoir des enfants&amp;nbsp;?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Oui, c’est parfois la fin d’un problème du type puer aeternus.  Je me rappelle le cas d’une femme qui ne voulait pas avoir d’enfants.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt; Mais elle rêvait continuellement de personnages représentant un animus de type puer et de la Nature qui l’attachait à la terre&amp;nbsp;: les rêves l’incitaient à avoir des enfants.  On voit que cela pourrait être une des nombreuses façons par lesquelles une femme redescend sur terre et s’engage fermement dans quelque chose&amp;nbsp;;  elle ne peut plus jouer ici ou là.  Cela s’applique surtout aux femmes du type hetaïra (prostituée dans la Grèce antique).  Ces femmes ont de nombreuses d’aventures avec beaucoup d’hommes et ne veulent pas qu’on leur «&amp;nbsp;mette le grappin dessus&amp;nbsp;».  Un enfant rend la relation plus déterminée.  C’est une des formes que cela peut prendre chez les femmes.  Avoir des enfants est un lourd travail - très régulier et ennuyeux parfois.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Nous allons nous attacher maintenant à l’interprétation du Petit Prince, et vous allez voir que l’histoire se divise en parties clairement définies.  Elle commence par une introduction racontée par Saint-Exupéry à la première personne, comme un extrait autobiographique, après quoi on trouve l’histoire du prince de la petite étoile.  La partie autobiographique commence&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;i&gt;Lorsque j’avais six ans j’ai vu, une fois, une magnifique image, dans un livre sur la Forêt Vierge qui s’appelait «&amp;nbsp;Histoires Vécues&amp;nbsp;». Ca représentait un serpent boa qui avalait un fauve. Voilà la copie du dessin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class=&quot;spip_document_48 spip_documents spip_documents_center&quot;&gt;
&lt;i&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/boa_1-798b2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;height: 147px; width: 295px;&quot; height=&quot;147&quot; width=&quot;295&quot;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;i&gt;On disait dans le livre&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Les serpents boas avalent leur proie tout entière, sans la mâcher. Ensuite ils ne peuvent plus bouger et ils dorment pendant les six mois de leur digestion&amp;nbsp;».&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;i&gt;J’ai alors beaucoup réfléchi sur les aventures de la jungle et, à mon tour, j’ai réussi, avec un crayon de couleur, à tracer mon premier dessin. Mon dessin numéro 1. Il était comme ça&amp;nbsp;:&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class=&quot;spip_document_42 spip_documents spip_documents_center&quot;&gt;
&lt;i&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/boa_ferme-e39d6.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;height: 93px; width: 295px;&quot; height=&quot;93&quot; width=&quot;295&quot;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;i&gt;J’ai montré mon chef d’oeuvre aux grandes personnes et je leur ai demandé si mon dessin leur faisait peur.
Elles m’ont répondu&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Pourquoi un chapeau ferait-il peur&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»
Mon dessin ne représentait pas un chapeau. Il représentait un serpent boa qui digérait un éléphant. J’ai alors dessiné l’intérieur du serpent boa, afin que les grandes personnes puissent comprendre. Elles ont toujours besoin d’explications. Mon dessin numéro 2 était comme ça&amp;nbsp;:&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class=&quot;spip_document_43 spip_documents spip_documents_center&quot;&gt;

&lt;i&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/boa_ouvert-e1224.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;height: 89px; width: 295px;&quot; height=&quot;89&quot; width=&quot;295&quot;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les grandes personnes m’ont conseillé de laisser de côté les dessins de serpents boas ouverts ou fermés, et de m’intéresser plutôt à la géographie, à l’histoire, au calcul et à la grammaire. C’est ainsi que j’ai abandonné, à l’âge de six ans, une magnifique carrière de peinture. J’avais été découragé par l’insuccès de mon dessin numéro 1 et de mon dessin numéro 2. Les grandes personnes ne comprennent jamais rien toutes seules, et c’est fatigant, pour les enfants, de toujours leur donner des explications.
J’ai donc dû choisir un autre métier et j’ai appris à piloter des avions. J’ai volé un peu partout dans le monde. Et la géographie, c’est exact, m’a beaucoup servi. Je savais reconnaître, du premier coup d’oeil, la Chine de l’Arizona. C’est utile, si l’on est égaré pendant la nuit.
Quand j’en rencontrais une qui me paraissait un peu lucide, je faisait l’expérience sur elle de mon dessin no.1 que j’ai toujours conservé. Je voulais savoir si elle était vraiment compréhensive. Mais toujours elle me répondait&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;C’est un chapeau.&amp;nbsp;» Alors je ne lui parlais ni de serpents boas, ni de forêts vierges, ni d’étoiles. Je me mettais à sa portée. Je lui parlais de bridge, de golf, de politique et de cravates. Et la grande personne était bien contente de connaître un homme aussi raisonnable.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;i&gt;J’ai ainsi vécu seul, sans personne avec qui parler véritablement, jusqu’à une panne dans le désert du Sahara, il y a six ans. Quelque chose s’était cassé dans mon moteur, Et comme je n’avais avec moi ni mécanicien, ni passagers, je me préparai à essayer de réussir, tout seul, une réparation difficile. C’était pour moi une question de vie ou de mort. J’avais à peine de l’eau à boire pour huit jours.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le premier soir je me suis donc endormi sur le sable à mille milles de toute terre habitée. J’étais bien plus isolé qu’un naufragé sur un radeau au milieu de l’océan. Alors vous imaginez ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m’a réveillé. Elle disait&amp;nbsp;:&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt;&lt;i&gt; S’il vous plaît... dessine-moi un mouton&amp;nbsp;!&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;

&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt;&lt;i&gt; Hein&amp;nbsp;!&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Là il rencontre le Petit Prince. J’aimerais maintenant vous demander ce que vous concluez de cette première partie.  Tout le problème s’y trouve résumé.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;i&gt;Remarque&amp;nbsp;: on y voit un manque d’intérêt  pour les préoccupations des adultes et par contre plus pour les fantaisies de l’enfance.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Oui.  On voit ici qu’il n’est jamais vraiment entré dans le monde des adultes.  Il parle de sa vanité, de sa bêtise et de son insignifiance.  Il y a la discussion au sujet du bridge, de la politique et des cravates, c’est vrai, mais ça c’est un certain monde d’adulte que l’on rejette avec raison - c’est la vacuité de la persona.  Mais il omet d’autres aspects de la vie adulte également.  Vous sentez au ton émotionnel de cette première partie qu’il a envie de dire que l’enfance est le monde de l’imaginaire, le monde artistique, et qu’il s’agit là de la vie authentique. A côté de cela, tout le reste n’est que manifestation d’une persona vide qui court après l’argent, qui se donne une image de prestige aux yeux des autres, qui a  perdu sa vraie nature pour ainsi dire.  C’est comme ça qu’il perçoit la vie adulte, car il n’a pas trouvé de pont par lequel il pourrait emmener ce que nous appellerions la vie authentique dans la vie adulte.  C’est là le problème majeur, je pense, résumé ici&amp;nbsp;: comment s’extraire de ce monde imaginaire de la jeunesse sans en perdre ses richesses&amp;nbsp;?  Comment grandir sans perdre le sentiment de totalité, le sentiment de créativité et celui de sentir vraiment vivant que l’on avait dans sa jeunesse&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;On pourrait dire de manière cynique que l’on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre - quelque chose doit être sacrifié- mais mon expérience me fait penser que ce n’est pas tout à fait correct.  C’est légitime de ne pas vouloir abandonner l’autre monde.  La question qui se pose est de savoir comment grandir sans le perdre.  Le problème essentiel est d’arriver à mener quelqu’un hors du paradis de l’enfance et de la vie imaginaire, ce paradis dans lequel on est en contact très proche avec son authentique Soi profond à un niveau infantile, sans devenir alors complètement désillusionné et cynique.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je me rappelle une fois avoir eu un analysant qui était un puer aeternus typique.  Il voulait devenir écrivain, mais vivait dans un monde complètement imaginaire.  Il était venu des Etats Unis avec un ami, et ils avaient décidé que l’ami ferait une analyse freudienne et que lui ferait une analyse jungienne et qu’après un an ils se retrouveraient et compareraient leurs notes.  Ils allèrent dans des pays différents et lorsqu’ils se retrouvèrent comme prévu, le jeune homme qui avait fait une analyse freudienne dit qu’il avait résolu son problème, qu’il était guéri et qu’il rentrait chez lui.  Tout allait bien, et il avait compris son attitude infantile vis-à-vis de la vie&amp;nbsp;;  il avait abandonné son complexe maternel et ces autres inepties.  Mon analysant lui demanda ce qu’il comptait faire, et l’autre répondit qu’il ne savait pas mais qu’il devait gagner de l’argent et se trouver une femme.  Mon analysant dit qu’il n’était pas du tout guéri&amp;nbsp;;  il ne savait toujours pas où aller.  Il savait qu’il voulait devenir écrivain et avait commencé en ce sens, mais il ne savait pas où s’installer etc...  Alors celui qui avait fait l’analyse freudienne dit&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;en fait c’est étrange, ils ont chassé tous mes démons, mais avec eux se sont envolés aussi tous mes anges&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Vous voyez, c’est ça le problème&amp;nbsp;!  On peut chasser les démons et les anges en disant que tout est infantile et participe du complexe maternel et, par une analyse complètement réductrice, ramener toute l’affaire à la sentimentalité de l’enfance qu’il faudrait sacrifier.  J’ai quelque chose à répondre à cela.  Cet homme était d’une certaine manière plus guéri que mon analysant, mais, d’un autre côté, il me semble qu’une telle désillusion pose la question de savoir si ça vaut encore la peine de vivre après cela.  Est-ce que ça vaut la peine de gagner de l’argent tout le reste de sa vie pour se payer des plaisirs petits-bourgeois&amp;nbsp;?  Cela ne me semble pas très satisfaisant.  En tout cas, la tristesse avec laquelle l’homme qui était guéri faisait le constat qu’avec ses démons ses anges aussi avaient disparus, me fit sentir que lui-même ne se sentait pas tout à fait heureux de sa propre guérison.  Il parlait sur le ton de la désillusion cynique, ce qui à mon avis n’est pas une guérison, mais un problème.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;On ne doit pas oublier que l’atmosphère du milieu où Saint-Exupéry grandit était très désillusionnée et cynique et qu’il évoluait dans des cercles qui considéraient que la vie avait de la valeur quand on parlait de bridge et d’argent et d’autres sujets de ce genre.  Par conséquent, et d’une certaine manière assez justement, il proteste contre cette attitude et s’accroche à sa vision de la vie intérieure artistique et totale, plein de ressentiment et de rébellion envers une telle vie adulte.  On voit très bien de quelle manière et jusqu’à quel point, il se moque de manière subtile du monde des adultes.  Mais en même temps il ne sait pas comment sortir du monde de l’enfance sans tomber dans la désillusion de ce qu’il considère comme les seules caractéristiques de la vie adulte.  Si vous associez cela au symbolisme du dessin, cela devient même pire parce que le boa constrictor est une image évidente de la mère dévorante, et, dans un sens plus profond, de l’aspect dévorant de l’inconscient,  étouffant la vie et empêchant l’être humain de se développer.  C’est l’aspect dévorant et régressif de l’inconscient,  la tendance à regarder en arrière, qui saisit la personne quand elle est dominée par l’inconscient.  On pourrait même dire que le boa constrictor représente une attirance vers la mort.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L’animal avalé est un éléphant, nous devrions donc analyser son symbolisme.  Comme l’éléphant ne fut connu dans les pays européens que dans l’Antiquité tardive, il n’existe pas beaucoup de matériel mythologique.  Cependant, dès son apparition dans l’Antiquité, l’éléphant eut une importante signification.  Quand Alexandre le Grand arriva en Inde il vit des éléphants, et ils furent ensuite amenés en Europe.  Les Romains utilisèrent plus tard des éléphants de la même manière que l’on utilisait les tanks dans les guerres modernes.  La lecture des écrits qui les concerne mène au constat qu’une énorme fantaisie mythologique a circulé autour de l’éléphant.  On dit d’eux qu’ils sont «&amp;nbsp;très chastes, qu’ils s’accouplent une seule fois dans leur vie et très secrètement juste pour avoir leur petit&amp;nbsp;».  Par suite, d’après un texte médiéval, «&amp;nbsp;ils sont une allégorie du mariage chaste.  Comme la licorne, l’éléphant aime une vierge et ne pourra être dompté que par elle, un schéma qui s’apparente à l’incarnation du Christ.&amp;nbsp;»  On dit de l’éléphant qu’il représente la force d’âme invincible et qu’il est aussi une image du Christ.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;«&amp;nbsp;&lt;i&gt;Dans l’antiquité, on pensait que les éléphants étaient des êtres terriblement ambitieux et que s’il ne leur était pas accordé l’honneur qui leur était dû ils pouvaient mourir de déception, tellement leur sentiment d’honneur était grand.  Les serpents aiment boire le sang froid des éléphants&amp;nbsp;; ils rampent sous l’éléphant pour boire son sang, et soudain l’éléphant s’effondre, ce qui explique pourquoi quand un éléphant voit un serpent il se précipite sur lui et tente de le piétiner.  Au Moyen-Age, l’éléphant était le symbole de l’homme généreux mais instable et de caractère maussade, car on disait de l’éléphant qu’il était un animal généreux, intelligent, et taciturne, mais quand il se mettait en colère il ne pouvait pas être apaisé par des plaisirs sensuels mais seulement par la musique.&amp;nbsp;»&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ceci est extrait d ‘un livre très amusant, polyhistor symbolicus, écrit par  un père Jésuite, Nikolaus Caussinus.  Il raconte des histoires tellement drôles sur l’éléphant relatant ce que l’idiome antique en dit et en y ajoutant un peu de fantaisie médiévale.  «&amp;nbsp;Les éléphants se lavent très souvent&amp;nbsp;», continue-t-il, «&amp;nbsp;et utilisent des fleurs pour se parfumer.  Ils représentent ainsi la purification, la chasteté et l’adoration pieuse de Dieu.&amp;nbsp;»  Ceci montre qu’il se passa la même chose pour les Européens que pour les Africains quand ils rencontrèrent l’éléphant pour la première fois&amp;nbsp;:  ils y projetèrent l’archétype du héros.  En Afrique on considère que c’est un grand honneur si quelqu’un reçoit le titre de lion, qui est l’image de l’homme courageux, image typique du Chef.  Pour l’éléphant, c’est l’archétype du Medicine Man, qui possède du courage mais aussi la sagesse et la connaissance secrète.  Ainsi, dans leur hiérarchie, l’éléphant représente la personnalité qui a atteint l’individuation.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Assez bizarrement, les Européens ont automatiquement projeté la même chose sur l’éléphant et le prirent comme image du héros divin, l’image du Christ, d’une remarquable vertu, à l’exception de son humeur maussade et de sa tendance aux accès de colère.  Ce qui est stupéfiant, c’est qu’il s’agissait de deux remarquables caractéristiques de Saint Exupéry.  On pourrait donc dire que  l’éléphant est l’image exacte de sa personnalité.  Il était lui-même subtil, chaste - d’une certaine manière, dans le sens où il était sensible dans ses émotions - très ambitieux et très sensible à tout ce qui pouvait blesser son honneur.  Il était constamment à la recherche d’une satisfaction religieuse - il ne croyait pas en Dieu car il ne L’avait pas trouvé - mais il était toujours en recherche.  Il était généreux, intelligent, taciturne mais très irritable et sujet à de terribles humeurs et accès de colère.  On a ainsi avec l’image de l’éléphant un étonnant auto-portrait, et on voit pratiquement tel quel le schéma de l’archétype qui apparaît chez un seul et même individu.  On peut dire que l’éléphant est le modèle fantasmé du héros adulte, mais déjà ce modèle fantasmé - l’image, dans son âme, de ce qu’il voulait devenir - est ici ré-englouti par la mère dévorante, et ce premier dessin illustre toute la tragédie.  Très souvent il arrive que les rêves de l’enfance anticipent le destin intérieur vingt ou trente ans à l’avance.  Ce premier dessin montre que Saint-Exupéry avait  en lui un aspect héroïque, vivant et constellé, et que cet aspect ne serait jamais vraiment dépassé mais serait ré-englouti par les tendances régressives de l’inconscient et, comme nous le savons par les événements ultérieurs, par la mort.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le mythe de la mère dévorante devrait naturellement aussi être précisé en le comparant à sa propre mère, mais, comme elle est toujours en vie et, d’une certaine manière encore sur la scène publique, j’hésite à faire trop de  commentaires à son sujet.  J’ai récemment vu une photographie d’elle dans un journal qui montre comme elle peut, à côté d’autres traits de caractère, être un personnage très puissant.  C’est une grande et vigoureuse femme qui, selon l’article, possède une énorme quantité d’énergie, s’intéresse à toutes sortes d’activités, essaye de dessiner, de peindre et d’écrire.  C’est une personne très dynamique qui, malgré son grand âge, reste forte.  Evidemment, il a du être très difficile pour un garçon  sensible de s’extraire de l’influence d’une telle mère.  On dit aussi qu’elle a toujours anticipé la mort de son fils.  Plusieurs fois, elle crut qu’il était mort et, de manière très théâtrale porta un voile noir comme les femmes françaises ont l’habitude d’en porter quand elles perdent leur mari.  Et c’est avec une certaine déception qu’elle dût se résoudre à l’enlever puisqu’il n’était pas encore mort.  Ainsi le schéma de l’archétype que nous appelons la mère-de-mort était constellé dans sa psyché.  Dans nos sociétés, ce phénomène de la mère-de-mort n’est pas ouvertement reconnu, mais j’eus le choc de ma vie quand je fis l’expérience suivante.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je devais aller quelque part à un rendez-vous,  et là-bas la propriétaire de la maison avait un fils puer aeternus qu’elle avait complètement dévoré.  Il s’agissait de gens très simples.  Ils avaient une boulangerie et le fils ne travaillait pas du tout mais flânait en vêtement de randonnée.  C’était le Don Juan typique, très élégant qui sortait avec une nouvelle fille tous les quatre jours.  J’appris tout cela par les bavardages des gens.  Ce jeune homme partit un jour nager et emmena sa petite amie au Lac de Zürich, et dans la scène classique, halb zog sie ihn, halb sank er hin ( «&amp;nbsp;half drew she him, half sank he down&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: elle le tirait pour une part, et lui-même se noyait pour l’autre  (?)) - comme Goethe aurait pu le dire - ils se noyèrent tous les deux.  La fille fut sauvée, mais lorsqu’il fut retiré de l’eau il était déjà mort. Je lus cela dans le journal, mais lorsque je revins à cette maison, je rencontrai la mère, qui par ailleurs était veuve, et lui présentai mes condoléances.  Je lui dis comme j’étais désolée d’avoir appris la nouvelle de ce terrible accident.  Elle m’invita à l’intérieur et me fit entrer dans la salle de séjour dans laquelle se trouvait une gigantesque photographie du fils sur son lit de mort, entouré de fleurs placées comme sur la tombe d’un héros.  Elle me fit remarquer&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;regardez-le comme il est beau dans la mort.&amp;nbsp;»  j’acquiesçai, alors elle sourit et ajouta&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;et bien, je préfère l’avoir ainsi que de l’abandonner à une autre femme.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;i&gt;Remarque&amp;nbsp;: En Californie, nous connaissons une femme de ce type là.  Elle a environ 80 ans, et elle fabrique des gravures de la tête de son fils mort il y a environ 35 ans.  Une plus vieille femme lui demanda pourquoi elle faisait continuellement quelque chose d’aussi morbide, et elle répondit avec les larmes qui lui coulaient sur les joues&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Vous savez, j’ai perdu un fils&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»  Elle ne l’avait jamais laissé partir&amp;nbsp;;  elle le reproduisait sans cesse.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Oui, elle fit de lui un culte religieux.  Il devient alors le fils mort de la mythologie&amp;nbsp;: Tammuz, Adonis, Attis&amp;nbsp;;  il remplace l’image de Dieu.  Il est aussi véritablement un Christ crucifié et elle la Vierge Marie qui pleure sous la croix.  Et le grand bénéfice qui en est retiré, c’est que cela confère à la vie un sens de dimensions archétypales.  On n’est plus juste Madame Machin qui a perdu un fils dans un accident, mais la Grande Mère, la Vierge Marie qui pleure au pied de la croix - et cela grandit la mère elle-même et donne à son chagrin une signification plus profonde.  C’est l’aspect que prend la vie, si une mère s’oriente dans cette mauvaise direction.  Je fus terriblement choquée par ce que cette femme me dit, puis je me rendis compte qu’avec sa naïveté, elle avait dit tout haut ce que beaucoup d’autres avaient pensé sans le dire.  Comme elle était une femme simple, elle l’avait tout simplement exprimé&amp;nbsp;:  «&amp;nbsp;c’était mieux ainsi que de l’abandonner à une autre femme.&amp;nbsp;»  Elle était sa femme&amp;nbsp;!  Elle venait de dévoiler cela.  Il me semble qu’il y a dû y avoir quelque chose de semblable avec la mère de Saint-Exupéry sinon pourquoi avait-elle tant besoin d’anticiper sa mort en portant un voile noir trop tôt, comme si elle savait depuis toujours que cela se terminerait ainsi.  Il ne s’agissait probablement pas simplement de quelque chose qu’elle savait mais aussi qu’elle désirait.  Nous pourrions plutôt en fait dire que ça le voulait en elle.  Nous savons simplement que ce scénario impersonnel s’est immiscé également dans sa vie personnelle.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;C’est intéressant que Saint-Exupéry dise qu’il a toujours avec lui ce dessin et qu’il «&amp;nbsp;teste&amp;nbsp;» les gens pour voir s’ils comprendront.  On dirait qu’il n’était pas tout à fait résigné, comme si une part de lui gardait toujours l’espoir de trouver un jour quelqu’un qui le comprendrait.  Si seulement il avait pu rencontrer quelqu’un qui l’aurait interpellé sur ce qu’il dessinait, qui lui aurait parlé du danger qui se cachait derrière ce dessin et de sa signification&amp;nbsp;!  Il désirait être compris mais il ne le fut pas.  On peut faire l’hypothèse que s’il avait été en contact - mais ceci est affreusement optimiste - mais s’il avait été en contact avec la psychologie, quelque chose aurait pu être entrepris pour travailler ce problème, car il n’était pas loin de trouver la solution lui-même.  Mais malheureusement, il vécut dans ce genre de culture française très superficielle où il n’y a absolument aucune réflexion psychologique.  Et dans une telle atmosphère, il très difficile de s’approcher de l’inconscient.  La culture française moderne, pour différentes raisons locales et nationales, est particulièrement coupée de son inconscient.  Ceci explique que Saint-Exupéry ne rencontra probablement jamais personne qui ait pu l’aider à comprendre ce qui lui arrivait.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L’histoire se tourne ensuite vers le Petit Prince.  Je vous ai déjà lu la partie où Saint-Exupéry s’écrase dans le Sahara, contexte où la rencontre avec ce petit personnage se fait.  Je continue maintenant le texte.  La voix dit&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;i&gt;-Dessine-moi un mouton...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;i&gt;J’ai sauté sur mes pieds comme si j’avais été frappé par la foudre. J’ai bien frotté mes yeux. J’ai bien regardé. Et j’ai vu un petit bonhomme tout à fait extraordinaire qui me considérait gravement. Voilà le meilleur portrait que, plus tard, j’ai réussi à faire de lui.&lt;/i&gt;  (A propos, il le dessina comme un petit Napoléon, ce qui est une drôle d’idée et typiquement français.)  &lt;i&gt; Mais mon dessin, bien sûr, est beaucoup moins ravissant que le modèle. Ce n’est pas de ma faute. J’avais été découragé dans ma carrière de peintre par les grandes personnes...&lt;/i&gt; (et le revoilà qui reprend le même vieux refrain).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class=&quot;spip_document_37 spip_documents spip_documents_center&quot;&gt;
&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/petit_prince-fe718.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;height: 402px; width: 413px;&quot; height=&quot;402&quot; width=&quot;413&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;i&gt;Je regardai donc cette apparition avec des yeux tout ronds d’étonnement. N’oubliez pas que je me trouvais à mille milles de toute région habitée. Or mon petit bonhomme ne me semblait ni égaré, ni mort de fatigue, ni mort de faim, ni mort de soif, ni mort de peur.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il n’avait en rien l’apparence d’un enfant perdu au milieu du désert, à mille milles de toute région habitée. Quand je réussis enfin à parler, je lui dis&amp;nbsp;:&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt;&lt;i&gt; Mais qu’est-ce que tu fais là&amp;nbsp;?&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Et il me répéta alors, tout doucement, comme une chose très sérieuse&amp;nbsp;:&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt;&lt;i&gt; S’il vous plaît... dessine-moi un mouton...&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quand le mystère est trop impressionnant, on n’ose pas désobéir. Aussi absurde que cela me semblaît à mille milles de tous les endroits habités et en danger de mort, je sortis de ma poche une feuille de papier et un stylographe. Mais je me rappelai alors que j’avais surtout étudié la géographie, l’histoire, le calcul et la grammaire et je dis au petit bonhomme (avec un peu de mauvaise humeur) que je ne savais pas dessiner. Il me répondit&amp;nbsp;:&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt;&lt;i&gt; Ca ne fait rien. Dessine-moi un mouton.&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Comme je n’avais jamais dessiné un mouton je refis, pour , un des deux seuls dessins dont j’étais capable. Celui du boa fermé&lt;i&gt; son dessin n°&amp;nbsp;1&lt;/i&gt;. ET je fus stupéfait d’entendre le petit bonhomme me répondre&amp;nbsp;:&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt;&lt;i&gt; Non&amp;nbsp;! Non&amp;nbsp;! Je ne veux pas d’un éléphant dans un boa. Un boa c’est très dangereux, et un éléphant c’est très encombrant. Chez moi c’est tout petit. J’ai besoin d’un mouton. Dessine-moi un mouton.&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Alors j’ai dessiné.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class=&quot;spip_document_45 spip_documents spip_documents_center&quot;&gt;
&lt;i&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/mouton_1-11dbc.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;height: 184px; width: 236px;&quot; height=&quot;184&quot; width=&quot;236&quot;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il regarda attentivement, puis&amp;nbsp;:&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt;&lt;i&gt; Non&amp;nbsp;! Celui-là est déjà très malade. Fais-en un autre.&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;&lt;i&gt;Je dessinai&amp;nbsp;:&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class=&quot;spip_document_46 spip_documents spip_documents_center&quot;&gt;
&lt;i&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/mouton_2-4ca0f.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;height: 200px; width: 236px;&quot; height=&quot;200&quot; width=&quot;236&quot;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mon ami sourit gentiment, avec indulgence&amp;nbsp;:&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt;&lt;i&gt; Tu vois bien... ce n’est pas un mouton, c’est un bélier. Il a des cornes...
Je refis donc encore mon dessin&amp;nbsp;: Mais il fut refusé, comme les précédents&amp;nbsp;:&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class=&quot;spip_document_44 spip_documents spip_documents_center&quot;&gt;

&lt;i&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/mouton3-3a68c.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;height: 202px; width: 236px;&quot; height=&quot;202&quot; width=&quot;236&quot;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;/p&gt;

&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt;&lt;i&gt; Celui-là est trop vieux. Je veux un mouton qui vive longtemps.&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Alors, faute de patience, comme j’avais hâte de commencer le démontage de mon moteur, je griffonnai ce dessin-ci.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class=&quot;spip_document_47 spip_documents spip_documents_center&quot;&gt;
&lt;i&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/mouton_boite-66126.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;height: 99px; width: 236px;&quot; height=&quot;99&quot; width=&quot;236&quot;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;i&gt;Et je lançai&amp;nbsp;:&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt;&lt;i&gt; Ca c’est la caisse. le mouton que tu veux est dedans.&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mais je fus bien surpris de voir s’illuminer le visage de mon jeune juge&amp;nbsp;:&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;i&gt; -C’est tout à fait comme ça que je le voulais&amp;nbsp;! Crois-tu qu’il faille beaucoup d’herbe à ce mouton&amp;nbsp;?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt;&lt;i&gt; Pourquoi&amp;nbsp;?&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt;&lt;i&gt; Parce que chez moi c’est tout petit...&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;

&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt;&lt;i&gt; Ca suffira sûrement. Je t’ai donné un tout petit mouton.&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il pencha la tête vers le dessin&amp;nbsp;:&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt;&lt;i&gt; Pas si petit que ça... Tiens&amp;nbsp;! Il s’est endormi...&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;ET c’est ainsi que je fis la connaissance du petit prince. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ensuite Saint-Exupéry raconte qu’il lui fallut un certain temps pour découvrir d’où il venait parce qu’il posait toujours des questions et ne répondait pas aux siennes.  Lentement, il découvre que le petit homme vient des étoiles et qu’il vit sur une très petite planète.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La rencontre miraculeuse dans le désert est d’une certaine manière liée à la vie personnelle de Saint-Exupéry, car il eut un jour un accident d’avion dans le désert du Sahara.  Il n’était pas seul lors de cet incident, comme il l’est dans son livre, mais avec son mécanicien, Prevost.  ils avaient dû marcher sans fin, au bord de la déshydratation fatale.  Ils avaient déjà fait l’expérience d’hallucinations et de mirages et se trouvaient pratiquement sur le point de mourir quand un Arabe les trouva et leur donna de l’eau de sa gourde.  Plus tard, ils furent sauvés, mais ils passèrent très près de la mort.  Naturellement on constate qu’il utilise ce souvenir ici dans l’histoire, mais il le modifie de manière typique&amp;nbsp;: c’est-à-dire que son ombre, en l’occurrence le mécanicien, ne l’accompagne pas et il n’est pour le moment pas sauvé.  Mais un événement surnaturel survient. Vous voyez ici de quelle manière la fantaisie archétypale s’immisce dans la mémoire de la vie réelle&amp;nbsp;: une situation insoluble et désespérée est le moment initiatique où des êtres surnaturels font leur apparition.  C’est le cas dans tous les contes de fées, comme vous le savez.  Dans de nombreux de contes, on trouve l’histoire d’un homme qui se perd dans les bois et qui rencontre alors un nain, etc...  Il est courant que lorsque  quelqu’un se perd dans les bois ou sur la mer, quelque chose de numineux fasse son apparition.  Il s’agit d’une situation psychologique typique où la personnalité consciente atteint les limites de son raisonnement et ne sait plus comment poursuivre.  On se sent complètement désorienté, sans but ni perspective dans la vie.  Dans ces moments, l’énergie, bloquée dans son écoulement naturel vers la vie, s’accumule et constelle généralement quelque chose d’inconscient, ce qui explique pourquoi c’est le moment propice pour que surviennent des apparitions surnaturelles telles que nous en avons ici.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il arrive souvent, même dans des situations très concrètes, que des gens aient des sortes d’hallucinations si leur conflit et leur ressenti de blocage dépassent un certain seuil d’intensité.  Dans une moindre mesure, la vie onirique est fortement activée et les gens sont comme forcés de l’écouter,  et on a alors des apparitions dans les rêves.  Généralement, cela survient quand l’ancien mode de vie est rompu.  Quand il eut cet accident avec son mécanicien, Saint-Exupéry était déjà dans la crise de sa vie.  Il avait la trentaine, n’était plus heureux de voler, mais ne pouvait se tourner vers aucune autre occupation.  Il présentait déjà ces périodes d’irritabilité et de nervosité, mais il les dépassa en reprenant un nouveau travail de pilote.  Au départ, voler avait été pour lui une véritable vocation, mais petit à petit cela devint une fuite face à la nouveauté à laquelle il ne savait pas comment s’adapter.  Très souvent, on choisit une activité dans sa vie qui, à ce moment précis, est tout à fait adéquate et ne pourrait être considérée comme une fuite de la vie.  Mais soudain «&amp;nbsp;le flot de la vie&amp;nbsp;» se retire de cette activité et, lentement, on sent que la libido cherche alors à se réorienter vers un autre but.  On persévère dans l’ancienne activité parce que l’on ne peut la remplacer par une nouvelle.  C’est dans de telles situations que le maintien dans l’ancienne activité signifie la régression ou la fuite - une fuite devant son propre ressenti intérieur qui dit que l’on devrait se tourner vers autre chose.  On se maintient dans le statu quo parce qu’on ne sait pas comment changer de direction ou parce qu’on en n’a pas la volonté.  Quand Saint-Exupéry eut son accident d’avion, il était déjà en train d’entrer dans la crise de sa vie d’aviateur et l’apparition dont il est ici témoin illustre cette interprétation.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il y a un parallèle frappant à faire entre l’épisode de la rencontre du prince des étoiles et une histoire tirée de la tradition islamique.  Je pense qu’il est même probable que, ayant vécu si longtemps dans le Sahara et noué des liens d’amitié avec plusieurs Bédouins, Saint-Exupéry ait pu avoir entendu parler de cette histoire.  Dans le 18ème Sourate du Coran, on raconte l’histoire très connue, que Jung a d’ailleurs interprété en détail, de Moïse et de son serviteur Joseph, le fils de Nun, dans le désert. Celui-ci transporte un panier dans lequel se trouve un poisson pour leur repas.  A un moment, le poisson disparaît, et Moïse annonce qu’ils vont s’arrêter car quelque chose va se passer.  C’est à cet instant qu’apparaît soudain Khidr.  (Khidr veut dire «&amp;nbsp;le verdoyant).  On dit de lui qu’il est le premier ange ou le premier serviteur d’Allah.  Il est une sorte de compagnon immortel qui se joint alors à Moïse un certain temps tout en lui disant qu’il (Moïse) ne sera pas capable de supporter sa présence et qu’il doutera de ses gestes.  Moïse lui assure qu’il aura suffisamment confiance, mais il échouera misérablement.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La plupart d’entre vous connaissent l’histoire&amp;nbsp;: Khidr arrive tout d’abord dans un petit village où il y a des bateaux amarrés et  fore dans chacun d’eux un trou de telle sorte qu’ils coulent tous.  Moïse proteste et demande à Khidr comment il a pu faire une chose pareille.  Khidr rappelle à Moïse qu’il avait prédit son incompréhension.  Mais il explique alors que des voleurs étaient sur le point de voler ces bateaux et qu’en occasionnant cette petite calamité, les pêcheurs les avaient conservés au prix d’une simple réparation, sans quoi ils les auraient perdus.  Ainsi Khidr leur rendait en fait un service mais Moïse, naturellement trop naïf, n’avait pas compris.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Alors à nouveau Moïse promet qu’il ne le mettra plus en doute et n’aura plus de réactions rationnelles.  Ils rencontrent ensuite un jeune homme que Khidr tue.  A nouveau Moïse explose et demande ce qui lui prend de faire une chose pareille.  Khidr, le sourire aux lèvres, répète qu’il avait prédit son incapacité à le supporter.  Il explique alors que le jeune homme était sur le point d’assassiner ses parents et qu’il était préférable pour lui de mourir avant qu’il ne devienne un criminel et de sauver ainsi son âme.  Cette fois Moïse est vraiment décidé à accepter l’explication, mais le même scénario se reproduit encore pour la troisième fois lorsque Khidr provoque l’effondrement d’un mur, dévoilant le trésor caché qui appartenait à deux orphelins.  Alors que Moïse se révolte à nouveau, Khidr doit cette fois le quitter.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L’histoire illustre l’incompatibilité du moi rationnel conscient avec l’image du Soi et ses intentions. Le moi rationnel avec son raisonnement bien intentionné se trompe complètement  lorsqu’il est en relation avec sa personnalité intérieure plus large représentée par Khidr.  Et, bien évidemment, cette histoire célèbre cherche à enseigner aux gens qu’ils devraient pouvoir mettre en doute leur attitude consciente et toujours s’attendre à ce que quelque chose de miraculeux survienne en provenance de l’inconscient.  La même situation se présente dans notre récit du Petit Prince.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt; En effet, un événement totalement à l’opposé de la pensée consciente de Saint-Exupéry survient alors.  Il se dit rationnellement qu’il veut réparer le moteur de son vieil avion sans perdre de temps et sauver sa peau.  Il n’a pas l’intention de jouer à des jeux d’enfant avec le petit prince des étoiles.  Par ailleurs, il est très significatif que le petit prince des étoiles soit le seul qui comprenne du premier coup le dessin.  Alors que Saint-Exupéry devrait être très heureux de rencontrer l’autre face de lui-même, cette face qui le comprend vraiment, le premier compagnon qui appartienne véritablement à son monde, il s’impatiente plutôt et considère tout cela comme un désagrément alors qu’il lui faut réparer son moteur.  Et c’est alors que survient un événement tout à fait classique, à savoir un geste d’impatience.  Ca c’est typique du puer aeternus&amp;nbsp;!  Quand il doit prendre quelque chose au sérieux, que ça soit dans le monde extérieur ou intérieur, il fait quelques tentatives peu convaincantes puis abandonne avec impatience.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Mon expérience me fait dire que, lorsque vous analysez un homme de ce type, il n’est pas crucial de savoir s’il faut le forcer à prendre sérieusement le monde intérieur ou extérieur&amp;nbsp;;  ça n’est vraiment pas important, quoique peut-être cela dépend du type.  Ce qui l’est par contre, c’est qu’il devrait faire émerger quelque chose.  Si c’est une analyse, alors analysez sérieusement,  prenez les rêves au sérieux, vivez en fonction d’eux, ou, si vous vous engagez dans un travail, alors travaillez et vivez  vraiment la vie extérieure.   L’important c’est de faire quelque chose à fond, quelle que soit la chose.  Mais le grand danger, le problème névrotique,  c’est que le puer aeternus, ou l’homme pris dans ce genre de problème tend à faire ce que Saint-Exupéry fait ici&amp;nbsp;: mettre le problème dans une boîte et fermer le couvercle dessus dans un geste de soudaine impatience.  C’est pourquoi ce genre de personnes vous disent soudainement qu’ils ont un autre projet,  que ce n’était pas ce qu’ils cherchaient.  Et ils se comportent toujours comme ça au moment où les choses commencent à devenir difficiles.  Ce sont ces constantes interruptions qui sont dangereuses, pas ce qu’ils font.  Ici, malheureusement, Saint-Exupéry interrompt à ce moment crucial.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;                  * * *&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</content>
</entry>
<entry>
	<title>Cire rouge</title> 
	<link href="https://annebsollis.com/moite/index.php?article35/nouvel-article"/>
	<id>urn:md5:8d1743c2eebfabc93955dab441f01fc8</id>
	<updated>2010-10-12T14:54:00+00:00</updated>
	<author><name>admin</name></author>
	<dc:subject>Rêve</dc:subject>
	<content type="html">&lt;em&gt;Schaerbeek, appartement, le matin au réveil&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/chapo/yanish-chapo-blog.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;ABS : J&#039;ai fait un rêve où j&#039;allais puiser dans la matière dans la cire rouge, rouge de cette couleur,&lt;br /&gt;
Secrétaire : La couleur du canapé.&lt;br /&gt;
ABS : du canapé et de l&#039;artiste, Anish Kapoor, c&#039;était ce genre de cire, j&#039;avais la sensation , c&#039;était comme de la glaise, mais qui serait un peu élastique, ce qui fait qu&#039;il fallait qu&#039;elle soit toujours humide. Pour moi c&#039;était ça l&#039;inconscient. Je le mettais sur le mur.&lt;br /&gt;
Secrétaire : Ca c&#039;était l&#039;inconscient? Tu t&#039;ai dit dans ton rêve que ça c&#039;était l&#039;inconscient.&lt;br /&gt;
ABS : Non, je me suis dit en me réveillant : ça c&#039;est &lt;strong&gt;ma sensation&lt;/strong&gt; de l&#039;inconscient. Comme on avait parlé de terre, de couches, de couches inférieures, je voyais cette terre toujours humide, malléable,dans laquelle tu peux mettre les doigts, tu t&#039;enfonce, tu sais, il y a  deux temps, il y a le temps agréable comme quand tu mets tes doigts dans la terre et ensuite tu en fais quelque chose et c&#039;était suffisamment élastique. Après dans mon rêve je disais : &lt;br /&gt;
&quot;Oui mais ça vient des États-Unis.&quot;&lt;br /&gt;
, c&#039;est américain encore, comme le Crimson, le rouge Crimson, alors que c&#039;est une couleur mais pour moi c&#039;était lié. Donc c&#039;était une cire très rare, très bien qui...&lt;br /&gt;
Secrétaire : Là pendant qu&#039;on parlait tu regardais les dessins de Keeva-Grace. C&#039;est exactement ce qui c&#039;est passé et c&#039;est proche de la matière qu&#039;elle a utilisé pour les faire. Est-ce que je t&#039;avais décrit la scéance de peinture avec Keeva-Grace avant que tu ne fasse le rêve?&lt;br /&gt;
ABS : Je ne sais pas, non.&lt;br /&gt;
Secrétaire : Mais maîntenant quand tu en parle, tu regarde ces dessins.&lt;br /&gt;
ABS : Mais je pense aux travaux de Anish Kapoor aussi, et c&#039;est quelque chose que j&#039;ai pas envie de peindre, c&#039;est quelque chose que je prend avec les mains ou que je colle. Dans les insectes c&#039;est quelque chose que je ne peignais pas.
Secrétaire : Comme le ketchup?&lt;br /&gt;
ABS : J&#039;ai tenté le ketchup aussi, c&#039;était hyper-agréable aussi, mais c&#039;était pas pareil. le ketchup est plus liquide et après ça moisi.&lt;br /&gt;
Secrétaire : Tu en as vu qui en avaient moisies?&lt;br /&gt;
ABS : Pas sur les belles.&lt;br /&gt;
Secrétaire : La peinture d&#039;Hadrien? Il y avait du ketchup dessus.&lt;br /&gt;
ABS : Oui mais elle était vernie, c&#039;est l&#039;air qui fait...&lt;br /&gt;
Secrétaire : Oui.&lt;br /&gt;</content>
</entry>
<entry>
	<title>Rêve de traversée des pièces.</title> 
	<link href="https://annebsollis.com/moite/index.php?article36/reve-de-traversee-des-pieces"/>
	<id>urn:md5:14e7aed20d52fa4b127ebcf5a41aac93</id>
	<updated>2010-06-20T11:01:00+00:00</updated>
	<author><name>admin</name></author>
	<dc:subject>Songe</dc:subject>
	<content type="html">&lt;em&gt;Schaerbeek, appartement 4 heure du matin.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/chapo/grattage_arba-chapo-blog.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Rêve.
Je me trouvais dans un dédale de pièces qui se prolongeait en une installation de grands dessins noirs blancs et bleus.Ils étaient réalistes mais paraissaient abstraits car il y avait beaucoup d&#039;espaces blancs qui &quot;masquaient&quot; ce qu&#039;ils pouvaient bien représenter.A l&#039;entrée de l&#039;expo était écrit: Thème:Film d&#039;horreur.&lt;br /&gt;

A chaque fois que je pénétrais dans une pièce(je confonds pièce et espaces blancs du dessin dans mon rêve), je m&#039;introduisais dans des temps différents, et à chaque fois, je me grattais littéralement, en vérité, dans mon lit je me grattais à une partie distincte de mon anatomie.
Le cou,le genou, la cuisse. je replongeais dans mon rêve et le grattage correspondait à l&#039;instant durant lequel je changeais de temps,de pièce et de dessin.L&#039;espace blanc du dessin et l&#039;articulation des pièces que je traversais étaient annoncés par l&#039;instant réel du  grattage et introduisaient un temps de questionnement et de silence dans le rêve.
Je pouvais appréhender pleins de temps différents visibles au même moment.Tout allait très vite de façon très rythmée.&lt;br /&gt;
Puis une phrase venait conclure mon rêve et je l&#039;ai prononcée à mon réveil:&lt;br /&gt;
&quot;note sur le design et la forme: C&#039;est le contenu qui intéresse non la forme.&quot;</content>
</entry>
<entry>
	<title>Le corps comme un vètement</title> 
	<link href="https://annebsollis.com/moite/index.php?article37/le-corps-comme-un-vetement"/>
	<id>urn:md5:07327e46b97406f27a2257d561d66cbd</id>
	<updated>2010-06-06T18:05:00+00:00</updated>
	<author><name>admin</name></author>
	<dc:subject>Confusion</dc:subject>
	<content type="html">&lt;em&gt;Académie Royale des Beaux Arts de Bruxelles, atelier de dessin, 2eme jour d&#039;accrochage.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Monsieur Massaert est passé voir mon accrochage dans la matinée, dans la pièce centrale, quand il a vu les petits formats photo-réalistes accrochés au fils il m&#039;a évoqué le fil comme un objet intime,le rapprochant du fil que l&#039;on a chez soi pour étendre le linge, il dit:&lt;br /&gt;
&quot;Tiens, je n&#039;avais jamais vu le corps comme un vêtement.&quot;</content>
</entry>
<entry>
	<title>Accrochage pour Jury ARBA</title> 
	<link href="https://annebsollis.com/moite/index.php?article34/accrochage-pour-jury-arba"/>
	<id>urn:md5:fe3af212d4a812a505cc6bb979bbdd23</id>
	<updated>2010-06-04T22:23:00+00:00</updated>
	<author><name>admin</name></author>
	<dc:subject>Accrochage</dc:subject>
	<content type="html">&lt;em&gt;ARBA, atelier de dessin. 2 jours d&#039;accrochage avant la présentation au jury de l&#039;ARBA&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/chapo/monstre_accrochage-chapo-blog.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;p&gt;Première question, quelle place prendre?
Bon il m&#039;en reste une, elle est en forme d&#039;escargot : on rentre par un bout, on s&#039;enroule autour d&#039;une pièce, &lt;em&gt;Cabinet&lt;/em&gt; dixit Monsieur M1, et on peut la prendre (la visite, l&#039;oeuvre) par les deux bouts.
Ca me va!&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je pose mes cartons à dessins, demain j&#039;accroche les fils nécessaires à mon accrochage. la pièce &quot;Cabinet&quot; me fait penser à une chambre à un &quot;Cubicle&quot; de pensionnat ou &quot;boxe&quot; en français. cette pièce est intime par volonté, ça sera le cœur, le début chronologique de mon travail mais pas le début du cheminement.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;une fois mes photos/dessins figuratifs de petits formats  placés au centre, je repense à mes plus grands formats. Et là, me revient l&#039;idée jamais avouée du &quot;Rêve du serpent&quot; : un corps démultiplié qui traverse différents temps et espaces tout en demeurant UN. Une sorte de voyage dans des temps différents, mais statique.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je décide d&#039;accrocher un bout du monstre, une reprise réalisée à la fin de l&#039;année, d&#039;une peinture d&#039;avant le mémoire : Gloria, autoportrait dont le corps est une coquille fissurée. Sauf que durant les critiques chez Monsieur M1, je n&#039;avais jamais lié la tête au corps, je n&#039;ai jamais dit que les parties-dessins montrées étaient un corps qui demandait une tête.Tant que je restais dans le morceau, ça me réussissait.&lt;em&gt;La tête ne va pas avec, n&#039;est-ce pas?  &lt;/em&gt;Dit Monsieur M1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/0f_gloria.jpg.tb&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
Une fois les bouts de monstre accrochés dans le 1er couloir face au cabinet, je me dis qu&#039;il faut un début, une fin à ce monstre, dans des médiums différents, je décide dans le week-end de l&#039;accrochage de le répèter afin que l&#039;idée du Rêve du Serpent prenne forme. Je trace les traits de Gloria sur papier calque d&#039;architecte jaune Canari grandeur réelle. J&#039;en fait un double papier, je travaille sur le calque, dessus, dessous, la morcelle en bandes. Elle fait penser à une sorte de parchemin, de carte d&#039;un autre temps, j&#039;aimerais qu&#039;elle accentue l&#039;idée de cheminement, de parcours au sein d&#039;un secret. Puis je travaille un nouvel exemplaire même format, au tracé simple d&#039;après vidéo projecteur sur trois papiers, car je n&#039;ai que ça de disponible au moment où je le fait. De cette Gloria en trois parties, je donne la tête à ma fille de trois ans pour qu&#039;elle la colorie. Gloria devint alors la cartographie du corps d&#039;une femme, &quot;vierge&quot; par le tracé simple au vidéo-projecteur et &quot;naive&quot; par les applats de couleurs de ma fille. C&#039;est ces deux Versions de Gloria à l&#039;horizontale qui accompagnaient le spectateur du Jury qui avait choisis d&#039;arriver au cabinet de dessins par la gauche du Labyrhinte, les autres ne les découvriraient que en sortant.</content>
</entry>
<entry>
	<title>Devoir pour Trémeau</title> 
	<link href="https://annebsollis.com/moite/index.php?article33/devoir-pour-tremeau"/>
	<id>urn:md5:1338b199027c9252cfa2b8e658fb852a</id>
	<updated>2010-05-29T23:39:00+00:00</updated>
	<author><name>admin</name></author>
	<dc:subject>Coquilles</dc:subject>
	<content type="html">&lt;em&gt;Schaerbeek, rendu du devoir à Trémeau.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/chapo/pensivite-chapo-blog.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class=&quot;post&quot;&gt;&lt;em&gt;Schaerbeek, J-2 avant le rendu du devoir à Trémeau.&lt;/em&gt;&lt;br&gt;

Exercice donné par Monsieur TT : &lt;br&gt;

&lt;em&gt;J&#039;ai choisi des auteurs qui se positionnent par rapport à d&#039;autres auteurs, choisissez un livre, lisez le et positionnez vous par rapport à lui.&lt;/em&gt;&lt;br&gt;&lt;br&gt;



J&#039;ai choisi le livre de &lt;strong&gt;Jacques Rancière&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;&quot;Le spectateur émancipé&quot;&lt;/strong&gt; et au sein de ce livre j&#039;ai isolé un chapitre intitulé &lt;strong&gt;&quot;L&#039;image pensive&quot;&lt;/strong&gt;.&lt;br&gt;&lt;br&gt;





Le terme seul faisait écho à mes travaux actuels et justifiait beaucoup de mes choix. Dès le début du chapitre, Rancière explique le titre de ce chapitre : &lt;br&gt;

&lt;em&gt;L&#039;expression &quot;image pensive&quot; ne va pas de soi. Ce sont les individus que l&#039;on qualifie à l&#039;occasion de pensifs. Cet adjectif désigne un état singulier : celui qui est pensif est &quot;plein de pensées&quot;, mais cela ne va pas dire qu&#039;il les pense. Dans la pensivité, l&#039;acte de la pensée semble mordu par une certaine passivité.&lt;/em&gt;&lt;br&gt;

 

Alors que à la lecture du titre du chapitre je me sentais &lt;em&gt;pleine de pensées&lt;/em&gt;, dès cette explication, &lt;em&gt;passive&lt;/em&gt; face à l&#039;intelligence de Rancière, je ne trouvais plus ma place dans l&#039;articulation de sa pensée, chacun de ses mots renforçait mes intuitions, mais  ses définitions me &lt;em&gt;mordaient&lt;/em&gt;, m&#039;excluant de l&#039;idée &lt;em&gt;d&#039;image pensive&lt;/em&gt;  à chacune de leurs ponctuations.&lt;br&gt;



J&#039;ai adhérée à tous les exemples donnés par Rancière lors de ce chapitre, mais je devais pour garder leur sens survoler certaines interprétations de l&#039;auteur. J&#039;ai lu à plusieurs reprises ce chapitre et à un moment pour comprendre une explication de Rancière j&#039;ai du m&#039;intéresser à un livre qu&#039;il prenait en référence : La chambre claire de Roland Barthes, c&#039;est la découverte de ce livre qui m&#039;a permis de me réapproprier l&#039;idée d&#039;image pensive.&lt;br&gt;&lt;br&gt;

Je ne peux décortiquer le chapitre de Rancière, ce serait une tentative maladroite de paraphraser un discours dont la construction m&#039;échappe, mais je peux dire à quoi m&#039;ont servi ses mots. Les extraits que j&#039;ai soulignés dans le livre m&#039;ont supportée et m&#039;aident encore à avancer dans mes intuitions cette année. J&#039;ai considéré les exemples choisis par l&#039;auteur comme des cousins bienveillants.&lt;br&gt; Voici une petite galerie de famille représentant moi et mes travaux dabord, puis ces cousins bienveillants, le contexte dans lequel je les ai rencontrés et quelques unes des considérations que j&#039;ai pour eux.&lt;br&gt;&lt;br&gt;



Cette année mon travail de dessin pour mon master traite du même sujet que mon mémoire : &lt;br&gt;



&lt;em&gt;TITRE : Moite, moite, moite.&lt;br&gt;



SUJET : Le cheveux comme support à la capillarité du songe.&lt;/em&gt;&lt;br&gt;

Travail sur la suggestion : ce que l&#039;on montre n&#039;est pas ce qui est. J&#039;ai cherché à tout prix cette année à éviter l&#039;illustration d&#039;une idée. Pour éviter que mes dessins subissent l&#039;empreinte de ma volonté, j&#039;ai choisis de dessiner d&#039;après des impressions papier de photos. Ces photos sont prises par un autre, ma seule volonté est dans le choix que je fais parmi ces photos, principalement ce sont des photos de parties de mon corps, je ne choisis pas des photos pour ce qu&#039;elles représentent mais pour leurs formes, leur composition, le stimuli qu&#039;elles procurent, aucune narration, juste des impressions indéterminées. Une fois la photo choisie, je la reproduis au bic 4 couleurs, les avantages de la contrainte du bic 4 couleurs : pas de palettes, pas de choix, je vois, je dessine, pas le temps de penser.&lt;br&gt;



C&#039;est le tremblement de la main, l&#039;indétermination du trait dans sa relation à l&#039;image photographique qui rend le travail intéressant, parce qu&#039;inattendu, voire improbable. &lt;br&gt;

Le flottement entre le sujet, le processus/procédé, et l&#039;impact doivent être mis en avant.&lt;em&gt;Monsieur M1&lt;/em&gt;&lt;br&gt;&lt;br&gt;





Dès le début du chapitre, Rancière en parlant d&#039;image pensive, semble définir le système que j&#039;ai mis en place :&lt;br&gt;

&lt;em&gt;Cette indétermination remet en cause l&#039;écart que j&#039;ai essayé de marquer ailleurs entre deux idées de l&#039;image : la notion commune de l&#039;image comme double d&#039;une chose et l&#039;image conçue comme opération d&#039;un art. Parler d&#039;image pensive, c&#039;est marquer à l&#039;inverse, l&#039;existence d&#039;une zone d&#039;indétermination entre pensée et non pensée, entre activité et passivité, mais aussi entre art et non-art.&lt;/em&gt;&lt;br&gt;&lt;br&gt;

Rancière choisit la photo comme exemple d&#039;image pensive à analyser, il s&#039;appuie sur les propos de &lt;strong&gt;Walter Benjamin&lt;/strong&gt; pour nous libérer de l&#039;aura de l&#039;image liée à l&#039;art et au culte religieux : 

&lt;em&gt;l&#039;image mécanique était pour lui l&#039;image qui rompait avec le culte, religieux et artistique de l&#039;unique.&lt;/em&gt;&lt;br&gt;



Ce rappel du propos de Benjamin m&#039;a éclairée sur le comportement des spectateurs face à mes dessins, je dessine  sur un papier découpé à la main proche du A4, et les tirages des photos faits sur papier ordinaire à l&#039;imprimerie de quartier ont tous une marge blanche. Dès mes premiers dessins j&#039;ai repris exactement les photos et j&#039;ai gardé la marge blanche. Pour ceux qui vivent dans notre société cette marge est familière, vous la retrouvez partout, photocopies, bordereaux de banque, prospectus. A chaque fois que je présente mes peintures à quelqu&#039;un, je sens le spectateur encombré de l&#039;aura dont parle Benjamin. Un public non averti n&#039;ose pas s&#039;approcher d&#039;une peinture, et si il le fait ce sera avec peur, et même un membre d&#039;une communauté avertie respectera un protocole avant d&#039;émettre un avis sur l&#039;œuvre accrochée, cette peur, ces protocoles empêchent l&#039;accès à des réactions spontanées. Avec mes dessins qui ressemblent à des photos, ces peurs ont sautées, quelque soit le contexte(chez moi, lors des critiques à l&#039;école) , j&#039;ai vu le public s&#039;approprier directement l&#039;image et me livrer spontanément son avis. &lt;strong&gt;Mon public doit être disponible pour rendre mes images pensives&lt;/strong&gt;.&lt;br&gt;

En dessinant les photos je fais  la culbute : je ne fais plus peur aux spectateurs, je profite de la pensivité de l&#039;image photographique, et le dessin leur redonne une aura d&#039;objet unique. &lt;br&gt;

Rancière après nous avoir mis dans le climat &quot;désarmant&quot; de l&#039;image mécanique, étayera sa réflexion avec une série d&#039;analyses d&#039;images, nous rappelant à chaque fois le contexte historique et social de la création et de la diffusion de ces images.&lt;br&gt;&lt;br&gt;



Je retrouve dans les exemples donnés par Rancière et surtout dans les définitions de l&#039;image pensive qu&#039;il en extrait des terrains dans lesquels je circule depuis toujours.&lt;br&gt;

Voici des passages que j&#039;ai retenus et que je confronte à mes dessins ou créations de cette année :&lt;br&gt;

Des photos de rues parisiennes faites par &lt;strong&gt;Eugène Atget&lt;/strong&gt;, Rancière dit :&lt;br&gt;



&lt;em&gt;du même coup elles se présentaient comme les pièces d&#039;une énigme à déchiffrer. Elles appelaient la légende, c&#039;est à dire le texte explicitant la conscience de l&#039;état du monde qu&#039;elles exprimaient.&lt;/em&gt;&lt;br&gt;

Mon travail est composé de fragments qui peuvent être additionnés, montés, sans ordre strict. D&#039;un accrochage à l&#039;autre les combinaisons ont changées, et à chaque nouvelle disposition de puzzle la pensivité émergente était différente, &lt;em&gt;appelant la légende, c&#039;est à dire le texte explicitant la conscience de l&#039;état du monde qu&#039;elle exprimait.&lt;/em&gt;&lt;br&gt;&lt;br&gt;

Paraphrasant des propos du livre de &lt;strong&gt;Barthes&lt;/strong&gt;, &quot;La chambre claire&quot;, Rancière dit :&lt;br&gt;

&lt;em&gt;...ramener le dispositif technique à un processus chimique et identifier le rapport optique à un rapport tactile...répudier tout savoir, toute référence à ce qui dans l&#039;image est l&#039;objet d&#039;une connaissance pour laisser se produire l&#039;affect du transport.&lt;/em&gt;&lt;br&gt;



Voici une phrase issu de mon blog(traduisez blog par  : moyen d&#039;écrire quotidiennement) : &lt;br&gt;

&lt;em&gt; Tu pars du fond, ça monte progressivement, tu ne sais pas ce que ça va donner, c&#039;est un principe de révélation.

 Mon travail, pourrait être comparé à celui d&#039;un laborantin, c&#039;est de l&#039;ordre de l&#039;expérience chimique à ce détail près : je suis distraite, je ne regarde pas chaque détail, j&#039;attends une matière.&lt;/em&gt;&lt;br&gt;&lt;br&gt;



En commentaire des images de La chambre claire Rancière dit :&lt;br&gt;

&lt;em&gt;matérialité des images...disproportion...détails...éléments détachables...court-circuit. &lt;/em&gt;Bon, ce sont des mots courts, mais ce n&#039;est pas parcequ&#039;ils sont petits qu&#039;il ne faut pas les considérer comme des cousins comme les autres. Nous reviendrons sur ce passage plus tard. &lt;br&gt;

Ces cousins là sont présents partout dans mon travail de cette année, je vous invite à voir mes dessins, j&#039;accroche le 4 juin à l&#039;école.&lt;br&gt;&lt;br&gt;



Décrivant des instants du roman de &lt;strong&gt;Flaubert&lt;/strong&gt;, &lt;em&gt;Madame Bovary&lt;/em&gt;, Rancière nous amène là :&lt;br&gt;

&lt;em&gt;Chacun des moments amoureux qui ponctuent &lt;em&gt;Madame Bovary&lt;/em&gt; est en effet marqué par un tableau, une petite scène visuelle : une goutte de neige fondue qui tombe sur l&#039;ombrelle d&#039;Emma, un insecte sur une feuille de nénuphar, des gouttes d&#039;eau dans le soleil, le nuage de poussière d&#039;une diligence. Ce sont ces tableaux, ces impressions fugitives passives qui déclenchent les événements amoureux. C&#039;est comme si la peinture venait prendre la place de l&#039;enchainement narratif du texte. Ces tableaux ne sont pas le simple décor de la scène amoureuse;ils ne symbolisent pas non plus le sentiment amoureux...C&#039;est bien plutôt un échange des rôles entre la description et la narration, entre la peinture et la littérature. Le processus d&#039;impersonnalisation peut se formuler ici comme l&#039;invasion de l&#039;action littéraire par la passivité picturale.&lt;/em&gt;&lt;br&gt;



Là nous nous trouvons au &quot;nerf de la guerre&quot; : L&#039;arrêt dans le temps, c&#039;est quelque chose que je cherche à approcher, ces instant insoupçonnés où tout est possible. J&#039;aime entendre &lt;strong&gt;Gilles Deleuze&lt;/strong&gt; qui lors d&#039;une conférence à la Fémis sur la créativité, bifurquant sur l&#039;oubli, évoquait le comportement des personnages de &lt;strong&gt;Dostoievski&lt;/strong&gt; :&lt;br&gt;

&lt;em&gt;Chez les personnages de Dostoievski ça peut être un petit détail. Dans les personnages de Dostoievski il se passe quelque chose de très curieux assez souvent. Généralement il sont très agités. Un personnage dit :&lt;br&gt;

&quot;Une telle, Tania, m&#039;appelle au secours, je cours, je cours, Tania va mourir si je n&#039;y vais pas.&quot;&lt;br&gt;

Il descend son escalier, et il rencontre un ami ou bien&lt;strong&gt; il voit un chien écrasé&lt;/strong&gt;, et il &lt;strong&gt;oublie complétement&lt;/strong&gt;, il &lt;strong&gt;oublie&lt;/strong&gt;, il &lt;strong&gt;oublie que Tania l&#039;attend en train de mourir&lt;/strong&gt;. Il se met à parler comme ça, il va prendre le thé chez un camarade, et puis tout d&#039;un coup il dit:&lt;br&gt;



&quot;Tania m&#039;attend, il faut que j&#039;y aille.&quot;&lt;br&gt;Qu&#039;est ce que ça veut dire? Chez Dostievsky les personnages sont perpétuellement pris dans des urgences de vie ou de mort, et en même temps qu&#039;ils sont pris dans des urgences, ils &lt;strong&gt;savent&lt;/strong&gt; qu&#039;il y a une &lt;strong&gt;question encore plus urgente&lt;/strong&gt;, ils ne savent pas laquelle et c&#039;est ça qui les &lt;strong&gt;arrête&lt;/strong&gt;. Il y a quelque chose de plus urgent que ce que je suis en train de faire, et je ne bougerai pas tant que je ne saurai pas! &lt;strong&gt;Il y a une question plus profonde&lt;/strong&gt;, qui est celle de &lt;strong&gt;l&#039;existence&lt;/strong&gt;.&lt;/em&gt;&lt;br&gt;&lt;br&gt;



Dernières citations des cousins chez Rancière, &lt;strong&gt;des&lt;/strong&gt; cousins car je lie ces trois exemples par les mots qu&#039;il en tire. Prenant comme exemple le travail d&#039;&lt;strong&gt;Abbas Kiarostami&lt;/strong&gt;, celui de &lt;strong&gt;Godard&lt;/strong&gt;, et celui de &lt;strong&gt;Fritz Lang&lt;/strong&gt;, Rancière me donne ces mots :&lt;em&gt; ...Ce sont les régimes d&#039;expression qui s&#039;entrecroisent et créent des combinaisons singulières d&#039;échanges, de fusions et d&#039;écarts....Ce silence est lui même un certain type de figuralité, une certaine tension entre des régimes d&#039;expression qui est aussi un jeu d&#039;échanges entre les pouvoirs de médiums différents....&lt;br&gt;Il crée une surface où toutes les images peuvent glisser les unes sur les autres....forme...attitude...geste arrêté....condenser une histoire en tableau...enclencher une autre histoire...fraternité des métaphores...double pouvoir de chaque image...multiplicité&lt;br&gt;



...articulé...enchainement narratif...métaphorisation infinie.&lt;/em&gt;&lt;br&gt;

Durant un week-end chez moi, j&#039;ai préparé l&#039;accrochage de la dernière critique de l&#039;année du cours de dessin de &lt;strong&gt;Monsieur M1&lt;/strong&gt;. Je dispose d&#039;un mur blanc de 6 mêtres de largeur, parallèlement auquel j&#039;ai tendu 5 longueur de fil de fer blanc à 7cm du mur. Cet équipement, complété par des pinces à linge permet une grande souplesse dans l&#039;exercice de montage.&lt;br&gt;

J&#039;ai déjà évoqué &lt;em&gt;ces fragments qui peuvent être additionnés, montés, sans ordre strict&lt;/em&gt;, je voulais retenir l&#039;essentiel de ce qui était né lors des montages précédents. Un par un, j&#039;ai reproduit la disposition des 3 accrochages précédents, puis pour essayer, pour jouer,j&#039;ai ôté des fragments, fait glisser les images, casser les figures pour laisser résonner chaque dessin. Mon mur est devenu une partition et chacune des images pouvait être prolongée d&#039;un blanc ou liée à une autre. Chaque déplacement &lt;em&gt;enclenchait une autre histoire.&lt;/em&gt;&lt;br&gt;

Puisque je suis dans l&#039;anecdote, je conclue celle-ci en précisant que ça a été la pire présentation de l&#039;année pour mes travaux. Ce que j&#039;avais retenu des mélodies créées chez moi sur les fils, une fois reproduites, épinglées dans le grand couloir de l&#039;école sont devenues rien, un grand silence plat.&lt;br&gt;

D&#039;un lieu à un autre &lt;em&gt;la pensivité des images&lt;/em&gt; s&#039;était évanouie, il semble qu&#039;elle soit sensible au contexte, mais je ne peux rien conclure, rien fixer, est ce que j&#039;ai déjà évoqué mon accrochage le 4 à l&#039;école, dans l&#039;atelier de Monsieur M1?&lt;br&gt;



Je viens de dire que je ne pouvais rien conclure, aussi vais-je juste placer le dernier cousin que j&#039;ai souligné dans le chapitre  &lt;em&gt;L&#039;image pensive &lt;/em&gt;de Rancière : &lt;em&gt;&lt;br&gt;J&#039;ai tenté de donner un contenu à cette notion de pensivité qui désigne dans l&#039;image quelque chose qui résiste à la pensée, à la pensée de celui qui l&#039;a produite et de celui qui cherche à l&#039;identifier.&lt;/em&gt;&lt;br&gt;

&lt;br&gt;

Je vais avoir besoin de plusieurs temps pour décrire la suite de mon expérience avec le chapitre de &lt;em&gt;L&#039;image pensive &lt;/em&gt;dans &lt;em&gt;Le spectateur émancipé &lt;/em&gt;de &lt;strong&gt;Jacques Rancière&lt;/strong&gt;.&lt;br&gt;

J&#039;ai dit, ci-dessus l&#039;usage que j&#039;avais fait de ce livre tout au long de l&#039;année et à quel point j&#039;étais attachée à ces &lt;em&gt;cousins &lt;/em&gt;que m&#039;avait révélés Rancière, mais j&#039;ai également dit que si j&#039;étais sensible aux mots qu&#039;il employait, la construction de son discours m&#039;échappait. Lors de mes lectures et mes relectures de ce chapitre à plusieurs reprises je me suis sentie comme un enfant qui essaye de lire pour la première fois un livre de grand, avec très peu d&#039;images et qui à chaque fois qu&#039;il est perdu, retourne vers les images, comme si, comme dans une bande dessinée, l&#039;image pouvait lui donner le sens de ce qui lui échappe dans le texte. Le spectateur émancipé contient huit images dont quatre dans le chapitre qui nous concerne, quatre planches flottant au milieu des courants et des ressacs de la pensée de Rancière. Je suis retournée cent fois sur ces images et entre autres très souvent sur la deuxième et la troisième(qui correspondent au moment ou je décrochais dans le livre).&lt;br&gt;



La semaine dernière j&#039;ai du entamer l&#039;écriture de mon devoir pour Monsieur TT, je savais que je n&#039;avais pas le droit de juste énumérer les mots que j&#039;aimais, et de dire que mes dessins étaient jolis. Aussi j&#039;y ai été, j&#039;y suis retournée, en voulant comprendre, et à chaque fois j&#039;échouais en face de la troisième image, pas désagréable en soi, c&#039;est une photo d&#039;un homme, assis, menottes aux poings, tendu entre ombre et lumière (j&#039;aimerais juste qu&#039;il me regarde, j&#039;en ai assez d&#039;être exclue). Dès que je baissais les yeux de l&#039;image au texte je tombais sur ces mots :&lt;br&gt;

&lt;em&gt;minée, la notion lacanienne de l&#039;objet partiel. Mais ce n&#039;est pas ici n&#039;importe quel objet partiel.&lt;/em&gt;&lt;br&gt;

Du coup je m&#039;accrochais à nouveau à ma planche.&lt;br&gt;

Le temps passait sans un mot d&#039;écrit, j&#039; ai voulu savoir de quoi parlait l&#039;image de ce garçon menotté. Cette photo ainsi que la précédente sont issues d&#039;un livre de &lt;strong&gt;Roland Barthes &lt;/strong&gt;, &lt;em&gt;La Chambre claire &lt;/em&gt;dans lequel d&#039;après Rancière,&lt;em&gt; Roland Barthes oppose la force de pensivité du &quot;punctum&quot; à l&#039;aspect informatif représenté par le studium. &lt;/em&gt;&lt;br&gt;



Barthes est cité à maintes reprises dans le chapitre de &lt;em&gt;L&#039;image pensive&lt;/em&gt;, et deux des quatre images sont issues de &lt;em&gt;La Chambre claire&lt;/em&gt;, pourtant Rancière dénonce la lecture de ces images faite par Barthes, mais ce que dénonce Rancière ne me semble pas important dans ces images, j&#039;ai l&#039;impression qu&#039;il se trompe de sujet. Concernant le garçon menotté, voici comment Rancière évoque la méprise de Barthes :&lt;br&gt;



&lt;em&gt;...Ce court-circuit est encore plus sensible dans un autre exemple de Barthes, la photographie d&#039;un jeune homme menotté. Ici la répartition du studium et du punctum est déconcertante. Barthes nous dit ceci: &quot;La photo est belle, le garçon aussi : ça c&#039;est le studium. Mais le punctum, c&#039;est : il va mourir. Je lis en même temps : cela sera et cela a été.&quot; Or rien sur la photo ne dit que le jeune homme va mourir. Pour être affecté de sa mort, il faut savoir que cette photo représente Lewis Payne, condamné à mort en 1965 pour tentative d&#039;assassinat du secrétaire d&#039;Etat américain.&lt;/em&gt;&lt;br&gt;

Dans cette photo ce que je vois, c&#039;est que le garçon est placé comme un objet de désir en face de moi, et en ne me regardant pas, il me blesse : Le manque.

Je ne connais pas Barthes, mais je veux savoir pourquoi il a choisi cette photo, et ce qu&#039;il en dit.&lt;br&gt;

Je vais sur internet, je tape &lt;em&gt;roland barthes chambre claire&lt;/em&gt; et je tombe sur une page destinée aux enseignants dont voici un extrait qui résume La Chambre claire :&lt;br&gt;

&lt;em&gt;De l’image photographique Barthes écrit qu’elle est de l’ordre de “ce qui a été une seule fois” et qui ne pourra plus se répéter “existentiellement”. Barthes cherche donc l’essence de la photographie du côté de l’irrévocablement perdu. Il venait de perdre sa mère à laquelle il était profondément lié, et sans elle la vie lui semblait “perdre son âme”, c’est-à-dire “sa qualité”. (p. 118) C’est à l’enseigne d’un deuil impossible à faire que s’écrit cet ouvrage sur la photo, que l’on ne pourrait pas qualifier d’essai ni d’écrit simplement autobiographique. Texte limite, mettant en cause les limites mêmes de la littérature.

Dans La Chambre claire, l’émotion se donne comme point de départ. Le sujet de l’écriture y est plus que jamais impliqué, et pourtant l’affect n’est jamais laissé à sa seule expression mais délicatement analysé. Ici c’est le trouble, la perte, le vacillement du désir qui sont en jeu, et l’auteur s’y dit à la première personne.&lt;/em&gt;&lt;br&gt;

En quatre lignes dans un article sur le net, j&#039;apprends ce que ne m&#039;avait pas dit Rancière : La mère de Barthes est morte, il est plein de tristesse au moment ou il écrit &lt;em&gt;La chambre claire&lt;/em&gt; et c&#039;est ce qu&#039;il écrit.&lt;br&gt;

Je suis retournée voir les photos en essayant d&#039;imaginer pourquoi il avait choisi ces images.&lt;br&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/pensivite2web.jpg&quot; alt=&quot;&quot;&gt;&lt;br&gt;



Le jeune homme menotté : Nouveau regard, d&#039;autres éléments et sentiments apparaissent, je ressens une nostalgie à cause du décor et de la photo en noir et blanc, la photo est partagée en deux, un côté ombre, un côté lumière, le jeune homme est beau et menotté, ce qui le place comme un objet de désir, mais il ne me regarde pas alors que je suis juste en face de lui. Je pense que Barthes ne parle pas du garçon sur la photo, mais de lui en face de ce garçon et de sa tristesse de ne pas( plus?) être considéré par l&#039;être désiré.

J&#039;enchainais ma nouvelle lecture avec l&#039;autre photo, j&#039;avais évité de trop m&#039;accrocher à cette planche depuis le début parce que les mots de Barthes que reprenait Rancière pour la décrire la rendait glissante, voire repoussante :&lt;br&gt;&lt;em&gt;Barthes écrit&quot;Je ne vois guère les têtes monstrueuses et les profils pitoyables(cela fait partie du &#039;studium&#039;);ce que je vois [...], c&#039;est le détail décentré, l&#039;immense col Danton du gosse, la poupée au doigt de la fille.&quot; &lt;/em&gt;Or en n&#039;évoquant que cette partie de la description de l&#039;image, Rancière me faisait remarquer les têtes monstrueuses, et je ne pouvais y voir autre chose. Et au lieu de me renseigner sur l&#039;état de Barthes, Rancière me décrit le contexte de prise de vue.&lt;br&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/pensivite1web.jpg&quot; alt=&quot;&quot;&gt;&lt;br&gt;

Eclairée par la situation de Barthes au moment où il choisit cette photo, mon regard change. Et je vois tout de suite Barthes et sa mère. La &quot;fille&quot;(le terme fille est employé mais leur physionomie nous empêche de déterminer un age, ils sont vieux et enfants à la fois), semble deux fois plus grande que le garçon ce qui donne plusieurs impressions : elle voit plus loin que lui, il semble qu&#039;il ait les yeux fermés, elle le domine et sa tête dépasse la frontière des arbres, elle est dans le ciel. Ils sont liés étroitement par leur isolement dans un paysage désolé, ce qui crée une idée de couple indéfectible entre eux ou de trésor/secret à transporter. Ils allaient dans le même sens, mais ils sont immobiles, ils ont cessé d&#039;avancer. &lt;br&gt;

Deux autres détails qui étaient repris par Rancière et que je n&#039;avais pas compris jusque là, prennent tout leur sens :&lt;br&gt;

&lt;em&gt;l&#039;immense col Danton du gosse, la poupée au doigt de la fille&lt;/em&gt;Rancière dit que si Barthes a retenu ces éléments &lt;em&gt;c&#039;est manifestement pour leur qualité de détails, c&#039;est à dire d&#039;éléments détachables.&lt;/em&gt;&lt;br&gt;

Encore une fois je retiens les mots de Rancière mais je les utilise dans un autre sens, voici ce que je vois : j&#039;utilise la pente du grand col du petit homme je trace une droite vers la poupée qui est au bout du doigt de la grande fille et je vois une laisse invisible, le trait d&#039;herbe qui les sépare nous montre le lien absent, le seul lien qui reste est l&#039;ombre du garçon qui se glisse sous les jupes de la fille/mère.&lt;br&gt;

Rancière continue de commenter les mots de Barthes en ces termes :&lt;br&gt;&lt;em&gt;Il nous est difficile de décider, sur une vue de profil, si le col du petit est bien ce que les chemisiers appellent un col Danton. Il est sur en revanche que le nom de Danton est celui d&#039;une personne décapitée. Le &quot;punctum&quot; de l&#039;image, c&#039;est en fait la mort qui est évoquée par le nom propre de Danton.&lt;/em&gt;&lt;br&gt;



Je remercie encore Rancière pour son attachement aux mots et à leur sens historique, et si je replace cette idée dans l&#039;image, je vois un petit garçon dont la tête est séparée du corps par un costume trop grand pour lui.&lt;br&gt;

Cette intuition, je n&#039;avais pas le droit de la soutenir sans avoir  le livre de Roland Barthes.&lt;br&gt;

J&#039;achète le livre de Roland Barthes, tout y est. Merde, mais quel bonheur! Du coeur, des tripes, de l&#039;humour, c&#039;est bon...&lt;br&gt;

Dès le début de ma lecture, je vois que Roland Barthes ne parle pas de raison, mais de sentiments.&lt;br&gt;

Concernant l&#039;image de la mère et du fils tout est confirmé de la vision que j&#039;en ai eue, je compléterai juste par la phrase de Barthes qui accompagne la photo: &lt;br&gt;&lt;em&gt;moi aussi , des deux enfants débiles d&#039;une institution du New Jersey (photographiés en 1924 par Lewis H.Hine), je ne vois guère les têtes monstrueuses et les profils pitoyables (cela fait partie du studium);ce que je vois, tels les noirs d&#039;Ombredane, c&#039;est le détail décentré, l&#039;immense col Danton du gosse, la poupée au doigt de la fille; &lt;strong&gt;je suis un sauvage, un enfant-ou un maniaque;je congédie tout savoir, toute culture, je m&#039;abstiens d&#039;hériter d&#039;un autre regard.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br&gt;

C&#039;est un cri, il chasse toute raison. Ce que je découvre dans le bout de phrase que ne nous citait pas Rancière c&#039;est que ce regard qui était au dessus de lui enfant, il n&#039;en veut pas d&#039;autre. En regardant à nouveau l&#039;enfant sur la photo, je vois Roland, encombré de son costume d&#039;adulte, de son statut de référence à raisons, il est triste, et sa raison ne fait qu&#039;étouffer ses sentiments d&#039;enfant, de quand sa mère était là. Pour moi le col Danton c&#039;est ça, l&#039;age et le statut qu&#039;il ne veut plus avoir parce qu&#039;ils décapitent sa tête d&#039;enfant, l&#039;age où sa mère était là.&lt;br&gt;

Rancière ampute le texte de Barthes de ceci : &lt;em&gt;je suis un sauvage, un enfant-ou un maniaque;&lt;strong&gt;je m&#039;abstiens d&#039;hériter d&#039;un autre regard&lt;/strong&gt;.&lt;/em&gt;&lt;br&gt;



Si il m&#039;avait laissé ces mots, et donné le contexte dans lequel Barthes a écrit ce livre, l&#039;idée &lt;em&gt;d&#039;image pensive&lt;/em&gt; que défend Rancière aurait été enrichie de ce que nous avoue Roland Barthes.&lt;br&gt;

Roland Barthes avait prévu que son livre serait décrié par ses lecteurs habituels, il s&#039;adresse à eux à plusieurs reprises : &lt;br&gt;

&lt;em&gt;car moi, je ne voyais que le référent, l&#039;objet désiré, le corps chéri;mais une voix importune (la voix de la science) me disait alors d&#039;un ton sévère : &quot;Reviens à la Photographie. Ce que tu vois là et qui te fait souffrir rentre dans la catégorie &#039;Photographie d&#039;amateurs&#039;.&quot;.&lt;/em&gt;&lt;br&gt;

Dans la phrase : &lt;em&gt;je m&#039;abstiens d&#039;hériter d&#039;un autre regard.&lt;/em&gt;&lt;br&gt;

J&#039;entends une interdiction de Roland Barthes, il ne veut pas que nous interprétions ce qu&#039;il vient de nous donner, la substance de son message est dans le manque, chercher à combler ce manque par des mots supplémentaire c&#039;est gâcher cette substance, ce que j&#039;ai fait en interprétant sa vision des deux images reprise par Rancière, mais à l&#039;époque où je l&#039;ai fait, je n&#039;avais pas lu La Chambre claire. Rancière lui l&#039;avait certainement lue, alors pourquoi outrepasse-t-il les requêtes de Barthes? Parce qu&#039;il ne les a pas comprises? Ou peut-être désire-t-il tellement faire entrer la notion d&#039;&lt;em&gt;image pensive&lt;/em&gt; dans une explication globale qui fait systématiquement référence au monde social, politique, qu&#039;il force ses sources à entrer dans le moule dont il a besoin, quitte à amputer ses sources de leur essence.&lt;br&gt;



Un autre avertissement que Rancière n&#039;a pas perçu, pourtant clairement donné par Barthes :&lt;br&gt;

 &lt;em&gt;la phtographie de l&#039;Operator était liée au contraire à la vision découpée par le trou de la serrure de la camera obscura. Mais de cette émotion là(ou de cette essence) je ne pouvais parler, ne l&#039;ayant jamais connue;je ne pouvais rejoindre la cohorte de ceux qui traitent de la photo-celon-le-Photographe. Je n&#039;avais à ma disposition que deux expériences : celle du sujet regardé et celle du sujet regardant.&lt;/em&gt;&lt;br&gt;

Rancière quand il évoque les photos choisies par Barthes, donne systématiquement au lecteur le contexte dans lequel le photographe les a prises, alors que Barthes les a choisies en tant que sujet regardant.&lt;br&gt;

Dans la première partie de ce devoir, j&#039;ai cité beaucoup de phrases de Rancière, pour équilibrer mon devoir du côté de La Chambre claire, je veux poser ici un extrait que j&#039;aime de Barthes citant Blanchot :&lt;br&gt;

&lt;em&gt;Car, du point de vue du regard, &quot;L&#039;essence de l&#039;image est d&#039;être toute dehors, sans intimité, et cependant plus inaccessible et mystérieuse que la pensée du for intérieur;sans signification, mais appelant la profondeur de tout sens possible;irrévélée et pourtant manifeste, alliant cette présence absence qui fait l&#039;attrait et la fascination des sirènes.&quot;&lt;strong&gt;Blanchot&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br&gt;

&lt;br&gt;

Il me semble que le manque est inhérent à &lt;em&gt;l&#039;image pensive&lt;/em&gt;. Dans le spectateur émancipé c&#039;est cette idée de manque qui m&#039;a manquée.

&lt;/div&gt;</content>
</entry>
<entry>
	<title>Idée de devoir pour Trémeau.</title> 
	<link href="https://annebsollis.com/moite/index.php?article31/devoir-pour-tremeau"/>
	<id>urn:md5:a02ae4c53ff00a89a8fc866cd3e47c67</id>
	<updated>2010-05-18T11:31:00+00:00</updated>
	<author><name>admin</name></author>
	<dc:subject>Accrochage</dc:subject>
	<content type="html">&lt;em&gt;Schaerbeek, appartement matin.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/chapo/ideepensivite-chapo-blog.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;Dans le devoir pour madame M., j&#039;évoque le fragment de cours de monsieur M1. à propos des représentations de Saint-Sébastien, les flèches qui épinglent le corps, je pense à Christopher Walken criblé de balles dans &quot;Heaven&#039;s Gate&quot;, puis mes dessins de représentations de photos, de fragments de mon corps, accrochés par des pinces au fil de fer blanc le long du mur du salon.&lt;br /&gt;
Chaque pince rappelle que ce que l&#039;on voit est un papier accroché sur un fil de fer, le fil de fer est écarté du mur et l&#039;ombre portée sur le mur et le volume qui se crée ainsi nous ramène à l&#039;objet.&lt;br /&gt;
Le &quot;regardeur&quot;(viewer), face à l&#039;objet dessiné au bic, a la liberté de se projeter dans le dessin.</content>
</entry>
<entry>
	<title>devoir pour madame M.</title> 
	<link href="https://annebsollis.com/moite/index.php?article30/devoir-pour-madame-m"/>
	<id>urn:md5:072aa52ca67ae777b118cd4dd592a215</id>
	<updated>2010-05-18T10:36:00+00:00</updated>
	<author><name>admin</name></author>
	<dc:subject>Révélation</dc:subject>
	<content type="html">&lt;em&gt;Appartement, Schaerbeek, plus ou moins le 18 mai.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/chapo/coiffemathias-chapo-blog.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;body dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;max-width:21.001cm;margin-top:2cm; margin-bottom:2cm; margin-left:2cm; margin-right:2cm; &quot;&gt;&lt;p class=&quot;P3&quot;&gt;Vendredi 21 mai  2010.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P4&quot;&gt;Devoir  pour Madame M. &lt;span class=&quot;T1&quot;&gt;(11 pages)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P1&quot;&gt; &lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P1&quot;&gt;Les écrits qui suivent sont issus du blog d&#039;AnneBSollis : Moite, moite, moite. Ce blog a été utilisé comme moyen d&#039;écriture, les commentaires ont été écrits par Anne Beigbeder(admin) ou utilisé pour citer des auteurs. A ce jour, ce blog n&#039;est pas public. &lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P1&quot;&gt;Avertissement : certains des articles ont été écrits après la date signalée dans leur entête. La date des commentaires est toujours réelle.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P1&quot;&gt; &lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P2&quot;&gt;------------------------------------------------------------------&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P1&quot;&gt; &lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P1&quot;&gt;01/01/08&lt;/p&gt;&lt;h2 class=&quot;P11&quot;&gt;&lt;a id=&quot;a__Intro-Vrac_intemporel&quot;&gt;&lt;span/&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/?article2/intro-vrac-intemporel&quot;&gt;Intro-Vrac intemporel&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;&lt;p class=&quot;P6&quot;&gt;Classé dans : &lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/?categorie5/introduction&quot;&gt;Introduction&lt;/a&gt; | 0 commentaire(s)&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P1&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Emphasis&quot;&gt;&lt;em&gt;Dans la vie en général.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/moite_01.jpg.tb&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;



&lt;/span&gt;J&#039;ai un problème avec la pensée, j&#039;ai une croyance :&lt;br /&gt;

 si je veux consciemment quelque chose, je ne l&#039;obtiens pas, par contre si je me laisse porter, j&#039;arrive à mes non-fins.&lt;br /&gt;

&lt;em&gt;Oui, je sais bien il y a des gens très forts qui tracent des plans, organisent d&#039;avance des itinéraires d&#039;existence et les suivent; il est même entendu, si je ne me trompe, qu&#039;avec de la volonté on arrive à tout; je veux bien le croire, mais, moije le confesse, je n&#039;ai jamais été ni un homme tenace, ni un auteur madré. Ma vie et ma littérature ont une part de passivité, d&#039;insu, de direction hors de moi très certaine.&lt;br /&gt;

&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;Huysmans&lt;/strong&gt;, A rebours.&lt;br /&gt;



Capricorne&lt;br /&gt;

Ce qui vous stimulera en 2010 :&lt;br /&gt;

Le feu de bois, le violet, la bruyère sur la lande et l&#039;odeur de la tourbe mouillée.&lt;br /&gt;

&lt;strong&gt;Messager boiteux de Strasbourg&lt;/strong&gt;, almanach 2010, 195e année. &lt;/p&gt;&lt;!--Next &#039;div&#039; was a &#039;text:p&#039;.--&gt;&lt;div class=&quot;P1&quot;&gt; &lt;!--Next &#039;div&#039; is emulating the top hight of a draw:frame.--&gt;&lt;!--Next &#039;div&#039; is a draw:frame.--&gt;&lt;div style=&quot;height:2.646cm;width:3.651cm; float:left; padding:0; position:relative; left:0cm; &quot; class=&quot;fr1&quot; id=&quot;images1&quot;&gt;&lt;img style=&quot;height:2.646cm;width:3.651cm;&quot; alt=&quot;&quot; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;clear:both; line-height:0; width:0; height:0; margin:0; padding:0;&quot;&gt; &lt;/div&gt;&lt;p class=&quot;P1&quot;&gt;01/07/09&lt;/p&gt;&lt;h2 class=&quot;P11&quot;&gt;&lt;a id=&quot;a__Le_mémoire_&quot;&gt;&lt;span/&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/?article29/le-memoire&quot;&gt;Le mémoire.&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;&lt;p class=&quot;P6&quot;&gt;Classé dans : &lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/?categorie6/revelation&quot;&gt;Révélation&lt;/a&gt; | 1 commentaire(s)&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P1&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Emphasis&quot;&gt;Bruxelles, bar du soleil, début d&#039;après midi.&lt;/span&gt;&lt;br/&gt;J&#039;ai retrouvé mon secrétaire au bar du soleil avec les papiers nécessaires à l&#039;inscription en Master à l&#039;Arba.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;Secrétaire&lt;/span&gt;: Ca consiste en quoi un master?&lt;br/&gt;&lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;Anne&lt;/span&gt;: Dans mon cas ça devrait parler de mon travail, définir ses thèmes.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Définir les thèmes de ma peinture, voilà, voilà...&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J&#039;ai toujours écrit des &quot;impressions&quot; qui me semblaient liées à ma peinture, mais rien que je puisse présenter à côté d&#039;elles sans embrouiller le message, rien de construit.&lt;br/&gt;L&#039;an dernier, j&#039;ai eu prétexte pour exprimer autrement que par la peinture mes &quot;thèmes&quot;: Une exposition personnelle, &quot;Blue bruise&quot;.&lt;br/&gt;Pour l&#039;exposition Blue Bruise j&#039;avais présenté mes peintures et une vidéo, les séries étaient nommées: Femmes, Crucifixion, Carne et Cosas.&lt;br/&gt;Voici le texte qui décrivait l&#039;expo:&lt;br/&gt;&lt;span class=&quot;Emphasis&quot;&gt;&quot; Le corps est au cœur des peintures. Toiles voraces, cannibales, sœurs bafouées, elles se regardent et se jugent, évaluant leurs chances de survie, Elles se répondent alors et semblent faire partie d&#039;une même pièce de théâtre. &quot;&lt;/span&gt;&lt;br/&gt;Chacune de ces séries aurait pu être présentée seule sans trahison, mais l&#039;opportunité de les regrouper en un lieu et de les placer dans un cheminement m&#039;excitait.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;4 peintures de femmes&lt;/span&gt;, peintes d&#039;après photos ou dans un cas, de dessin de photo: &lt;br/&gt;-1 strip-teaseuse en chien de fusil, d&#039;une couverture de playboy.&lt;br/&gt;-une femme allongée, photographiée par Araki. Que j&#039;ai utilisée pour deux peintures.&lt;br/&gt;-un dessin que j&#039;avais fait dix ans auparavant à partir d&#039;une photo du buste de Zoia, espionne russe condamnée à mort par les Nazis, et dont le corps avait été exhibé sur la place publique.&lt;br/&gt;Ces photos ont en commun le fait qu&#039;elles soient des photos de femmes prises par des hommes. J&#039;ai transformé ces poses figées désirées par ces hommes, en sas dans lequel le temps est en suspens.&lt;br/&gt;Dans le cas de celle d&#039;Araki et de la couverture de Playboy, les femmes &lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;posent&lt;/span&gt;, mais dans le cas de Zoia, elle est &lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;morte&lt;/span&gt;, &lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;figée&lt;/span&gt; par le froid depuis quinze jours au moment de la photo. Or de ces photos, celle dont la charge érotique est la plus forte est celle de Zoia, le froid, figeant la position de la pendaison, a conservé sa cambrure, son visage est doux, comme pacifié après la lutte.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;Crucifixion&lt;/span&gt;, un triptyque de tableaux de 2X2m. Je ne peux décrire avec des verbes ce tableau, elles est porteuse de plusieurs sens, plusieurs images. Cette crucifixion n&#039;était pas clairement composée d&#039;hommes accrochés à des croix. Plutot des femmes que l&#039;on devinait au travers de taches de couleur.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;Carne&lt;/span&gt;, une reprise de mes derniers travaux d&#039;école, j&#039;avais demandé à ma mère de m&#039;envoyer des photos de la revue National géographic, j&#039;avais besoin de &lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;&quot;vivant&quot;&lt;/span&gt;.&lt;br/&gt;Quand j&#039;ai repris ces peintures, peu avant Blue Bruise, je leur ai fait peau neuve, en les désincarnant, je gardais leur enveloppe, puis les assemblais en vol. J&#039;ai utilisé du papier d&#039;architecte jaune translucide pour leur peau, ce qui donnait une impression de membrane que j&#039;ai collée avec des taches de peinture rouge cramoisi, comme une coagulation qui signifiait la guérison.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;Cosas&lt;/span&gt;, d&#039;après photos d&#039;autoportraits de baisers, dessinées en cheveux.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Et enfin, &lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;Nonchaland&lt;/span&gt;, une vidéo en stop-motion. Projetée sur le plafond d&#039;un lit à baldaquin, la projection démarrait quand une ou plusieurs personnes s&#039;allongeaient sur le lit.&lt;br/&gt;En plongée, dans un cadre blanc comme le bord d&#039;un polaroid mais en mouvement, une femme nue dans l&#039;herbe, mime la décomposition d&#039;une chute. &lt;br/&gt;En vue subjective, dans un jardin nous suivons un adolescent androgyne, Hadrien, en peignoir noir. Il remonte du fond du jardin vers la maison, il remonte le jardin comme on remonte au vent en tirant des bords, indifférent, il croise sur son chemin, 4 peintures de femmes (citées ci-dessus), après la quatrième posée au seuil de la maison, il disparait de l&#039;image en s&#039;introduisant dans la maison. Nous entrons à notre tour, cherchant notre chemin, et nous arrêtons dans la cuisine où nous retrouvons le jeune homme assis, une mère à ses côté qui tient un bébé(une petite fille) dans les bras.&lt;br/&gt;Un texte écrit pour cette vidéo passait en générique sur la tête de ma fille :&lt;br/&gt;&lt;span class=&quot;Emphasis&quot;&gt;Idoles.&lt;br/&gt;Souveraines. Femelles. Entrailles rubis. Parcours du corps comme jardin labyrinthique. &lt;br/&gt;A la recherche du douloureux mystère intérieur, suis-je telle que l&#039;on me voit ou suis-je une autre, suis-je purement physique ou celle de mon passé. &lt;br/&gt;Je suis mes ailes.&lt;br/&gt;Découpez-moi en tranchant mon intimité, vous ne vous rendrez qu&#039;à l&#039;évidence. Ce que je suis n&#039;est que couleurs, rêve, un exemplaire de l&#039;éternité incarnée. Les cheveux longs par désir, les cheveux courts par envie. Ce que je vous offre n&#039;est qu&#039;un espoir d&#039;être Celle-là.&lt;br/&gt;Je suis devant vous comme je suis dans le monde et si je vous fais peur, c&#039;est que vous portez la frayeur. Je suis à chacune de mes respirations, un risque potentiel, malgré tout il faudrait que vous refusiez de me voir pour cesser de vivre, pour vous amputer. Souvent vos yeux trahis m&#039;usent. Je ne désire pas vous connaître, je m&#039;expose à vous uniquement. &lt;br/&gt;Gardez mon secret.&lt;br/&gt;Perdita Durango.&lt;/span&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ce qui liait, le thème récurrent à toutes mes peintures : l&#039;arrêt dans le temps, le besoin d&#039;une douleur pour marquer la nécessité d&#039;un renouveau, pour que des possibles différents existent.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;Secrétaire&lt;/span&gt;: Notre parcours n&#039;a pas de fin, on s&#039;arrête un instant, digère ce qui vient de se passer, puis on prend une nouvelle direction poussé par le pet de cette digestion. &lt;/p&gt;&lt;h2 class=&quot;P11&quot;&gt;&lt;a id=&quot;a__Commentaires&quot;&gt;&lt;span/&gt;&lt;/a&gt;Commentaires&lt;/h2&gt;&lt;!--Next &#039;div&#039; was a &#039;text:section&#039;.--&gt;&lt;div class=&quot;Sect1&quot; id=&quot;c1274255336-1&quot;&gt;&lt;p class=&quot;P9&quot;&gt;Le 19 mai 2010 &lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/&quot;&gt;admin&lt;/a&gt; à dit :&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P9&quot;&gt;Je n&#039;ai pas été au bout de l&#039;intuition qui me guidait à l&#039;époque, il y avait dans cette exposition quelque chose de masqué.&lt;br/&gt;Pour reprendre un exemple dans cette exposition : Les femmes. J&#039;ai détourné les poses des femmes de leur première fonction, en les changeant d&#039;échelle(du magazine au 2mpar2m), puis profitant de cet instant je les ai rempli d&#039;autres matières.&lt;br/&gt;La strip-teaseuse accroupie devint &quot;Fuite&quot;, le modèle d&#039;Araki &quot;La femme à la carotte&quot; et &quot;La femme au papillon&quot;, et le buste de Zoia &quot;L&#039;ange&quot;. Ces femmes peintes semblaient avoir changé d&#039;état elles étaient devenues liquide, gazeuse, poudreuse.&lt;br/&gt;Voici mon cheminement dans la création de ces toiles, entendre que le peintre a sublimé l&#039;image aurait peut-être permis au spectateur de s&#039;approprier cette vision, alors que en les donnant tel quel dans un cube, je l&#039;enfermais dans ma vision sans lui laisser une chance de comprendre.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P9&quot;&gt;Certaines des toiles présentées avaient été peintes 4 ans avant cette exposition, mon dialogue avec ces toiles était passé, je ne les assumais plus, et pour que l&#039;idée de création existe à nouveau je les ai mises en scène, je les ai re-mystifiées en les plaçant dans un décor... avec un éclairage réalisé par un professionnel du spectacle &quot;vivant&quot;.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Tout ce qui j&#039;ai voulu donner par les choix de mise en scène de Blue Bruise peut être éclairci aujourd&#039;hui par ces notes prises durant un cours de la théorie de la communication et de la narrativité de l&#039;image, donné par madame M. cette année :&lt;br/&gt;&quot;Titre du cours : autoportrait prophétique.&lt;br/&gt;&quot;Présence : faire un avec le vivant, est-ce possible d&#039;arrêter d&#039;être dans la représentation?&lt;br/&gt;Traduire la vision de la vision d&#039;un autre(Martyre des dix mille).&lt;br/&gt;Critique du simulacre pour dire la suprématie du vivant sur le mort. &lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;Platon&lt;/span&gt;.&lt;br/&gt;C&#039;est la question de l&#039;âme qui est essentielle, la connexion avec le Vivant, dans la présence, dans l&#039;instant. &lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P9&quot;&gt;Comment échapper au piège de la représentation, ce qui m&#039;amène à la cette question : comment concevoir un corps qui ne soit pas une image du corps.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class=&quot;P6&quot;&gt;16/09/09&lt;/p&gt;&lt;h2 class=&quot;P11&quot;&gt;&lt;a id=&quot;a__Introduction_à_Monsieur_R_&quot;&gt;&lt;span/&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/?article4/introduction-a-monsieur-ruelle&quot;&gt;Introduction à Monsieur R.&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;&lt;p class=&quot;P6&quot;&gt;Classé dans : &lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/?categorie5/introduction&quot;&gt;Introduction&lt;/a&gt; | 1 commentaire(s) &lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P1&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Emphasis&quot;&gt;Académie Royale des beaux Arts de Bruxelles, atelier peinture.&lt;/span&gt;&lt;br/&gt;Je demande à une étudiante si je peux rencontrer le professeur du département peinture, elle me désigne Monsieur R..&lt;br/&gt;Monsieur R. connaissait mon nom, c&#039;est lui qui devait présenter ma demande aux autres professeurs, il semblait gêné : il ne connaissait pas mon travail.&lt;br/&gt;-Pourriez me montrer des documents visuels?&lt;br/&gt;Monsieur R. me donne rendez vous dans l&#039;après-midi pour que je lui montre mon travail. Je pars à Schaerbeek, prend mon site internet sur un ordinateur, une peinture roulée de 2m par 2m (l&#039;ange), le métro.&lt;br/&gt;Je retrouve Monsieur R., qui me dit que ce n&#039;est pas la peine de déballer l&#039;ange :&lt;br/&gt;- Ça va être compliqué de le renrouler,&lt;br/&gt;j&#039;insiste :&lt;br/&gt;- Si, si, si,&lt;br/&gt;- Non, non, non.&lt;br/&gt;Bon. J&#039;ouvre l&#039;ordinateur, et lui montre mes peintures en bredouillant des commentaires débiles :&lt;br/&gt;- Ca, c&#039;est un papillon...&lt;br/&gt;Au bout de trois peintures, très gentillement il m&#039;interrompt :&lt;br/&gt;-Bon, les peintures ça va, elles sont ce qu&#039;elles sont, je vois. Mais, quelles sont vos motivations? Pourquoi est-ce que vous voulez faire un master à l&#039;Académie Royale des Beaux Arts de Bruxelles? C&#039;est pour le diplôme? Est ce que vous nous connaissez?&lt;br/&gt;Je pensais être jugée sur mes peintures et il m&#039;interrogeait sur mes motivations.&lt;br/&gt;-Oui mais pas seulement, pour l&#039;échange.&lt;br/&gt;-Est-ce que vous avez une idée de vos thèmes de recherche?.&lt;br/&gt;Je sentais que j&#039;étais en train de le perdre.&lt;br/&gt;-Oui, oui, bien sur : Le corps, les cheveux, l&#039;intime.&lt;br/&gt;-Bon, d&#039;accord, renseignez vous sur qui nous sommes, nous éditons une revue qui s&#039;appelle &quot;La part de l&#039;œil&quot;, le numéro 11 s&#039;appelle : Médecine et arts visuels, Madame M. a écrit sur le corps, moi, mon travail porte sur le handicap.&lt;br/&gt;J&#039;avais une semaine pour les connaitre, définir ma recherche et désigner ceux qui me dirigeraient. &lt;/p&gt;&lt;!--Next &#039;div&#039; was a &#039;text:section&#039;.--&gt;&lt;div class=&quot;Sect1&quot; id=&quot;comments&quot;&gt;&lt;h2 class=&quot;Heading_20_2&quot;&gt;&lt;a id=&quot;a__Commentaires&quot;&gt;&lt;span/&gt;&lt;/a&gt;Commentaires&lt;/h2&gt;&lt;!--Next &#039;div&#039; was a &#039;text:section&#039;.--&gt;&lt;div class=&quot;Sect1&quot; id=&quot;c1271517634-1&quot;&gt;&lt;p class=&quot;P9&quot;&gt;Le 17 avril 2010 &lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/&quot;&gt;admin&lt;/a&gt; à dit :&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P9&quot;&gt;Je suis sortie, je me suis assise dans un bar et j&#039;ai pleuré. Après quoi j&#039;ai fait ce que m&#039;avait dit Monsieur R., je me suis renseignée sur qui ils étaient, j&#039;ai pris un numéro de La Part de l&#039;Oeil sur Georges Bataille, un de mes auteurs de prédilection, un numéro sur l&#039;art et la médecine, à la lecture de ceux-ci, j&#039;ai réalisé que j&#039;avais affaire à des vrais intellectuels. Puis j&#039;ai regardé dans les yeux mon secrétaire et lui ai dit que nous avions une semaine pour définir mes thèmes de recherche. Nous avons repris cet exercice là où nous l&#039;avions laissé lors de mon inscription au début de l&#039;été : L&#039;océan des possibles. Cette fois-ci les thèmes s&#039;affinaient, se précisaient, aiguillés par la personnalité de ceux dont je venais d&#039;apprendre l&#039;existence, ce que je lisais de leurs écrits m&#039;apparaissait comme des enseignes lumineuses :&lt;br/&gt;&quot;Au delà de la RESSEMBLANCE dans la REVERSIBILITE,&lt;br/&gt;BASCULEMENT ET INSTANT,&lt;br/&gt;RENVERSEMENTS REFLETS,&lt;br/&gt;INVERSER, DOUBLURE, décliné, dédoubler,&lt;br/&gt;&quot;In ictus oculi&quot;&lt;br/&gt;Le temps d&#039;un clin d&#039;œil correspond à l&#039;instant du basculement.(de la mort à la vie, de la vie à la mort).&lt;br/&gt;Ni mas. Ni menos. Double basculement de la vie à la mort, de la mort à la résurrection.&lt;br/&gt;MISE EN ABIME qui s&#039;ouvre sur des PASSAGES.&lt;br/&gt;RENVERSEMENTS.&lt;br/&gt;DEPLIER. DECLINER.&lt;br/&gt;REVERSIBILITE ANIMALE.&lt;br/&gt;DEVORATION&lt;br/&gt;CAPTURE DU CORPS...&quot;Révélant l&#039;inanité du temps discursif pour ce qui concerne la vie.&quot;&lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;Chakè Matossian&lt;/span&gt;&lt;br/&gt;ARTICULATION de la conscience et du temps dans le domaine de l&#039;esthétique.&lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;Véronique Bergen&lt;/span&gt;&lt;br/&gt;PROCESSUS d&#039;EFFACEMENT, de TRANSFORMATION. &lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;Lucien Massaert&lt;/span&gt;&lt;br/&gt;JEU des LIMITES des DIFFERENCES des FRONTIERES.&lt;br/&gt;PASSAGE de l&#039;INTERIEUR vers l&#039;EXTERIEUR.&lt;br/&gt;RUISSELLEMENT&lt;br/&gt;SE VIDER&lt;br/&gt;de l&#039;existence.&lt;br/&gt;Rapport entre l&#039;INFORME et le REPRESENTE.&lt;br/&gt;CRACHAT et ANEANTISSEMENT;&lt;br/&gt;DISSOUDRE ALTERER se défaire.&lt;br/&gt;L&#039;oeil DISCERNER.&lt;br/&gt;SURPASSER le POSSIBLE LIMITE.&lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;Georges Bataille&lt;/span&gt;&lt;br/&gt;LE DOMAINE DES &lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;&lt;span class=&quot;T1&quot;&gt;POSSIBLES. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;Moi&lt;/span&gt;&quot;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Cette semaine là mes thèmes de recherche ont eut diverses définitions :&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;Moi : &lt;/span&gt;Je peins l&#039;instant comme une rupture.&lt;br/&gt;&lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;Moi : &lt;/span&gt;Le cheveu a lié tout ces instant à un moment.&lt;br/&gt;&lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;Secrétaire : &lt;/span&gt;Mémoire : envie-utiliser l&#039;œuvre passé comme un support de pensée, comme un modèle possible aux œuvres à venir fantasmées aujourd&#039;hui.&lt;br/&gt;&lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;Secrétaire : &lt;/span&gt;Titres éventuels :&lt;br/&gt;1-Moite, moite, moite.&lt;br/&gt;2-La part de l&#039;autre trou.&lt;br/&gt;&lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;Moi : &lt;/span&gt;Moteur : un cheminement vers l&#039;autre...&lt;br/&gt;&lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;Secrétaire : &lt;/span&gt;L&#039;oubli comme aïku, prière, moyen d&#039;accès, moyen d&#039;ouvrir la porte vers un paradis.&lt;br/&gt;&lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;Moi : &lt;/span&gt;L&#039;oubli et le retour, l&#039;instant(comme par capillarité).&lt;br/&gt;&lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;Secrétaire : &lt;/span&gt;Le refuge et la sortie de son refuge.&lt;br/&gt;&lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;Secrétaire : &lt;/span&gt;Deux instants(réflexes), je réagis à lui(sortie de la rêverie), soit je montre quelque chose(masque).&lt;br/&gt;&lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;Secrétaire :, Moi : &lt;/span&gt;Moite, moite, moite. Ce qui remonte à la surface par capillarité. Cheveux. La peau. Femme laisse transparaitre, un bout visible. Remonter à la surface, le temps comme un lieu.&lt;br/&gt;&lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;Secrétaire : &lt;/span&gt;Deviner, inverse de l&#039;empreinte, de l&#039;intérieur vers l&#039;extérieur, suaire inversé.&lt;br/&gt;&lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;Moi (à Schaerbeek): &lt;/span&gt;Filtre : voile sur le visage. Vitre et image. &lt;br/&gt;&lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;Russel Banks : &lt;/span&gt;Je me sentais aussi isolé que dans le rêve d&#039;un inconnu.&lt;br/&gt;&lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;Secrétaire :, Moi : &lt;/span&gt;Capillarité, liquide remontant à la surface par un conduit qu&#039;il ne devrait pas forcément prendre, par sa seule force, force sa sortie.&lt;br/&gt;&lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;Moi : &lt;/span&gt;Ne plus penser, oubli, par la répétition d&#039;une action, dédoubler, mimer, décliner.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Une semaine après voici ce que nous avions défini : &lt;br/&gt;De AnneBSollis à Monsieur R.,&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Monsieur,&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;voici comme convenu lors de notre entrevue mes thèmes de recherche, la liste des professeurs par qui j&#039;aimerais être dirigée et quelques images de mes peintures.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;TITRE : Moite, moite, moite.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;SUJET : Le cheveux comme support à la capillarité du songe.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Les thèmes traités :&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;La part émergente de l&#039;inconscient au moment de la prise de conscience.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;La part visible de l&#039;inconscient au moment de la prise de conscience.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;La part visible du songe au réveil(Moite, moite, moite).&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Incarnation-dés incarnation.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;L&#039;intimité vue par les autres.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;L&#039;intimité exposée.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Perméabilité du réel aux songes.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Note : Parmi les auteurs qui m&#039;ont influencée et aidée à construire mon travail :&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Antonin Artaud, Georges Bataille, et Luce Irigaray.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;PROFESSEURS dont j&#039;aimerais me rapprocher pour m&#039;accompagner dans ma recherche :&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Vous(Monsieur R.), Madame M., Véronique Bergen, Monsieur M1..&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ce qui me donne envie chez eux :&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Vous, Monsieur R. : êtes peintre et parlez du rêve, du corps et de l&#039;intime.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Madame M. : pour les thèmes sur lesquels elle a travaillé : Art et anatomie, sacré et profane (Dans les mots qu&#039;elle emploie je retrouve tous les sujets sur lesquels je travaille depuis le début).&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Véronique Bergen : son sujet de doctorat, « Articulation de la conscience et du temps dans le domaine de l&#039;esthétique ».&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Monsieur M1. : pour sa réflexion sur la linguistique, j&#039;ai sacrément besoin de quelqu&#039;un qui me donne des pistes pour verbaliser ce que j&#039;ai peint jusque là.&lt;br/&gt;Je vous remercie, n&#039;hésitez pas à me joindre.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;ELEMENTS JOINTS : 4 feuilles avec quelques représentations de mes peintures.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class=&quot;P6&quot;&gt; &lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P6&quot;&gt;21/09/09&lt;/p&gt;&lt;h2 class=&quot;P11&quot;&gt;&lt;a id=&quot;a__Introduction_à_monsieur_M1_&quot;&gt;&lt;span/&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/?article14/introduction-a-monsieur-m1&quot;&gt;Introduction à monsieur M1.&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;&lt;p class=&quot;P6&quot;&gt;Classé dans : &lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/?categorie5/introduction&quot;&gt;Introduction&lt;/a&gt; | 2 commentaire(s) &lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P1&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Emphasis&quot;&gt;Académie royale des Beaux-arts de Bruxelles, atelier de dessins, 11 heure&lt;/span&gt;&lt;br/&gt;J&#039;ai reçu vendredi par mail, une convocation de Monsieur M1. :&lt;br/&gt;&lt;span class=&quot;Emphasis&quot;&gt;Bonjour,&lt;br/&gt;Monsieur R., m’a transmis votre dossier d’inscription.&lt;br/&gt;Pourriez-vous passer me rencontrer lundi matin entre 9 h et 12 h 30 à l’Atelier de dessin ?&lt;br/&gt;Merci&lt;br/&gt;Monsieur M1.&lt;br/&gt;Académie royale des Beaux-arts de Bruxelles&lt;br/&gt;Editions La Part de l&#039;Oeil&lt;br/&gt;144, rue du Midi&lt;br/&gt;B-1000 Bruxelles&lt;br/&gt;Tél./Fax : +32 / 2 / 514.18.41&lt;br/&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lapartdeloeil.be/&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Emphasis&quot;&gt;www.lapartdeloeil.be&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class=&quot;Emphasis&quot;&gt;&lt;br/&gt;&lt;/span&gt;&lt;br/&gt;Cette journée est importante puisque c&#039;est le jour ou j&#039;ai rencontré Monsieur M1 et c&#039;est ce jour là où il a été dit que je ferai un Master en dessin, seulement Monsieur M1. a été particulièrement désagréable en parlant de ma peinture ce jour là, et même si j&#039;ai superbement réagi le jour même, il s&#039;avère que a postériori je n&#039;ai pas envie de me souvenir de tous les mots employés pour dire du mal de mon travail, donc en sautant les grossièretés commises ce jour là, je vais faire un bref résumé. Monsieur R. pour une raison obscure ne pouvait pas me prendre en peinture, par contre mes thèmes se rapprochaient beaucoup des thèmes abordés cette année par Monsieur M1. donc dans sa grande mansuétude il acceptait de me prendre en dessin. &lt;/p&gt;&lt;!--Next &#039;div&#039; was a &#039;text:section&#039;.--&gt;&lt;div class=&quot;Sect1&quot; id=&quot;Section1&quot;&gt;&lt;h2 class=&quot;Heading_20_2&quot;&gt;&lt;a id=&quot;a__Commentaires&quot;&gt;&lt;span/&gt;&lt;/a&gt;Commentaires&lt;/h2&gt;&lt;!--Next &#039;div&#039; was a &#039;text:section&#039;.--&gt;&lt;div class=&quot;Sect1&quot; id=&quot;c1271260554-1&quot;&gt;&lt;p class=&quot;P9&quot;&gt;Le 14 avril 2010 &lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/&quot;&gt;admin&lt;/a&gt; à dit :&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P9&quot;&gt;Excitée, mise en jeu, défiée. Ça m&#039;a stimulée, libérée. C&#039;est Monsieur M1., joueur, qui en me proposant de refuser tout ce que j&#039;avais fait jusque là, m&#039;ouvrait un nouveau terrain tout frais, et il se plaçait tel Jiminy Cricket dans mon aventure. Je ferai donc du dessin et je ne servirai pas mes tripes au public, tel était notre contrat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;!--Next &#039;div&#039; was a &#039;text:section&#039;.--&gt;&lt;div class=&quot;Sect1&quot; id=&quot;c1271260717-1&quot;&gt;&lt;p class=&quot;P9&quot;&gt;Le 14 avril 2010 Russell Banks à dit :&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P9&quot;&gt;Texte : ...pour nous instruire du vertige qui vient quand sont abolis les repères de notre savoir traditionnel.&quot;&lt;span class=&quot;T2&quot;&gt;Le livre de la Jamaïque.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class=&quot;P6&quot;&gt; &lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P1&quot;&gt; &lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P1&quot;&gt;05/11/09&lt;/p&gt;&lt;h2 class=&quot;P11&quot;&gt;&lt;a id=&quot;a__Le_rêve_des_nouilles&quot;&gt;&lt;span/&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/?article5/le-reve-des-nouilles&quot;&gt;Le rêve des nouilles&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;&lt;p class=&quot;P6&quot;&gt;Classé dans : &lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/?categorie10/songe&quot;&gt;Songe&lt;/a&gt; | 5 commentaire(s) &lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P1&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Emphasis&quot;&gt;Paris, appartement dans le XVeme arrondissement, nuit. Veille de l&#039;échographie.&lt;/span&gt; Hier j&#039;ai acheté le livre de &lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;Paul Cox&lt;/span&gt; : Le Cox Codex 1.&lt;/p&gt;&lt;ol&gt;&lt;li&gt;&lt;p class=&quot;P15&quot; style=&quot;margin-left:0.748cm;&quot;&gt;Aujourd&#039;hui j&#039;ai fait le rêve des nouilles, qui consiste à avoir une intuition et une vision de ce que l&#039;on doit faire pour réussir.&lt;span class=&quot;Strong_20_Emphasis&quot;&gt;(Kung-Fu Panda, DreamWorks Production)&lt;/span&gt; &lt;span class=&quot;odfLiEnd&quot;/&gt; &lt;/p&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;p class=&quot;P15&quot; style=&quot;margin-left:0.748cm;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Numbering_20_Symbols&quot; style=&quot;display:block;float:left;min-width:0.499cm&quot;&gt;1.&lt;/span&gt;Surtout que ça ne me ressemble pas trop, ne pas chercher au tréfonds de mon âme. &lt;span class=&quot;odfLiEnd&quot;/&gt; &lt;/p&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;p class=&quot;P15&quot; style=&quot;margin-left:0.748cm;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Numbering_20_Symbols&quot; style=&quot;display:block;float:left;min-width:0.499cm&quot;&gt;2.&lt;/span&gt;J&#039;ai rêvé que je présentais le travail d&#039;un autre à une galerie et que l&#039;on me prenait illico. Dans mon rêve je trichais, je présentais le travail de Ryman, quelqu&#039;un que je ne connaissais même pas. &lt;span class=&quot;odfLiEnd&quot;/&gt; &lt;/p&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;p class=&quot;P14&quot; style=&quot;margin-left:0.748cm;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Numbering_20_Symbols&quot; style=&quot;display:block;float:left;min-width:0.499cm&quot;&gt;3.&lt;/span&gt;Il s&#039;agissait de plein de dessins très bien faits, de SCENES, avec plusieurs personnages genre Otto Dix mais il y avait aussi des peintures, grandes, de personnages toujours un peu cartoon, stylisés, genre dessins américains underground expressionnistes, avec beaucoup de couleurs. Il y avait une ligne ou plutôt une multitude de lignes qui rappelait en peinture mon &quot;bic RVBN&quot;. On me parlait d&#039;un caisson et j&#039;insistais sur l&#039;importance du ???caisson??? dans mon œuvre. Il y avait trois formats : la taille de mes dessins au bic, un peu plus grand et carrément plus grand en peinture. Je crois que le caisson était une référence historique.&lt;span class=&quot;odfLiEnd&quot;/&gt; &lt;/p&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;p class=&quot;P10&quot;&gt;En tous cas je veux réussir. Conclusion : m&#039;entrainer au détachement, trouver des techniques qui freinent, qui ralentissent ma conscience, bic, fragment, travailler le formel, la trame, créer du temps. Ca ne vient PAS de MOI. &lt;/p&gt;&lt;!--Next &#039;div&#039; was a &#039;text:section&#039;.--&gt;&lt;div class=&quot;Sect1&quot; id=&quot;Section2&quot;&gt;&lt;h2 class=&quot;Heading_20_2&quot;&gt;&lt;a id=&quot;a__Commentaires&quot;&gt;&lt;span/&gt;&lt;/a&gt;Commentaires&lt;/h2&gt;&lt;!--Next &#039;div&#039; was a &#039;text:section&#039;.--&gt;&lt;div class=&quot;Sect1&quot; id=&quot;c1271248459-1&quot;&gt;&lt;p class=&quot;P9&quot;&gt;Le 14 avril 2010 Chuck Close à dit :&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P9&quot;&gt;as Duchamp says, The artist has only 50% of the responsability, and that&#039;s to put the work out.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;!--Next &#039;div&#039; was a &#039;text:section&#039;.--&gt;&lt;div class=&quot;Sect1&quot; id=&quot;c1274395540-1&quot;&gt;&lt;p class=&quot;P9&quot;&gt;Le 21 mai 2010 &lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/&quot;&gt;admin&lt;/a&gt; à dit :&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P9&quot;&gt;En travaillant sur le devoir pour Madame M., j&#039;identifie aujourd&#039;hui la référence historique au &quot;Caisson&quot; à l&#039;arche de Noé.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;!--Next &#039;div&#039; was a &#039;text:section&#039;.--&gt;&lt;div class=&quot;Sect1&quot; id=&quot;c1274395771-1&quot;&gt;&lt;p class=&quot;P9&quot;&gt;Le 21 mai 2010 &lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/&quot;&gt;admin&lt;/a&gt; à dit :&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P9&quot;&gt;Je retrouve une note du premier décembre prise lors d&#039;un cours de Madame M. : &quot;Comme dans un rêve, traverser et traversée. Flotter.&quot;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;!--Next &#039;div&#039; was a &#039;text:section&#039;.--&gt;&lt;div class=&quot;Sect1&quot; id=&quot;c1274396127-1&quot;&gt;&lt;p class=&quot;P9&quot;&gt;Le 21 mai 2010 &lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/&quot;&gt;admin&lt;/a&gt; à dit :&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P9&quot;&gt;Je me suis souvenu à postériori que Ryman est un artiste minimaliste qui réalise des monochromes blancs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;!--Next &#039;div&#039; was a &#039;text:section&#039;.--&gt;&lt;div class=&quot;Sect1&quot; id=&quot;c1274396461-1&quot;&gt;&lt;p class=&quot;P9&quot;&gt;Le 21 mai 2010 &lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/&quot;&gt;admin&lt;/a&gt; à dit :&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P9&quot;&gt;2 ans auparavant, sur le mur de mon atelier, j&#039;avais écrit : &quot;L&#039;image est l&#039;impossibilité de...&quot;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class=&quot;P6&quot;&gt; &lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P6&quot;&gt;22/01/10&lt;/p&gt;&lt;h2 class=&quot;P11&quot;&gt;&lt;a id=&quot;a__3_éléments&quot;&gt;&lt;span/&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/?article26/3-elements&quot;&gt;3 éléments&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;&lt;p class=&quot;P6&quot;&gt;Classé dans : &lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/?categorie6/revelation&quot;&gt;Révélation&lt;/a&gt; | 0 commentaire(s) &lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P6&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Emphasis&quot;&gt;Académie Royale des beaux-arts, matin après une échographie&lt;/span&gt;&lt;br/&gt;Monsieur M1. m&#039;a dit que les 3 éléments, photos, dessins d&#039;après photo, bic, étaient indissociables.&lt;br/&gt;Si on enlève un de ces éléments, mon travail n&#039;a plus le même intérêt.&lt;br/&gt;C&#039;est le tremblement de la main, l&#039;indétermination du trait dans sa relation à l&#039;image photographique qui rend le travail intéressant, parce qu&#039;inattendu, voire improbable.&lt;br/&gt;Le flottement entre le sujet, le processus/procédé, et l&#039;impact doivent être mis en avant. &lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P6&quot;&gt; &lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P6&quot;&gt; &lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P6&quot;&gt;08/03/10&lt;/p&gt;&lt;h2 class=&quot;P11&quot;&gt;&lt;a id=&quot;a__De_Anne_Beigbeder___Travail_en_cours_&quot;&gt;&lt;span/&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/?article32/de-anne-beigbeder-travail-en-cours&quot;&gt;De Anne Beigbeder : Travail en cours.&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;&lt;p class=&quot;P6&quot;&gt;Classé dans : &lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/?categorie6/revelation&quot;&gt;Révélation&lt;/a&gt; | 1 commentaire(s) &lt;/p&gt;&lt;!--Next &#039;div&#039; was a &#039;text:p&#039;.--&gt;&lt;div class=&quot;P1&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Emphasis&quot;&gt;&lt;em&gt;De Anne Beigbeder :Travail en cours.‏ De : Anne BEIGBEDER (annebeig@hotmail.com) Envoyé : lun. 08/03/10 11:45 À : info@lapartdeloeil.be; chamatossian@hotmail.com; aram.mekhitarian@skynet.be; tristantremeau@yahoo.fr Pièces jointes : 1 pièce jointe coiffeDeM...jpg (378,9 Ko)&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&lt;img src=&quot;https://annebsollis.com/moite/data/images/coiffedemathias.jpg.tb&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;

Chers professeurs,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;







je ne peux commencer un mail, même à mes professeurs, sans annoncer,  que :&lt;br /&gt;



Mathias, &lt;strong&gt;Enkidu&lt;/strong&gt;, Emmanuel, Labarrère--Beigbeder est né le 18 février 2010 à Tourcoing. La maman et le bébé se portent bien.&lt;br /&gt;



Mon quotidien et ma tenue vestimentaire du moment m&#039;interdisent l&#039;accès à vos cours pour l&#039;instant.&lt;br /&gt;



Je consacre la petite partie de mon cerveau disponible à avancer sur mon mémoire et je guette l&#039;instant où je pourrai dessiner à nouveau.&lt;br /&gt;



Comme certains d&#039;entre vous me l&#039;avaient évoqué, ce que je vis en ce moment n&#039;est pas sans rapport avec mon sujet de mémoire (&quot;Moite, moite, moite. Le cheveu comme support à la capillarité du songe.&quot;,voir photo),&lt;br /&gt;



 j&#039;espère revenir prochainement à l&#039;école pour vous soumettre ce que j&#039;aurai collecté dans mon foyer.&lt;br /&gt;



Anne.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;clear:both; line-height:0; width:0; height:0; margin:0; padding:0;&quot;&gt; &lt;/div&gt;&lt;!--Next &#039;div&#039; was a &#039;text:section&#039;.--&gt;&lt;div class=&quot;Sect1&quot; id=&quot;Section3&quot;&gt;&lt;h2 class=&quot;Heading_20_2&quot;&gt;&lt;a id=&quot;a__Commentaires&quot;&gt;&lt;span/&gt;&lt;/a&gt;Commentaires&lt;/h2&gt;&lt;!--Next &#039;div&#039; was a &#039;text:section&#039;.--&gt;&lt;div class=&quot;Sect1&quot; id=&quot;c1274400073-1&quot;&gt;&lt;p class=&quot;P9&quot;&gt;Le 21 mai 2010 &lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/&quot;&gt;admin&lt;/a&gt; à dit :&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P9&quot;&gt;Depuis que j&#039;ai entamé le travail pour Madame M., j&#039;ai cherché à plusieurs reprises à faire une analogie entre mon travail et les légendes du Mont Ararat, sans y parvenir. Aujourd&#039;hui après avoir terminé l&#039;écriture de ce devoir, m&#039;apparait la nécessité pour certains créateurs, de noyer, enfouir, oublier leur création précédente, pour laisser la place à une nouvelle création. Sans me comparer à Noé, Durer, Léonard de Vinci ou Outanapishtim, mon itinéraire cette année est passé par le doute de Blue Bruise, le déluge provoqué par Monsieur M1., un long flottement (que je lie aussi à mon état de femme enceinte), puis au surgissement grâce à ce devoir, d&#039;une terre que je croyais oubliée.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class=&quot;P6&quot;&gt; &lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P1&quot;&gt;13/04/10&lt;/p&gt;&lt;h2 class=&quot;P11&quot;&gt;&lt;a id=&quot;a__Paul_Cox__Cox_codex_1__extrait_&quot;&gt;&lt;span/&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/?article18/cox-codex-1&quot;&gt;Paul Cox, Cox codex 1.&lt;/a&gt;&lt;span class=&quot;T3&quot;&gt;(extrait)&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;&lt;p class=&quot;P7&quot;&gt;&lt;span class=&quot;T4&quot;&gt;Classé dans : &lt;/span&gt;&lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/?categorie8/influences&quot;&gt;&lt;span class=&quot;T4&quot;&gt;Influences&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class=&quot;T4&quot;&gt; | 2 commentaire(s)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;h2 class=&quot;P12&quot;&gt;&lt;a id=&quot;a__Avertissement___Seuls_les_2_derniers_commentaires_de_l&#039;article_étaient_en_rapport_avec_le_sujet_du_devoir__afin_de_ne_pas_parasiter_votre_lecture_je_n&#039;ai_pas_recopié_ici_l&#039;article_en_entier__Si_vous_désirez_prendre_connaissance_du_contexte_de_ces_commentaires_vous_pouvez_consulter_l&#039;article_à_cette_adresse___http___annebsollis_com_moite_?article18_cox-codex-1&quot;&gt;&lt;span/&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class=&quot;T4&quot;&gt;Avertissement : Seuls les 2 derniers commentaires de l&#039;article étaient en rapport avec le sujet du devoir,  afin de ne pas parasiter votre lecture je n&#039;ai pas recopié ici l&#039;article en entier. Si vous désirez prendre connaissance du contexte de ces commentaires vous pouvez consulter l&#039;article à cette adresse : &lt;/span&gt;&lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/?article18/cox-codex-1&quot;&gt;&lt;span class=&quot;T4&quot;&gt;http://annebsollis.com/moite/?article18/cox-codex-1&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&quot;P13&quot;&gt;&lt;a id=&quot;a__Commentaires&quot;&gt;&lt;span/&gt;&lt;/a&gt;Commentaires&lt;/h2&gt;&lt;p class=&quot;P7&quot;&gt;&lt;span class=&quot;T4&quot;&gt;        &lt;/span&gt;Le 14 avril 2010 &lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/&quot;&gt;admin&lt;/a&gt; à dit :&lt;/p&gt;&lt;!--Next &#039;div&#039; was a &#039;text:section&#039;.--&gt;&lt;div class=&quot;Sect1&quot; id=&quot;c1271259997-1&quot;&gt;&lt;p class=&quot;P9&quot;&gt;Ne pas figer, ne pas tout mettre dans un dessin, en faisant plusieurs dessins je me libère de ma censure. Le multiple opposé à l&#039;unique me permet de créer en faisant confiance au temps : si tout n&#039;est pas dans ce dessin, j&#039;en ferai un autre en complément.&lt;br/&gt;La confiance dans le temps donne accès à la prolifération, à l&#039;ensemble de fragments, il n&#039;y a pas d&#039;Oeuvre, mais bien un ensemble de dessins modulables.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;!--Next &#039;div&#039; was a &#039;text:section&#039;.--&gt;&lt;div class=&quot;Sect1&quot; id=&quot;c1271272629-1&quot;&gt;&lt;p class=&quot;P9&quot;&gt;Le 14 avril 2010 &lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/&quot;&gt;admin&lt;/a&gt; à dit :&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P9&quot;&gt;Je retrouve cette idée de prolifération au moment même du geste du dessin, je ne choisis pas de prendre tel pinceau et de le tremper dans telle couleur, je laisse monter en grattant le papier. Le trait est multiple, rythme/fréquence.&lt;br/&gt;Jusque là en peinture je faisais de l&#039;irréversible : je posait un sploch qui me donnait la sensation d&#039;exister : un éclair unique, qui déchire le ciel définitivement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class=&quot;P8&quot;&gt; &lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P1&quot;&gt;27/04/10&lt;/p&gt;&lt;h2 class=&quot;P11&quot;&gt;&lt;a id=&quot;a__Le_bic&quot;&gt;&lt;span/&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/?article25/le-bic&quot;&gt;Le bic&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;&lt;p class=&quot;P6&quot;&gt;Classé dans : &lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/?categorie6/revelation&quot;&gt;Révélation&lt;/a&gt; | &lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/?article25/le-bic#comments&quot;&gt;0 commentaire(s)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P1&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Emphasis&quot;&gt;Schaerbeek, Anne donne un biberon à Mathias.&lt;/span&gt;&lt;br/&gt;Ce que je fais aujourd&#039;hui me rappelle mes essais de collages, le premier était une commande : &lt;br/&gt;&quot;Un lapin fou de 2 mètres de haut&quot;, commandé par le père d&#039;un adolescent (Hadrien) pour Noel.&lt;br/&gt;J&#039;avais aimé à l&#039;époque, découper des filles de magasines, c&#039;est un matériaux léger, un outil d&#039;adolescente, accessible dans les gares, juste à côté des bics 4 couleurs.&lt;br/&gt;Tu pars du fond, ça monte progressivement, tu ne sais pas ce que ça va donner, c&#039;est un principe de révélation. Mon travail, pourrait être comparé à celui d&#039;un laborantin, c&#039;est de l&#039;ordre de l&#039;expérience chimique à ce détail près : je suis distraite, je ne regarde pas chaque détail, j&#039;attends une matière.&lt;br/&gt;J&#039;aimais aussi maculer ces jeunes filles de magazines de ketchup, et je vernissais le tout. &lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P1&quot;&gt; &lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P1&quot;&gt; &lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P1&quot;&gt; &lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P1&quot;&gt;27/04/10&lt;/p&gt;&lt;h2 class=&quot;P11&quot;&gt;&lt;a id=&quot;a__NonChaland&quot;&gt;&lt;span/&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/?article27/nonchaland&quot;&gt;NonChaland&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;&lt;p class=&quot;P1&quot;&gt;Classé dans : &lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/?categorie6/revelation&quot;&gt;Révélation&lt;/a&gt; | 0 commentaire(s) &lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P1&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Emphasis&quot;&gt;Schaerbeek, appartement. Anne allaite Mathias.&lt;/span&gt;&lt;br/&gt;Tout ce qu&#039;on vient de dire, me donne envie de faire NonChaland au bic. &lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P1&quot;&gt; &lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P1&quot;&gt; &lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P1&quot;&gt;18/05/10&lt;/p&gt;&lt;h2 class=&quot;P11&quot;&gt;&lt;a id=&quot;a__devoir_pour_madame_M_&quot;&gt;&lt;span/&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/?article30/devoir-pour-madame-m&quot;&gt;devoir pour madame M.&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;&lt;p class=&quot;P1&quot;&gt;Classé dans : &lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/?categorie6/revelation&quot;&gt;Révélation&lt;/a&gt; | 2 commentaire(s) &lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P5&quot;&gt;Appartement, Schaerbeek, plus ou moins le 18 mai.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P1&quot;&gt;&lt;span class=&quot;T5&quot;&gt; &lt;/span&gt;Nous avons écouté hier une conférence de monsieur M. sur le simulacre, et le corps, dans lequel il évoquait les multiples créations autour de Saint-Sébastien. Tous ont adoré cribler de flèches son corps. Si le visage extasié participe au simulacre de la pose, chaque percée peinte fragmente et isole le corps par la douleur.&lt;br/&gt;Cette année j&#039;ai dessiné à partir de photos de parties de mon corps, prises sans que je sois consciente de la partie capturée.&lt;br/&gt;Isolées de la globalité du corps, les photos de ces fragments donnaient une impression proche de celle que procure un paysage. Ce n&#039;est plus moi, l&#039;idée du corps est enlevée, c&#039;est avant tout une photo, j&#039;enlève l&#039;identité, il y a une dépossession, ce n&#039;est pas le corps que je représente, le cil, un oeil, ou le côté moite, en reproduisant ces photos au bic, je cherche à restituer l&#039;encre de l&#039;imprimante sur le papier, la surface. &lt;/p&gt;&lt;!--Next &#039;div&#039; was a &#039;text:section&#039;.--&gt;&lt;div class=&quot;Sect1&quot; id=&quot;Section4&quot;&gt;&lt;h2 class=&quot;Heading_20_2&quot;&gt;&lt;a id=&quot;a__Commentaires&quot;&gt;&lt;span/&gt;&lt;/a&gt;Commentaires&lt;/h2&gt;&lt;!--Next &#039;div&#039; was a &#039;text:section&#039;.--&gt;&lt;div class=&quot;Sect1&quot; id=&quot;c1274397834-1&quot;&gt;&lt;p class=&quot;P9&quot;&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;!--Next &#039;div&#039; was a &#039;text:section&#039;.--&gt;&lt;div class=&quot;Sect1&quot; id=&quot;c1274399970-1&quot;&gt;&lt;p class=&quot;P9&quot;&gt;Le 21 mai 2010 &lt;a href=&quot;http://annebsollis.com/moite/&quot;&gt;admin&lt;/a&gt; à dit :&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;P9&quot;&gt;Notes prises lors d&#039;un cours de Madame M. le premier décembre 2010 :&lt;br/&gt;L&#039;homme est un petit monde dans le monde, corps morcelé et lieu géographique précis. &lt;br/&gt;Au sujet du trait de Durer, le trait cerne une zone de souffrance et de renaissance. &lt;br/&gt;Pas une pensée de &quot;quelque chose&quot;, mais c&#039;est une pensée sur soi, de soi qui va produire LA VERITE, d&#039;où le lien avec les autoportraits prophétiques. Ne pas ajouter, faire le vide, en philosophie ramener tout le divers à l&#039;unité (la vérité) absolue. Produire l&#039;unité, le vrai immuable en soi, présence de la distinction dans l&#039;unité philosophique, problème de la distinction, de la division, le problème n&#039;est pas la représentation. Moi et la pensée de moi=division. Le simple être n&#039;est jamais qu&#039;une moitié, la conscience une moitié, en pensant cette disjonction je crée l&#039;unité. L&#039;absolu n&#039;est pas posé dans la chose mais dans l&#039;unité des deux. Tout va tourner autour de l&#039;abstraction de cette division. Une vision opposée à la représentation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/body&gt;</content>
</entry>
</feed>